Introduction à la Bible

6. Coup d'oeil sur l'Ancien Testament (2)

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Type : Dossier
Thème : La Bible
Source : FEEBF   
Publié sur Lueur le
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Sommaire :
  1. Introduction à la Bible
  2. La Bible, livre de la révélation
  3. La Bible, un livre
  4. La Bible, Parole de Dieu
  5. Coup d'oeil sur l'Ancien Testament (1)
  6. Coup d'oeil sur l'Ancien Testament (2)
  7. Le canon de l'Ancien Testament
  8. Entre les deux Testaments
  9. Le Nouveau Testament : les Evangiles
  10. Le Nouveau Testament : les apôtres
  11. Le canon du Nouveau Testament
  12. La transmission de la Bible
  13. La Bible aujourd'hui
  14. Comprendre la Bible
  15. Interprétation de la Bible hier et aujourd'hui

Autres types de textes

La table des matières de nos Bibles classe généralement sous le titre de " Livres poétiques " le Livre de Job, les Psaumes, les Proverbes, l'Ecclésiaste et le Cantique des Cantiques. La plus grande partie de ces livres est, en effet, en forme poétique. Mais ce n'est pas vrai du prologue et de la conclusion de Job, ni de l'Ecclésiaste. On préfère parfois parler de " Livres Sapientaux ", c'est-à-dire de la " sa gesse ". Le sage est celui qui applique à la vie courante des hommes les grandes vérités que Dieu a révélées à son peuple. Il est celui qui réfléchit sur les problèmes de la vie humaine. Job, les Proverbes, l'Ecclésiaste font indiscutablement partie de la " Littérature de la Sagesse ". Mais ce n'est pas le cas de la plupart des Psaumes, qui sont plutôt des oeuvres de piété. Certains psaumes pourtant, comme les psaumes 1, 37, 73 s'apparentent aux livres Sapientiaux. Nous renonçons donc à donner un titre général s'appliquant à tous ces livres. Rappelons simplement qu'ils font partie des " Ecrits " pour la Bible hébraïque.

Le Livre de Job

Ce chef d'oeuvre de la littérature juive est un long poème encadré d'un court récit (ch. 1 et 2 puis 42 :7-17) racontant le malheur de Job, puis son bonheur retrouvé. Le poème consiste en une suite de dialogues entre 1ob et ses amis. Mais c'est un dialogue de sourds ; aussi Job finit-il par faire monter sa plainte vers Dieu (ch. 29 :31 ). Après quoi, un autre personnage, Elihu, intervient (ch. 32-37). Mais c'est Dieu lui-même qui a le dernier mot (ch. 38-41 ) ; Job ne peut que s'incliner (ch. 42:1-6).

Le livre de Job aborde un des problèmes les plus aigus de la vie humaine, celui de la souffrance et surtout de la souffrance imméritée. Si Dieu est juste, pourquoi permet-il tant de souffrances injustes ? (ch. 3 :20-26).

Mais il y a une autre question, tout aussi importante, et c'est la suivante : est-il possible de servir Dieu par amour et non simplement par intérêt ? En voyant Job, homme juste et pieux, comblé de biens, Satan demande : " Est-ce pour rien que Job sert Dieu ? " (ch. 1 :10-12). Continuera t-il à l'aimer dans la souffrance et la pauvreté ? Dieu a accepté que Job soit mis à l'épreuve. Le voilà donc qui perd tout. Comment va-t-il réagir ? S'il maudit Dieu, c'est Satan qui a raison : on ne sert Dieu que par intérêt. La foi est calcul et non amour.

Les trois amis de Job veulent le persuader que la souffrance est toujours un châtiment pour le péché. Si Job souffre, c'est qu'il a péché. Job refuse cette explication, qui est celle des bien-pensants. Il n'a rien fait qui mérite un tel châtiment. Il ne comprend pas. C'est de Dieu seul que pourra venir la réponse. Et pour finir, Dieu parle, sans répondre aux questions de Job, mais en révélant sa toute-puissance. Job se tait alors : il lui suffit de savoir que Dieu est là. Même dans le malheur, Job ne s'est pas détourné de Dieu. Satan a perdu son pari. Dieu est donc libre de rendre à Job sa prospérité.

Les Psaumes

Dans les Psaumes, ce sont des hommes qui s'adressent à Dieu, et non Dieu qui parle aux hommes. Pourtant ces prières et ces cantiques sont aussi une Parole de Dieu pour nous. Non seulement, ils sont une réponse au message du Seigneur, mais encore c'est Lui qui les a inspirés pour nous apprendre à louer et à prier.

Le mot Psaume vient de l'instrument de musique (psaltérion) qui accompagnait le chant ou la récitation de ces poèmes. Le titre hébreu, Tchillim, veut dire " hymnes ". Beaucoup de psaumes sont en effet des cantiques, bien que d'autres soient plutôt des prières personnelles. On a dit que les Psaumes étaient le recueil de cantiques du second temple de Jérusalem (après l'exil). Il est vrai que c'est après le retour d'exil que le psautier s'est constitué. Mais beaucoup de psaumes sont plus anciens. Un grand nombre d'entre eux est attribué à David. David était poète et musicien (1 Samuel 16 :15-23 ; 2 Samuel 1 :19-26 et 3 :33-34). Il a composé de nombreux psaumes - au point que son nom sert parfois à désigner l'ensemble du recueil. Il faut signaler cependant que le titre " de David " peut aussi se traduire " à David ", si bien que certains psaumes ont pu être écrits par d'autres et dédiés à David. D'autres noms figurent parmi les titres des psaumes Asaph, les fils de Koré, etc...

On trouve dans la Bible une grande variété de psaumes, si bien que tous les croyants peuvent y trouver les prières par lesquelles s'exprime leur foi. On peut cependant distinguer trois grandes catégories de psaumes (mais tous les psaumes n'entrent pas dans ce classement. leur diversité est trop grande).

1) Les hymnes de louange (par exemple les psaumes 8, 19, 33, 95 à 100 103 à 106, 145 à 150), comprenant une exhortation à louer Dieu (c'est de là que vient " Alleluia ", louez le Seigneur), suivie des raisons de cette louange : l'oeuvre du Dieu Créateur, sa bonté pour Israël, Sion et le Temple (48), le règne de Dieu (96 à 98>, etc... Il s'agit là de cantiques chantés à l'occasion du culte. On peut y rattacher les " psaumes des degrés " (120 à 134) qui étaient chantés par les pèlerins se rendant à Jérusalem.

2) Les prières de supplication, dans lesquelles les croyants font monter vers Dieu leurs plaintes, leurs cris de souffrance, mais aussi l'expression de leur foi. La détresse du fidèle peut venir de ses ennemis (décrits en termes souvent si imagés qu'il est difficile de se représenter la situation du psalmiste), des méchants et des menteurs (3, 5, 7, 13, 22, 35, 56, 70, etc...), de la maladie (38, 88) ; de l'exil (63), mais aussi de son péché (6, 51, 130, 143). D'autres supplications ne sont pas individuelles, mais collectives. C'est la détresse du peuple qui est présentée à Dieu (74, 79, 83, 85, 106, 137 ), à la suite de la guerre, de la déportation à Babylone, de la misère des rapatriés, etc...

Les psaumes de supplications se terminent souvent par une confession de foi en Dieu et la certitude d'être exaucé.

3) Les prières d'actions de grâce, où la souffrance du fidèle n'est plus évoquée que comme l'occasion de rendre grâces à Dieu (18, 21, 30, 34, 65-68, 116, 118, etc...)

Parmi les autres psaumes, il faut citer ceux où deux genres se retrouvent mélangés (25, 27, 89) et les méditations (ou psaumes sapientaux) (1, 112, 119, 127).

Il faut faire une place à part aux psaumes messianiques. Il y a d'abord les psaumes royaux, les prières pour le roi (l'oint ou Messie). Certains ont été composés au temps de la royauté, d'autres plus tard. Ils ont continué à être chantés dans la perspective de la promesse faite à David et à sa descendance (2 Samuel 7:12-16), exprimant ainsi l'espérance d'Israël. Dieu donnera à son peuple le roi promis qui règnera dans la justice (2, 20, 21, 72, 110). Jésus a appliqué à sa personne les paroles de plusieurs de ces psaumes. Mais il a aussi fait référence à d'autres psaumes (22 :2, 31 :6 ). Il s'est identifié à la détresse de tous les hommes. Il a fait siennes leurs prières parce qu'il a pris leur place devant Dieu.

Les Proverbes

Ce livre est un recueil de plusieurs collections de pro verbes (en Hébreu. mashal, comparaison) et de réflexion sur la sagesse et sur la vie. C'est le type même de ce qu'on appelle la littérature sapiential.

Les titres des collections qui y sont rassemblées sont indiquées dans le livre. Nous pouvons donc distinguer :
a) Introduction. ch. 1 à 9. La valeur de la sagesse. Recommandations d'un père à son fils et intervention de la sagesse elle-même.
b) 10 :1 à 22 :16 : les proverbes de Salomon.
c) 22 :17 à 24 :34 : les paroles des sages.
d) 25 à 29 : recueil des gens d'Ezékias.
e) 30 : les proverbes d'Agur.
f) 31. les proverbes de Lémuel. Poème. éloge de la femme vertueuse.

- Salomon est pour la Bible le type même du " Sage ". Un grand nombre de ses proverbes ont été conservés. D'autres s'y sont ajoutés pour former le recueil que nous connaissons, dont la composition date, selon les uns du règne d'Ezékias, selon les autres d'après l'exil.

- Les conseils de vie pratique que contient ce livre peuvent paraître un peu terre à terre. Mais ils n'expriment pas seulement une prudence humaine. Ils invitent l'homme à vivre dans la crainte (c'est-à-dire le respect) de Dieu t1:7). L'homme peut être l'artisan de son bonheur ou de son malheur, selon qu'il est sage ou fou : 1 :20-33, 3 :21-35, etc... Vivre selon la sagesse, c'est vivre selon Dieu, car Dieu a créé le monde par sa sagesse (8 :22-31 ) et Il révèle la sagesse aux hommes, afin qu'ils haïssent le mal et réussissent leur vie.

L'Ecclésiaste

Le titre hébreu de ce livre est " Qoheleth " : celui qui parle dans une assemblée, le prédicateur. Son auteur se présente comme " fils de David, roi à Jérusalem ", ce qui fait penser à Salomon, mais pourrait s'appliquer à tous les rois de la lignée de David.

C'est le livre d'un homme qui a beaucoup vécu et qui met à nu les prétentions humaines à assurer ici-bas un bonheur durable : la richesse, le travail, la bonne chaire, la sagesse même, tout cela est vanité ( 1 :2).

Toutes les joies de 1a terre sont passagères et soumises au jugement de Dieu (12:1-9, 12:15-16). Dieu n'interdit pas aux hommes de jouir de la vie (9:7-10, 11 :7-8), à condition de ne pas chercher à bâtir leur bonheur sur du vent.

Le Cantique des cantiques

Le titre veut dire : " Le plus beau des cantiques " (parmi ceux de Salomon : 1 Rois 4 :32). Il s'agit d'un brûlant poème d'amour. Les Juifs ont hésité à l'inclure dans la Bible, parce que trop profane (on n'y parle pas de Dieu) et même érotique. On l'a interprété allégoriquement et on y a vu une parabole de l'amour mystique du Christ et de son Eglise. On peut penser pourtant que le sens premier de ce poète, c'est de chanter l'amour d'un homme et d'une femme, amour voulu par Dieu qui a créé l'homme et la femme et a béni le mariage. C'est parce qu'il a une valeur en lui-même que cet amour peut être une parabole de l'amour de Dieu et de son peuple.

Les prophètes

La dernière grande section de la Bible est celle des livres prophétiques. Tous les prophètes d'Israël n'ont pas laissé de livre. Un prophète aussi important qu'Elie ne nous est connu que par les livres des Rois.

Le prophète est celui qui parle de la part de Dieu. On l'appelle aussi le " voyant " (1 Samuel 9 :9) parce que Dieu se révèle parfois à lui dans des visions (Amos 7 :1, 7 :4, etc...). Mais ce qui fait de lui un prophète, c'est que Dieu lui confie un message pour son peuple.

La fonction de prophète était connue dans d'autres religions (les prophètes de Baal : 1 Rois 18). En Israël, le prophétisme était une institution reconnue - même si les prophètes ne parlaient pas toujours de la part de- Dieu (1 Rois 22:5-12). Ces prophètes formaient des sortes de confréries (1 Samuel 10 :5, 19 :20). L'exemple de 1 Rois 22 les protestations d'Amos qui se défend d'être " prophète ou fils de prophète " (7 :14) et les condamnations de Jérémie (6:13-14) et d'Ezékiel (13) à l'égard des faux prophètes montrent que ces prophètes " professionnels " se souciaient plus de leur intérêt que de la Parole de Dieu. Les grands prophètes qui nous ont laissé des messages inspirés étaient davantage des individus isolés, que Dieu avait appelés personnellement à communiquer sa Parole : les exemples d'Esaïe (ch. 6), de Jérémie (ch. 1 ), d'Ezékiel (ch. 1 et 2) ou d'Amos (ch. 7) le montrent bien. Si de tels hommes prophétisent, ce n'est pas par choix, mais parce qu'ils sont contraints par Dieu : Amos 3:8 ; Jérémie 20:7-10. Dieu met ses paroles dans leur bouche : Deutéronome 18:15 ; Jérémie 1 :9 ; Ezékiel 3:1.

Le message des prophètes bibliques est d'une grande richesse et d'une grande diversité. Mais on peut leur reconnaître deux missions principales :

a) révéler la volonté de Dieu - et les infidélités d'Israël. Ils dénoncent l'idolâtrie, l'hypocrisie religieuse, le culte coupé de la vie réelle, 1'injustice sociale, la confiance dans les richesses et dans la force des armes. Michée résume ce que Dieu demande : " que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde et que tu marches humblement avec ton Dieu " (6 :8).

b) annoncer ce que Dieu fera dans l'avenir. Ces prédictions concernent souvent l'avenir immédiat. Elles prennent alors la forme d'avertissements et d'appels à la repentance : si vous ne vous convertissez pas, Dieu agira de telle façon. Dieu permet au prophète de lire les événements de son temps et de conseiller les rois ou le peuple. D'autres prophéties envisagent un avenir plus lointain. Dieu révèle par ses prophètes comment il accomplira son dessein : annonce de la Nouvelle Alliance (Jérémie 31 ) ou de la souffrance du Messie (Esaïe 53), par exemple.

Les prophètes dont le nom est attaché à un livre de la Bible sont parfois appelés " prophètes écrivains ". En fait leur message a le plus souvent été délivré oralement. Jérémie 29 et 36 constituent des exceptions. La parole des prophètes a généralement la forme de courts poèmes (appelés aussi " oracles "). Ces messages ont ensuite été mis par écrit, soit par le prophète lui-même, soit par un de ses disciples (Baruc pour Jérémie 36:4), puis rassemblés pour former un livre. Ce qui rend parfois la lecture des livres prophétiques difficiles pour nous, c'est le fait que ces oracles ne sont pas réunis dans un ordre logique. On passe très vite d'un sujet à un autre. Il faut essayer de replacer chaque oracle dans son contexte - et ce n'est pas toujours facile.

Il n'est pas possible d'étudier dans le détail les livres prophétiques. Nous ne pouvons, ici, que situer chaque prophète dans l'Histoire, indiquer les particularités de son livre et résumer brièvement son message.

Esaïe

Esaïe a vécu au VIIIè siècle avant Jésus-Christ. Le cadre historique de son ministère est la période des grandes invasions assyriennes, avec la fin du royaume d'Israël (chute de Samarie en 721 ) et le siège de Jérusalem par Sancherib en 700 (ch. 36-39).

Esaïe est le prophète de la sainteté de Dieu (ch. 6:1-7). Il proclame le sérieux des exigences de Dieu et dénonce le péché de son peuple (ch. 1 et 5 par exemple ). Mais il pro clame aussi la souveraineté de Dieu, qui reste le Maître de l'Histoire, quelle que soit la puissance des armées humaines. Aussi Esaïe s'élève-t-il contre le manque de confiance en Dieu de Juda, qui préfère chercher l'appui des grandes puissances plutôt que de se tourner vers Dieu (ch. 10, 25, 30). A ceux qui s'écrient, devant le danger, " l'Assyrie avec nous " ou " l'Egypte avec nous ", Dieu promet un roi qui sera " Emmanuel " : " Dieu avec nous " (7 :l 3-16). Non seulement le Messie délivrera son peuple, mais il fera régner la paix sur la terre (2:1-5, 11 :l-10).

Une deuxième partie du livre d'Esaïe (à partir du ch. 40) évoque un autre moment de l'histoire. la déportation à Babylone, après la chute de Jérusalem en 586. Le message du prophète est un chant d'espérance pour les captifs : Dieu reste le Maître souverain, (au contraire des idoles impuissantes) Il peut encore délivrer un peuple et il le fera (ch. 40). C'est Dieu qui fera venir Cyrus, le vainqueur de Babylone.

On trouve dans cette partie d'Esaïe les " chants du Serviteur de l'Eternel ", qui sera " la lumière des nations " et porte les péchés de beaucoup d'hommes (42:1-7, 49:1-9, 50:4-9, 52:13 à 53:12). Ces prophéties annoncent celui qui donnera sa vie pour le pardon de nos péchés, le Serviteur souffrant, Jésus.

A cause du contexte historique de cette deuxième partie du livre, beaucoup de savants y voient l'oeuvre d'un prophète anonyme du VIè siècle. On sait qu'au temps de Jésus, le livre d'Esaïe formait déjà un tout.

Jérémie

Le livre de Jérémie nous fait connaître le prophète, ses luttes, ses souffrances plus que tout autre livre prophétique. Son époque est pour Juda une époque d'espoirs déçus. La réforme du roi Josias (2 Rois 22-23) n'a pas porté les fruits espérés. La chute de l'empire assyrien n'a pas amené la paix attendue. C'est d'abord l'Egypte qui profite de la situation : Josias veut s'y opposer ; il est vaincu et tué à Meggido en 609. Puis c'est le roi de Babylone qui envahit la Palestine et s'empare de Jérusalem en 597. Il place sur le trône un roi vassal, Sédécias. Malgré les avertissements de Jérémie, ce roi se révolte. Il est vaincu. C'est la fin du royaume de Juda et la captivité à Babylone en 586.

Jérémie a vécu ces événements tragiques, partagé entre son amour pour son peuple et sa mission, qui jusqu'à la chute de Jérusalem, a consisté à "arracher, abattre, ruiner et détruire" (1:10). Il doit arracher le péché, l'infidélité à Dieu. Mais ces messages de châtiment ne font pas plaisir et Jérémie est persécuté par les rois, les prêtres, les faux prophètes, le peuple lui-même. Après la défaite, Jérémie doit " bâtir et planter " (51 :10), en annonçant la miséricorde de Dieu, le pardon et le retour (29:1-14), ainsi que la restauration de relations justes entre Dieu et son peuple, grâce à une Nouvelle Alliance (31 :31-34).

Les Lamentations

Ce livre anonyme, que la tradition attribue à Jérémie, comprend cinq poèmes sur la ruine de Jérusalem et lé péché du peuple élu.

Ezékiel

C'est la déportation à Babylone qui fournit le cadre du ministère d'Ezékiel. En 597, un premier groupe de Juifs est emmené en captivité à Babylone. Parmi eux Ezékiel. Dieu 1ui manifeste sa gloire et l'établit comme " sentinelle " sur la maison d'Israël (ch. 1 et 2 ).

Le livre d'Ezékiel comprend quatre parties :

a) Avant la chute de Jérusalem (ch. 1 à 24). Le prophète dénonce les illusions des captifs qui croient la délivrance proche (Jérusalem n'est pas encore détruite). Comprenez que c'est Dieu qui vous a châtiés et convertissez-vous, dit Ezékiel. Le message de jugement qu'il annonce est particulièrement sévère (ch. 6).

b) Ezékiel dénonce l'orgueil des nations païennes (ch. 25 à 32).

c) Après la ruine de Jérusalem, Ezékiel annonce la délivrance (ch. 33 à 39). " Je les délivrerai et ils sauront que je suis l'Eternel " dit Dieu. Dieu rendra son peuple à la vie, non seulement en ramenant les captifs, mais surtout en lui donnant " un coeur nouveau et un esprit nouveau " (ch. 36 et 37).

d) La description de la nouvelle Jérusalem et du Temple restauré (ch. 40-48). C'est une vision symbolique du Royaume de Dieu : le nom de la cité sera " l'Eternel est ici " (48 :35).

Daniel

Le cadre de ce livre est l'époque des grands empires babylonien et perse. La première partie du livre (ch. 1 à 6 ) raconte des événements de la vie de Daniel et de ses amis, juifs fidèles, exilés en terre païenne. Dieu leur accorde sa protection et leur permet de résister à la tentation de l'idolâtrie.

Dans les chapitres 7 à 12, nous avons une série de visions prophétiques sur le dessein de Dieu pour son peuple et les nations païennes. On donne le nom d'apocalypse à ces prophéties qui s'expriment sous forme de symboles et d'images.

Osée

a prophétisé dans le royaume d'Israël au VIIIè siècle. Le thème de son message est la souffrance de Dieu devant l'infidélité du peuple qu'il aime. Osée a vécu l'expérience de l'amour trahi : il a épousé une femme infidèle. Sa vie illustre son message. Dieu châtiera Israël pour ses péchés, pourtant il veut pardonner. Le chapitre 6 résume le message du prophète.

Joël

décrit une invasion de sauterelles, image du châtiment divin, suivi de promesses de restauration, comprenant l'effusion du Saint-Esprit (ch. 1 et 2). Le chapitre 3 annonce le jugement des nations et la victoire de l'Eternel.

Amos est le prophète de la justice de Dieu. Il a exercé son ministère dans le royaume du Nord au VIIIè siècle (peu avant Osée). Il est, lui, un berger venu du Sud. Il condamne au nom de Dieu l'hypocrisie de la religion qui fait bon ménage avec l'injustice sociale et la vie corrompue des riches. Il annonce le jugement de Dieu sur son peuple. Le chapitre 5 résume bien le message du prophète.

Abdias

annonce le jugement de Dieu contre Edom et la victoire d'Israël au jour de l'Eternel. Les circonstances de cette prophétie et la personne du prophète ne nous sont pas connues.

Jonas Ce livre est un récit et non un recueil de prophéties. L'histoire de Jonas est bien connue. Le message du livre est double. l'annonce du jugement de Dieu est un appel à la repentance ; Dieu aime aussi les païens et désire leur conversion.

Michée

fut un contemporain d'Osée et d'Esaïe. Il prophétise aussi bien sur Samarie que sur Jérusalem, en trois groupes d'oracles commençant par le mot " Ecoutez " (1 :2, 3 :1, 6 :1). Trois messages de jugement et de condamnation des péchés du peuple et des princes sont suivis de promesses de pardon et de restauration.

Nahum

Ce prophète du VIIè siècle, après avoir célébré la colère de Dieu contre les méchants, a prédit la chute et la destruction de Ninive.

Habakuk

a vécu vers la fin du VIIè siècle (comme Jérémie). Son livre s'ouvre par un dialogue avec Dieu (1 :1 à 2:3), suivi de malédictions contre les Chaldéens (2:4 à 2:20). Le chapitre 3 est un psaume célébrant la majesté de Dieu.

Sophonie

a prophétisé au début du règne de Josias, avant la réforme décrite dans 2 Chroniques 34. Il annonce le Jour du Seigneur, jour de jugement (1 :2 à 2 :3), la colère de Dieu contre les nations (2:4-15), puis contre Juda (3:1-8). Son livre se termine par une promesse de restauration (3 :9-20).

Aggée

a exhorté les Juifs revenus de Babylone à reconstruire le Temple de Jérusalem (lire Esdras 5 et 6). Il a prophétisé en 520 avant Jésus-Christ.

Zacharie

était un contemporain d'Aggée. Les chapitres 1 à 6 contiennent six visions suivies d'un acte symbolique. le couronnement du grand-prêtre, figure du Messie (6:9-15). Zacharie se préoccupe aussi de la reconstruction du Temple et appelle le peuple à se repentir. Dieu rétablira Israël grâce à la venue d'un Roi-Messie (3:8, 6:12-13). Les chapitres 7 et 8 contiennent des bénédictions à propos d'une question sur les jeûnes.

La deuxième partie du livre est composée d'oracles variés concernant la fin des temps (ch. 9 à 14). L'espérance messianique y tient une grande place. Ces prophéties sont souvent citées dans le Nouveau Testament.

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