Y-a-t-il un conducteur dans le train ?

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Type : Réflexion
Thème : Vie Spirituelle
Source : Croire & Servir   
Publié sur Lueur le
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Seul aux commandes

Au mois d'octobre 2000, un petit train de banlieue roule entre Londres et Reading. Dans les wagons, il y a environ 200 voyageurs. Dans la cabine de conduite, le conducteur habituel a avec lui un apprenti qui tient les commandes sous l'oeil vigilant de son aîné. A mi-parcours à l'arrêt dans une gare, celui-ci descend acheter un gobelet de thé. Trente secondes plus tard, l'apprenti entend la porte de la cabine claquer derrière lui, au moment même où le chef de gare sonne le signal de départ, il démarre lentement, accélère après avoir dépassé le quai de la gare, puis se stabilise à la vitesse réglementaire : son aîné ne fait aucune remarque, ce doit être bien. Une gare apparaît au loin, se rapproche : l'autre ne dit rien, c'est qu'il n'y a pas d'arrêt. Même chose à la gare suivante. Puis apparaît un feu rouge : l'apprenti ralentit, s'arrête, se retourne vers son moniteur, et s'aperçoit avec horreur qu'il n'y a personne : alors qu'il ne savait pas encore conduire, il était seul aux commandes du train!

Les voyageurs, eux, avaient déjà remarqué quelque chose d'inhabituel : deux arrêts manqués, une vitesse moins grande, quelques secousses... On arriva à l'heure à la gare suivante, on stationne vingt minutes sur une voie de garage... Bizarre.

Un conducteur à la poursuite de son train

Pendant ce temps, le conducteur moniteur, son gobelet de thé à la main, stupéfait, avait vu partir son train, celui qu'il était censé conduire ou du moins diriger. Un train et deux cents voyageurs, dans la main d'un petit jeune homme qui commençait à apprendre! Il se demandait si le gamin avait perdu la tête, ignorant qu'un courant d'air avait fait claqué la porte de la cabine de conduite : le jeune homme avait cru que son moniteur était revenu.

Celui-ci sortit de la gare et se jeta dans un taxi. Alors commença une course-poursuite digne d'un western, sur la route qui longeait la voie. Deux foi, le taxi rattrapa le train près d'une gare où il aurait dû s'arrêter : mais le train ne s'arrêtait pas. Ensuite, le taxi perdit son avance. A la gare suivante enfin, le conducteur, ayant fait arrêté le taxi, apprit du chef de gare que son train était là, à l'attendre, sur une voie de garage.

Le courant d'air était le seul coupable, dans cette aventure, et les voyageurs ne l'ont appris qu'en lisant leur journal le lendemain.

Qui conduit notre train ?

Mais nous, qui conduit notre train? Pour bien des gens, la réponse est : " Personne, moi-même ". Cela veut dire : ce que nous voulons dans l'instant, ce qui correspond au plan que nous avons élaboré, ce que nous estimons bien ou mal selon notre propre jugement Pour ceux qui sont vaguement religieux, il y a auprès d'eux un Dieu-Providence, qui arrangera tout. Et on roule, après tout, pas si mal. Mais un jour vient où on est obligé de marquer un arrêt. On aperçoit que l'on est seul, que l'on avait pris un simple courant d'air pour la présence de Dieu. Les autres, derrière, ceux qui voyagent avec nous, n'en ont-il pas souffert?

Qui conduit notre train? Un chrétien s'efforce que ce soit Dieu. Ce n'est pas facile, disons-le tout de suite. Nous recevons tout un enseignement sur la volonté de Dieu, dans la Bible, dans notre Eglise locale : mais ce n'est pas seulement une affaire de connaissance, même si celle-ci est indispensable Nous comprendrons mal si nous cédons à de mauvais sentiments, et si nous ne savons renoncer à notre propre volonté. Dieu respecte notre liberté : si nous ne voulons pas vivre dans sa présence et lui faire confiance, sa voix se réduira à un faible murmure.

L'inextricable et la grâce

Il arrive que nous nous trouvions dans une situation inextricable. Quelle que soit la solution que nous envisagions, nous y perdrions quelque chose de vital, d'impossible à quitter. Ce serait destructeur, pour nous mêmes et pour les autres. Il arrive même que nous demandions à Dieu de nous tracer une route, et que sa solution tarde à intervenir. Plus tard, peut-être, nous comprendrons pourquoi. Sur le moment, c'est difficile à vivre.

Nous savons au moins l'essentiel : dans l'histoire du salut, Dieu lui même s'est placé dans une situation inextricable. Il a crée l'homme libre de vivre auprès de Lui, ou non. Il s'est choisi un peuple, lui a donné la Loi, lui a envoyé un Messie promis, et son peuple n'a suivi ni l'une, ni l'autre. Il n'était pas possible de " passer l'éponge ", comme si les hommes étaient irresponsables. Il n'était pas possible non plus de les détruire. La solution fut la Croix et la Résurrection. Nous savons au moins, dans n'importe quelle situation, que nous sommes d'un prix infini aux yeux de Dieu.

Qui conduit le train? Si nous avons choisi que ce soit Dieu qui conduise, c'est quelqu'un qui demande obéissance, notre renoncement, notre confiance, de la place pour sa présence dans notre vie. Mais avant tout, c'est quelqu'un qui nous fait grâce, qui est mort et ressuscité pour nous.

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