Bas les masques !

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Type : Réflexion
Thème : Le Caractère du Chrétien
Source : Lueur   
Publié sur Lueur le
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Les carnavals de Rio et de Venise sont particulièrement célèbres. A Venise, depuis des siècles, le carnaval revêt des caractères grandioses : à la tombée du jour, sur les places et dans les ruelles, toute une population somptueusement habillée sort de chez elle ; si vous cherchez les visages, vous ne les trouverez pas, car chacun porte un masque, pas n'importe quoi, mais un masque magnifique qui ne laisse voir que les yeux. Qui se cache sous le masque ? Nul ne peut le dire, mais le masque et le déguisement permettent tout ce qui, en temps normal, n'est pas autorisé.

Nous sommes bien conscients que dans la vie courante, nous portons souvent des masques. Adam, le premier, a cru que le masque était nécessaire ; en Genèse 3, quand Dieu lui demande où il est, il répond : Je t'ai entendu dans le jardin, j'ai eu peur, car je suis nu et je me suis caché (Gn 3.10). Pour la première fois de sa vie, Adam a la sensation d'être inacceptable, il voit que quelque chose est faussé et qu'il n'est pas comme il le devrait. La peur l'envahit, accompagnée d'un sentiment nouveau d'insécurité et d'insignifiance. Alors il trouve une stratégie : se cacher pour ne pas être vu. Et depuis Adam, nous cherchons à cacher notre identité de pécheur pour avoir une image quand même satisfaisante de nous, nous voulons être bien dans notre peau. Le masque peut se définir comme tout ce que nous faisons ou ne faisons pas pour nous protéger d'être mis à nu. On peut passer sa vie entière derrière un masque, qu'on modifie d'ailleurs selon les circonstanes. Les masques protègent des coups, des blessures, de la réprobation, mais aussi ils nous coupent de l'amour des autres. De ce fait ils font souffrir. Ils empêchent peut-être le rejet, mais coupent de l'amour. Alors les relations deviennent une communion de masque à masque, une fraternité masquée.

En général, il y a toujours un moment où nous cherchons à enlever le masque, parce qu'en fait nous aspirons profondément à être reconnus et acceptés, et nous voulons nous montrer sans fard. Mais la franchise totale est-elle une bonne solution ? Spécialement dans un groupe où les masques sont ôtés, certains risques apparaissent comme l'exhibition personnelle, une grande dépendance des autres, et très vite des tensions. La Bible n'encourage pas à systématiquement tout dévoiler de nous ; c'est ce qu'on peut lire au chapitre 24 d'Ezekiel : Dieu annonce à Ezekiel que sa femme va disparaître et lui dit : "Tu ne te plaindras, pas, tu ne gémiras pas, tu ne laisseras pas couler tes larmes. Garde ta peine pour toi et n'observe pas le deuil. Au contraire, noue ton ruban et mets tes sandales comme d'habitude." (Ez 24.16-17). Ezekiel a été envoyé pour annoncer aux Israélites un message de jugement, il ne doit pas pleurer parce que ses larmes atténueraient son message.

La Bible nous demande pourtant de nous débarrasser de nos masques. Au fond Dieu cherche des gens qui s'engagent totalement. Ephésiens 4.29 dit : Ne prononcez aucune parole mauvaise, dites seulement des paroles utiles, qui aident les autres à progresser dans la foi, et répondent à un besoin, pour faire ainsi du bien à ceux qui vous entendent. Notre vraie motivation doit être l'amour des autres. Il nous est demandé de nous impliquer dans la vie d'autrui, et par là de renoncer aux relations superficielles, qui sont plus faciles mais reflètent aussi nos peurs. Face à Dieu, chacun peut réfléchir à ses vrais buts, se mettre à nu devant le Seigneur et se laisser sonder par le Saint Esprit. C'est là que les vrais masques tomberont.

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