Voici quelques statistiques extraites d’un entretien d’Élisabeth Hausser avec Yves Lambert, directeur de recherche à l’INRA-CNRS, dans le groupe de sociologie des religions et de la laïcité.
Une enquête de 1968 donnait 35 % de Français croyant en une vie après la mort, chiffre qui n’avait pas changé en 1981 mais qui est passé à 38 % en 1999. Si l’on isole les jeunes, on en trouve 31 % en 1981 mais 42 % en 1999 : ils sont donc désormais plus nombreux que la moyenne à croire en une autre vie.
L’enquête de 1990, qui s’intéressait aussi à la résurrection, montre que les personnes se disant catholiques étaient 48 % à croire en une " vie après la mort " mais seulement 39 % à croire à la résurrection des morts ; pour les pratiquants, les chiffres donnent 76 % pour la vie après la mort et 70 % pour la résurrection. On admet que ces chiffres sont légèrement moindres chez les protestants.
En 1990, la résurrection recueille 27 % de croyance dans l’ensemble des Français et 26 % chez les jeunes, la réincarnation 24 % chez les premiers et 31 % chez les jeunes ces derniers chiffres étant à peu près identiques en 1999. Ce qui est paradoxal avec les jeunes, c’est qu’ils appartiennent de moins en moins à une religion (seulement 52 % des 18-29 ans en 1999) et qu’ils sont de plus en plus nombreux à croire à la vie après la mort, au Paradis, à la réincarnation et même à l’Enfer, surtout les sans-religion : seuls 30 % d’entre ceux-ci disent être des athées convaincus !