Ainsi, depuis 1965, la famille a été tiraillée dans tous les sens. Cependant, il existe une différence entre la révolution sexuelle, qui a tant bouleversé les familles, et la révolution génétique qui va peu à peu les remodeler. C'est que la première est pour une part réversible.
On peut imaginer que les mentalités changent et modèrent les effets de l'individualisme triomphant et du couple premier servi. Toutefois, je pense que la maîtrise de leur fécondité par les femmes demeurera une avancée irréversible. Mais le pendule, s'agissant des moeurs et des mentalités, peut aller et venir par cycles successifs. En revanche, les découvertes de la génétique, encore incomplètes, on ne pourra plus jamais les ignorer. Elles ont un caractère définitif. Ce qui est désormais révélé des mécanismes de la transmission de la vie a toujours été.
C'est le mystère qui en est pour la première fois dévoilé : il démontre la responsabilité qui est la nôtre envers l'enfant, dépôt de Dieu entre nos mains de pères et de mères. Il nous indique que la parentalité est une responsabilité devant laquelle nous ne sommes pas libres.
Nous sommes libres d'aimer, d'agencer nos vies privées, et même de ne pas vouloir d'enfant. Mais du moment où nous sommes parents d'un enfant, nous sommes engagés.
Puissions-nous l'éduquer en famille. Car toutes les enquêtes effectuées dans les établissements scolaires, par exemple, démontrent que l'école ne peut se substituer à l'éducation donnée par les parents, qui structure la vraie identité de l'enfant, celle qui s'enrichit de la transmission.