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Thème : Les dépendances - Type de texte : Dossiers Recommander cette page
Dépendances relationnelles et troubles de la personnalitépage 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7
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Sommaire :

Dépendances relationnelles et troubles de la personnalité

Henry Blaind
Henri BLAIND
Psychologue

Introduction

Aujourd'hui, dans une société en crise, en souffrance et en perte d'idéal, à la fois hédoniste et dépressive, selon la terminologie de Tony Anatrella, psychanalyste, à la fois en pleine mutation et en quête de repères, marquée par la montée en puissance de l'individualisme et la dissolution des liens sociaux, apparaît de façon prégnante et exacerbée le primat de la recherche du bien-être.

Dans ce climat particulier, le champ de dépendances, tel un raz-de-marée, surgit à l'horizon de la civilisation narcissique et entraîne inéluctablement un coût individuel et collectif, qui suscite beaucoup de débats à tous les niveaux (philosophique, politique, scientifique). Un modèle de la dépendance semble vouloir émerger, se voulant explicatif du malaise dans la civilisation.

Partie de la toxicomanie classique, ce paradigme a tendance à devenir plus extensible, au point que beaucoup d'auteurs s'interrogent pour savoir s'il est judicieux de l'étendre à d'autres formes que la dépendance classique au produit psychoactif.

De plus en plus, d'autres dépendances apparaissent et semblent attirer l'attention de nos contemporains. Celles-ci se bousculent sur la scène de l'addiction. Un nouveau modèle semble sortir de l'horizon de notre troisième millénaire, supplantant l'hystérie du début du siècle et la dépression, plus près de nous.

Il semble rendre compte d'un certain malaise dans la civilisation cher à Freud ; d'une souffrance psychosociale dans un monde bousculé par l'hégémonie de l'économique, de la haute technologie, de la science triomphante, de la course au profit, de l'obsession de l'avoir. Il semble interroger une souffrance psychique dans un monde orphelin de repères structurants (éclatement des familles, perte des valeurs collectives, perte du sentiment d'appartenance), carencé en échanges humains vitalisant.

La société hypomaniaque, dans ses mouvements désordonnés et frénétiques, laisse nombre d'individus peut-être plus fragiles, en marge d'un réel ancrage dans une vie qui ait du sens.

L'homme occidental bascule rapidement dans un repli sur soi tel Narcisse, cherchant son identité et ses limites, sur ce chemin de la quête de soi et du plaisir, de l'obsession du bien-être propice aux mirages où exister devient « se faire d'exister » par une série de subterfuges : chimiques, alimentaires, occupationnels, relationnels. Aussi, par défaut d'intériorité, le corps s'érige en maître absolu, idolâtré ; il devient souvent instrument, machine à sensations fortes, à plaisir et à performance pour se sentir exister. L'autre, le vis à vis, le prochain, tantôt joue le rôle salvateur de prothèse existentielle pour combler la béance du manque fondamental, tantôt est exclu du champ du désir, remplacé par un substitut moins décevant et inquiétant que l'on peut incorporer en soi par une ingestion d'alcool, de produits ou d'aliments.

Pour combler ce vide intérieur en se sentant plein d'une apparence d'exister, d'être au monde, l'individu dépendant, dans une fuite de la réalité interne et externe, devient le centre de lui-même où tout gravite autour de son égocentrisme, soit pour se suffire à lui-même dans l'utilisation du classique produit, soit en s'accrochant à l'autre pour satisfaire ses propres besoins.

Ici, la dépendance semble entretenir le leurre d'une plénitude, hélas souvent artificielle, et rapidement aliénante, enfermant le sujet dans un semblant de liberté. Celle-ci, construite sur le sable de l'illusion, s'estompe inévitablement et s'effondre dans l'univers infernal du manque.

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Source : Aimer & Servir (UEMP) Henry Blaind
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