La guérison : pourquoi ? pourquoi pas ? comment ?

3. Une perspective différente

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Type : Dossier
Thème : La guérison
Source : Aimer & Servir   
Publié sur Lueur le
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Sommaire :
  1. La guérison : pourquoi ? pourquoi pas ? comment ?
  2. La guérison et l'imaginaire
  3. Une perspective différente
  4. Un pouvoir fascinant ?

L'expérience biblique à laquelle nous nous référons volontiers n'est peut-être pas aussi radicalement différente que nous le prétendons. Elle dénonce bien sûr les errances de la pensée humaine s'imaginant maîtriser la connaissance ou, à l'opposé, prête à croire n'importe quoi ; mais elle reflète parfois aussi une certaine indulgence à l'égard de l'angoisse des hommes.

Remarquons d'abord que dans les cas de guérison rapportés, l'accent est régulièrement mis sur la croyance, ou la conviction. Par exemple, nous apprenons qu'à Nazareth, Jésus "ne fit pas beaucoup de miracles à cause de leur incrédulité" (Matthieu 13 : 58). Ou bien ailleurs, "voyant leur foi il dit au paralytique... lève-toi et marche" (Matthieu 9 : 2, 5). A un homme qui recherche la guérison pour son fils, avec le préambule : "si tu peux faire quelque chose"..., Jésus répond "tout est possible à celui qui croit" : Ce à quoi le père répond : "Je crois, viens au secours de mon incrédulité" (Marc 9 : 24).

Notons cependant deux choses évidentes. Les hommes qui s'approchaient de Jésus ne savaient pas exactement qui Il était, tout au moins pas aussi clairement que nous maintenant (?). Ils savaient qu'il possédait un pouvoir, divin sans doute, mais ne pouvaient lui faire confiance que dans la limite de leurs capacités personnelles. De plus, ce pouvoir ne pouvait s'exercer que dans la foi, ou la conviction d'une guérison et la confiance dans le thérapeute. Toutes les deux peuvent révéler leur fragilité comme le traduit la prière du père "viens au secours de mon incrédulité !" qui s'adresse à une autre puissance que celle des hommes.

Il existait à Jérusalem une piscine célèbre où se produisaient des guérisons miraculeuses, Béthesda. Là encore, une foule de malades et d'estropiés attendaient sous des abris, le moment favorable pour entrer dans l'eau. C'est là que Jésus guérit instantanément un malade chronique. Mais auparavant, ce qui surprend toujours, l'homme s'était entendu demander s'il le voulait réellement, comme pour provoquer une prise de conscience et une décision. La réponse d'un malade est en quelque sorte : "je ne peux pas tout seul, j'ai besoin de quelqu'un". C'est le renoncement à la toute-puissance et le premier pas vers la confiance en l'autre, ici Jésus, qu'il ne connaît pas encore. Pour être guéri il ne fallait pas que le "pouvoir", mais aussi le "savoir".

En outre, aucun commentaire n'est rapporté sur le bien-fondé de la piscine et sur l'espoir que cette multitude d'éclopés y mettait. Notre affection spontanée pour la rigueur doctrinale risque d'en être surprise. Peut-être que la grâce peut passer sur beaucoup plus de chose que nous le pensons lorsque les hommes sont aux prise avec leur détresse et se débattent avec leur ignorance La grâce est toujours "émue de compassion". Elle ne juge pas, elle cuve... et s'en donne les moyens. Ainsi Naaman, une fois guéri n'a rencontré aucune objection lorsqu'il a voulu emporter avec lui en souvenir un peu de terre de Palestine mais il avait précisé ne vouloir adorer que l'Eternel, déniant par là même toute vertu particulière à l'objet. "va en paix!" (2 Rois 5 : 47) lui avait simplement répondu le prophète. Une expression maladroite ou discutable ne signifie pas nécessairement, l'absence d'une foi opérante.

Dans les Actes (chapitre 14) il nous est rapporté le cas d'un infirme de naissance que Paul guérit. Nous y trouvons cette mention : "voyant qu'il avait la foi pour être guéri"... Bien qu'apparemment étranger à la culture juive (c'était un autochtone de Lystre comprenant le grec de Paul), l'homme avait conscience de deux choses, que son mal pouvait céder et que Paul avait le pouvoir d'agir.

Nous voici sans doute au coeur même du processus de guérison, la conviction et la confiance, chacune visant son objet propre. La conviction concerne le corps, le soi et le désir de vivre. La confiance vise celui, ou ce qui guérit. La foi ici mentionnée contient ces deux aspects intimement liés et complémentaires. Ce qui laisserait penser qu'il existe quelque chose comme une "disposition" à la guérison. Attitude qu'il conviendrait éventuellement de mieux connaître afin de ne pas y faire obstacle, mais bien plutôt de la consolider voire de la construire.

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