Petite histoire de l’œcuménisme

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Type : Dossier
Thème : Histoire Religieuse
Source : Lueur   
Publié sur Lueur le
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Le mois de janvier est un mois dédié à l'oecuménisme. En effet, entre la semaine de l'Alliance Evangélique et la semaine de l'Unité, il est indéniable que ce thème se retrouvera dans les discussions de chaque communauté.

L'unité de l'Eglise est un thème récurant dans la Bible, fortement présent dans l'Ancien et le Nouveau Testament.

Si l'unité de l'Eglise est voulue, il est faux de dire que l'Eglise a été une et indivise jusqu'au XVIème. Dès le Nouveau Testament, des problèmes ont surgi (dualité Juifs/païens ; partis personnels, divisions intestines ; proto-gnosticisme). Nous retrouvons les textes de rupture les plus durs dans la deuxième lettre de Jean.

Jusqu'au XIVème siècle, les tendances à se diviser furent nombreuses : gnosticisme, montanisme, ariannisme, le grand schisme de 1054 entre Orient et Occident. Plus l'Eglise établie était coercitive, plus les dissidences étaient fortes (en France : Cathares, vaudois, bogomiles…).

Là où l'Eglise donnait un semblant d'unité, c'était sous l'alliance entre le temporel et le spirituel, entre le roi et la religion « cujus regio, ejus religio », sous l'impératif de la politique.

Le principe de rapprochement, de discussion a été un effort soutenu au XVIème, l'ensemble des personnes désirait une réforme à l'intérieur de l'Eglise et même si l'excommunication de Luther a porté la rupture que l'on connaît, force est de constater que l'unité a été encore recherchée (Erasme, Georges Cassandre, Mélanchton, mais aussi Calvin ont eu un grand souci de l'unité chrétienne). En France, le colloque de Poissy, en 1561, avec Théodore de Bèze est une grande tentative de rapprochement qui se solda malheureusement par un échec.

Les XVIIème et XVIIIème siècles ont été des périodes de durcissement des positions (contre réforme et positionnement vis-à-vis de l'autre camp) et la recherche d'unité entre chrétiens n'a survécue que difficilement au travers d'individus souvent marginalisés, mais aussi par le courant piétiste.

Les deux racines principales de l'oecuménisme ont été un certain relativisme doctrinal (qui donnera le libéralisme au XIXème) et une expérience évangélique qui met l'accent sur l'expérience personnelle au dépend du souci dogmatique. (Spener, Zinzendorf entre autres).

Il faudra attendre le XIXème siècle pour que l'oecuménisme prenne son envol, tout d'abord, d'une manière atténuée car n'ayant pas suscité de grands efforts vers l'unité, il y eu le libéralisme théologique.

Ensuite, et surtout, il y eu le courant piétiste au travers des sociétés missionnaires (collaborations : la London Missionnary Society est fondée en 1795), les sociétés bibliques, les mouvements de jeunes (évangélisation ; Union Chrétienne des Jeunes Gens créée en 1844) et enfin l'Alliance évangélique en 1846 qui devient une institution visant le rapprochement des chrétiens de dénominations différentes. C'est à cette occasion qu'Adolphe Monod utilise pour la première fois le terme d'oecuménisme.

C'est aussi en 1857 que fut instituée la semaine universelle de prière en janvier de chaque année.

Le congrès d'Edimbourg (1910) est la première grande rencontre mondiale, les anglicans y font une entrée remarquée.

Les excursions catholiques vers l'oecuménisme sont condamnées par le pape Pie XI en 1928 dans son encyclique Mortalium Animos (interdiction de participer au mouvement oecuménique) Plusieurs ecclésiastiques seront visés par cela (l'abbé Couturier, le père Congar, Teillard…). Vatican I, avec la promulgation du dogme de l'assomption de Marie et l'encyclique Humani Generis n'ont pas amélioré les choses.

Il faudra attendre le concile de Vatican II pour avoir une autre vision de l'oecuménisme avec le décret Unitatis redintegratio en 1964 (l'Eglise Catholique reste la seule vraie église, mais les autres communautés sont vue ensuite selon un dégradé progressif dans leur catholicité).

Ces dernières années, l'oecuménisme est porté à tout vent, tant d'un côté que d'un autre, on souffle le chaud et le froid… La seule constatation encore à faire, c'est que de nombreux pas sont encore à parcourir pour vivre une unité chrétienne…

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