Comparer Lamentations 1

Lm 1 (Segond 1910)

   1 Eh quoi ! elle est assise solitaire, cette ville si peuplée ! Elle est semblable à une veuve ! Grande entre les nations, souveraine parmi les états, Elle est réduite à la servitude ! 2 Elle pleure durant la nuit, et ses joues sont couvertes de larmes ; De tous ceux qui l'aimaient nul ne la console ; Tous ses amis lui sont devenus infidèles, Ils sont devenus ses ennemis. 3 Juda est en exil, victime de l'oppression et d'une grande servitude ; Il habite au milieu des nations, Et il n'y trouve point de repos ; Tous ses persécuteurs l'ont surpris dans l'angoisse. 4 Les chemins de Sion sont dans le deuil, car on ne va plus aux fêtes ; Toutes ses portes sont désertes, Ses sacrificateurs gémissent, Ses vierges sont affligées, et elle est remplie d'amertume. 5 Ses oppresseurs triomphent, ses ennemis sont en paix ; Car l'Éternel l'a humiliée, A cause de la multitude de ses péchés ; Ses enfants ont marché captifs devant l'oppresseur. 6 La fille de Sion a perdu toute sa gloire ; Ses chefs sont comme des cerfs Qui ne trouvent point de pâture, Et qui fuient sans force devant celui qui les chasse. 7 Aux jours de sa détresse et de sa misère, Jérusalem s'est souvenue De tous les biens dès longtemps son partage, Quand son peuple est tombé sans secours sous la main de l'oppresseur ; Ses ennemis l'ont vue, et ils ont ri de sa chute. 8 Jérusalem a multiplié ses péchés, C'est pourquoi elle est un objet d'aversion ; Tous ceux qui l'honoraient la méprisent, en voyant sa nudité ; Elle-même soupire, et détourne la face. 9 La souillure était dans les pans de sa robe, et elle ne songeait pas à sa fin ; Elle est tombée d'une manière étonnante, et nul ne la console. -Vois ma misère, ô Éternel ! Quelle arrogance chez l'ennemi ! - 10 L'oppresseur a étendu la main Sur tout ce qu'elle avait de précieux ; Elle a vu pénétrer dans son sanctuaire les nations Auxquelles tu avais défendu d'entrer dans ton assemblée. 11 Tout son peuple soupire, il cherche du pain ; Ils ont donné leurs choses précieuses pour de la nourriture, Afin de ranimer leur vie. -Vois, Éternel, regarde comme je suis avilie !
   12 Je m'adresse à vous, à vous tous qui passez ici ! Regardez et voyez s'il est une douleur pareille à ma douleur, A celle dont j'ai été frappée ! L'Éternel m'a affligée au jour de son ardente colère. 13 D'en haut il a lancé dans mes os un feu qui les dévore ; Il a tendu un filet sous mes pieds, Il m'a fait tomber en arrière ; Il m'a jetée dans la désolation, dans une langueur de tous les jours. 14 Sa main a lié le joug de mes iniquités ; Elles se sont entrelacées, appliquées sur mon cou ; Il a brisé ma force ; Le Seigneur m'a livrée à des mains auxquelles je ne puis résister. 15 Le Seigneur a terrassé tous mes guerriers au milieu de moi ; Il a rassemblé contre moi une armée, Pour détruire mes jeunes hommes ; Le Seigneur a foulé au pressoir la vierge, fille de Juda. 16 C'est pour cela que je pleure, que mes yeux fondent en larmes ; Car il s'est éloigné de moi, celui qui me consolerait, Qui ranimerait ma vie. Mes fils sont dans la désolation, parce que l'ennemi a triomphé. - 17 Sion a étendu les mains, Et personne ne l'a consolée ; L'Éternel a envoyé contre Jacob les ennemis d'alentour ; Jérusalem a été un objet d'horreur au milieu d'eux. - 18 L'Éternel est juste, Car j'ai été rebelle à ses ordres. Écoutez, vous tous, peuples, et voyez ma douleur ! Mes vierges et mes jeunes hommes sont allés en captivité. 19 J'ai appelé mes amis, et ils m'ont trompée. Mes sacrificateurs et mes anciens ont expiré dans la ville: Ils cherchaient de la nourriture, Afin de ranimer leur vie. 20 Éternel, regarde ma détresse ! Mes entrailles bouillonnent, Mon coeur est bouleversé au dedans de moi, Car j'ai été rebelle. Au dehors l'épée a fait ses ravages, au dedans la mort. 21 On a entendu mes soupirs, et personne ne m'a consolée ; Tous mes ennemis ont appris mon malheur, Ils se sont réjouis de ce que tu l'as causé ; Tu amèneras, tu publieras le jour où ils seront comme moi. 22 Que toute leur méchanceté vienne devant toi, Et traite-les comme tu m'as traitée, A cause de toutes mes transgressions ! Car mes soupirs sont nombreux, et mon coeur est souffrant.

Lm 1 (Annotée Neuchâtel)

   1 Comment est-elle assise solitaire,
La cité populeuse ?
Elle est devenue comme une veuve !
Celle qui était une capitale parmi les nations,
Une princesse sur les provinces,
A été rendue tributaire.
   2 Elle pleure, elle pleure durant la nuit,
Et ses larmes sont sur ses joues ;
De tous ses amants
Pas un ne la console ;
Tous ses compagnons l'ont trahie,
Ils sont devenus ses ennemis.
   3 Juda s'en est allé en exil
Sous le poids de l'oppression et d'une dure servitude ;
Il demeure chez les nations,
Sans trouver de repos ;
Tous ses persécuteurs l'ont atteint
Dans les défilés étroits.
   4 Les chemins de Sion sont dans le deuil,
Parce que personne ne vient plus à la fête ;
Toutes ses portes sont en ruines ;
Ses sacrificateurs sanglotent ;
Ses vierges se désolent,
Et elle-même est dans l'amertume.
   5 Ses adversaires ont le dessus ;
Ses ennemis prospèrent ;
Car l'Eternel l'a affligée
A cause de la multitude de ses rébellions ;
Ses petits enfants s'en sont allés captifs
Devant l'oppresseur.
   6 Toute la gloire de la fille de Sion
S'est éloignée d'elle ;
Ses princes sont comme des cerfs
Qui n'ont pas trouvé de pâture
Et s'en vont sans force
Devant celui qui les poursuit.
   7 Jérusalem, aux jours de sa misère et de sa vie errante,
Se souvient de tous ses biens précieux dès les jours anciens.
Maintenant que son peuple est tombé par la main de l'ennemi
Et que personne ne vient à son aide,
Les ennemis la voient ;
Ils rient de son chômage.
   8 Jérusalem a péché, péché... !
C'est pourquoi elle est devenue une chose souillée ;
Tous ceux qui l'honoraient la méprisent,
Car ils ont vu sa nudité ;
Elle-même sanglote
Et se détourne.
   9 Sa souillure est dans les pans de sa robe ;
Elle ne songeait pas à sa fin,
Et elle est tombée d'une manière étrange ;
Nul ne la console !
Vois, ô Eternel, ma misère !
Car l'ennemi triomphe
   10 L'ennemi a étendu la main
Sur tous ses trésors ;
Car elle a vu les nations
Entrer dans son sanctuaire,
Celles au sujet desquelles tu avais donné cet ordre :
Elles n'entreront point dans ton assemblée !
   11 Tout son peuple sanglote ;
Ils cherchent du pain ;
Ils donnent leurs joyaux
Pour des aliments qui leur rendent la vie.
Vois, Eternel, regarde
L'abjection où je suis !
   12 Cela ne vous touche pas,
Vous tous qui passez par le chemin ?
Regardez et voyez s'il y a une douleur
Comme la douleur qui m'est infligée,
A moi que l'Eternel a frappée
Au jour de son ardente colère !
   13 D'en-haut il a lancé dans mes os
Un feu qui les dévore ;
Il a étendu un filet devant mes pieds,
Il m'a fait reculer ;
Il m'a rendue désolée,
Languissante tout le jour.
   14 Le joug de mes forfaits
Est lié par sa main ;
Ils s'entrelacent et pèsent sur mon cou.
Il a fait broncher ma force ;
Le Seigneur m'a livrée à des mains
Auxquelles je ne puis résister.
   15 Le Seigneur a enlevé tous les guerriers
Que j'avais au milieu de moi ;
Il a convoqué des gens contre moi
Pour écraser mes jeunes hommes ;
Le Seigneur a foulé au pressoir
Pour la vierge, fille de Juda.
   16 C'est pour cela que je pleure ;
Mon oeil, mon oeil fond en larmes ;
Car il n'y a près de moi personne qui me console,
Qui me rende la vie ;
Mes fils sont dans la désolation,
Car l'ennemi l'emporte !
   17 Sion a tendu les mains...
Personne ne l'a consolée !
L'Eternel a commandé aux ennemis de Jacob
De l'environner de toutes parts.
Jérusalem est devenue au milieu d'eux
Comme une chose souillée.
   18 L'Eternel est juste,
Car j'ai été rebelle à ses ordres.
Oh ! écoutez, vous tous les peuples,
Et voyez ma douleur :
Mes vierges et mes jeunes gens
Sont allés en captivité.
   19 J'ai appelé mes amants,
Ils m'ont trompée ;
Mes sacrificateurs et mes anciens
Ont péri dans la ville
En cherchant de la nourriture
Pour ranimer leur vie.
   20 Regarde, ô Eternel, car je suis dans l'angoisse !
Mes entrailles sont émues ;
Mon coeur est bouleversé au-dedans de moi,
Parce que j'ai été bien rebelle.
Au dehors l'épée a tué mes enfants ;
Au dedans c'est la mort !
   21 On m'entend gémir...
Personne qui me console !
Tous mes ennemis, apprenant mon malheur,
Se réjouissent de ce que tu as agi.
Tu as fait venir le jour que tu avais annoncé...
Ils deviendront tels que moi !
   22
Que toute leur méchanceté
Vienne devant toi,
Et traite-les comme tu m'as traitée
A cause de tous mes forfaits ;
Car mes soupirs sont nombreux,
Et mon coeur est malade !