Les conséquences d'abus ne sont pas visibles comme celles d'autres traumatismes ; il est plus facile d'avoir compassion de quelqu'un dont on voit la souffrance, parce qu'on se sent moins démuni ; on peut concrètement aller vers cette personne.
C'est moins évident d'aborder une personne comme par exemple un sans abri. Il vit en solitaire, il est difficile de l'approcher; il se méfie de l'intérêt qu'on lui porte. Il est trop abîmé pour imaginer que quelque chose de bon puisse lui arriver ; il néglige son corps ; cela n'est qu'une carcasse qui un jour, va disparaître. Il est désabusé et ne croit plus à la justice ; avec le temps il s'est endurci et n'écoute plus ses désirs ou ses rêves, il se sent abandonné des hommes et de Dieu et ne peut compter que sur lui même; cet homme survit à son histoire.
Jésus n'a jamais forcé la porte de quelqu'un; de même Dieu ne forcera jamais la porte de nos vies, Jésus avait une attitude de serviteur, Il a toujours proposé mais jamais imposé ; c'est cela la folie de l'amour ou le danger de se mettre à aimer quelqu'un.