Introduction à la Bible

12. La transmission de la Bible

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Type : Dossier
Thème : La Bible
Source : FEEBF   
Publié sur Lueur le
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Sommaire :
  1. Introduction à la Bible
  2. La Bible, livre de la révélation
  3. La Bible, un livre
  4. La Bible, Parole de Dieu
  5. Coup d'oeil sur l'Ancien Testament (1)
  6. Coup d'oeil sur l'Ancien Testament (2)
  7. Le canon de l'Ancien Testament
  8. Entre les deux Testaments
  9. Le Nouveau Testament : les Evangiles
  10. Le Nouveau Testament : les apôtres
  11. Le canon du Nouveau Testament
  12. La transmission de la Bible
  13. La Bible aujourd'hui
  14. Comprendre la Bible
  15. Interprétation de la Bible hier et aujourd'hui

Dix-neuf siècles se sont écoulés depuis que les apôtres ont écrit les livres du Nouveau Testament. Dieu a permis que ces livres viennent jusqu'à nous à travers une histoire souvent mouvementée. L'histoire de la transmission de la Bible, des origines à nos jours, est un étonnant témoignage à la fidélité de Dieu dans l'accomplissement de son dessein.
Il serait merveilleux d'avoir les textes originaux des livres de la Bible, de pouvoir se référer à l'original de l'Evangile de Marc ou de la lettre de Paul aux Romains. Malheureusement, cela ne nous est pas donné. Nous ne possédons que des copies des documents originaux.
Avant l'invention de l'imprimerie au XVIème siècle, tous les livres, donc aussi l'Ancien et le Nouveau Testament devaient être copiés à la main. On peut imaginer le travail que cela représentait, le temps qu'il fallait pour le mener à bien. En Israël, comme chez les autres peuples, cette tâche était le plus souvent confiée à des hommes dont c'était le métier. les scribes (les scribes en Israël avaient aussi d'autres fonctions, en particulier celle d'interprètes du message divin).
Nous avons vu, dans la deuxième étude, que les textes bibliques ont principalement été écrits sur du papyrus ou du parchemin (parfois aussi du cuir de moindre qualité que le parchemin), en forme de rouleaux. Ce n'est qu'à partir du IIème siècle de notre ère qu'on a commencé à relier ensemble les feuilles de parchemin ou de papyrus pour en faire des livres comme les nôtres. Un tel livre était appelé " codex ".
Les scribes étaient des hommes exercés à ce travail. En Israël, le respect pour le texte sacré les obligeait à redoubler d'attention lorsqu'ils copiaient l'Ecriture Sainte. Ainsi. par exemple, après avoir copié un texte, ils devaient compter le nombre de lettres pour s'assurer qu'il était le même que dan~ l'original -faute de quoi, la copie devait être détruite ! De tels scrupules sont une garantie de fidélité à l'original. Mais cela n'avait pas que des avantages : puisque la copie était réputée parfaite, il n'était pas jugé nécessaire de garder l'original, surtout s'il était détérioré.
L'Eglise des premiers siècles n'avait pas une classe de scribes professionnels. Les Evangiles et les lettres des apôtres étaient recopiées par des chrétiens lettrés avec soin certes, mais pas de la même façon scrupuleuse que les scribes d'Israël. Heureusement, nous le verrons, les manuscrits (textes écrits à la main) du Nouveau Testament sont plus proches de l'original dans le temps que ceux de l'Ancien Testament en notre possession.
Malgré toute l'attention apportée par les copistes à leur tâche, il leur arrivait de faire des erreurs. Les manuscrits de la Bible que nous avons, ont été copiés plusieurs siècles après la rédaction de l'original, dans la plupart des cas. Ce sont donc des copies de copies. Pendant un laps de temps aussi long, des erreurs de détail ont pu non seulement être faites, mais ensuite recopiées.
Si nous ne connaissions qu'un manuscrit de la Bible, il serait impossible de savoir où des erreurs se sont produites. Heureusement, nous avons un grand nombre de manuscrits anciens. En les comparant les uns avec les autres, et en les comparant avec des traductions faites à une époque ancienne, il est possible de détecter des erreurs et de se rapprocher du texte original. C'est le rôle de la " critique textuelle ", à laquelle s'attachent de nombreux savants.

Les manuscrits de l'Ancien Testament

La découverte des manuscrits de la Mer Morte en 1948 et les années suivantes nous a donné des manuscrits de certains livres de l'Ancien Testament plus anciens de neuf ou dix siècles que les plus anciens manuscrits connus jusque là. Le fait est d'importance : plus un manuscrit est ancien, plus il est proche de l'original. Malheureusement, à l'exception d'un rouleau d'Esaïe, les manuscrits trouvés près de la Mer Morte ne contiennent que des fragments des livres de l'Ancien Testament. Ces fragments ne manquent pas d'intérêt, car ils permettent des comparaisons avec les manuscrits plus récents que nous connaissons.

Cette comparaison a révélé que dix siècles de copies, faites à la main, n'ont entraîné que peu de modifications, et de peu d'importance dans le texte hébreu de l'Ancien Testament, à partir duquel se sont faites nos traductions de la Bible :

Les plus anciens manuscrits hébraïques de l'Ancien Testament que nous possédions jusque là datent du IXè siècle après Jésus-Christ. Cela peut surprendre. Mais il faut se souvenir des événements tragiques de l'histoire du peuple juif. Au IIème siècle avant Jésus-Christ, le roi syrien Antiochus Epiphane a détruit la plupart des manuscrits de l'Ancien Testament, dans le but de supprimer le judaïsme. La révolte juive contre les Romains, qui s'est terminée en défaite en 70 après Jésus-Christ, a aussi entraîné la perte de nombreuses copies de l'Ecriture. Seuls ceux que les moines de Qumran avaient cachés ont été retrouvés : ce sont les manuscrits de la Mer Morte.

Il faut se rappeler que les Juifs ne gardaient pas les textes sacrés dès qu'ils commençaient à s'abîmer. Mais pour que le nom du Seigneur ne soient pas profané, ces textes étaient cachés dans les dépôts sacrés, appelés Guéniza. C'est ainsi qu'en 1890, on a retrouvé des milliers de fragments de manuscrits bibliques, lors de la reconstruction de la synagogue du Caire. Ces fragments datent du VIIè ou VIIIè siècles de notre ère.

Parmi les manuscrits les plus complets, il faut citer un manuscrit du Pentateuque du IXè ou Xè siècles au British Museum à Londres, une copie des Prophètes (IXè siècle) au Caire et un Manuscrit de tout l'Ancien Testament du Xè ou XIè siècles qui se trouve à Léningrad. Le plus ancien manuscrit de tout l'Ancien Testament (Xè siècle) a malheureusement brûlé à Alep (Syrie) en 1950.

Le texte des manuscrits hébraïques est appelé " massorétique ". Il a été fixé et copié par des rabbins juifs, les Massorètes, à partir du VIIè siècle. Ce sont ces savants qui ont ajouté les voyelles à l'écriture hébraïque (voir 2ème étude, p. 5). Grâce au soin avec lequel ils ont veillé à la préservation du texte biblique, nous pouvons faire confiance au texte massorétique de la Bible.

Un autre texte hébraïque du Pentateuque est celui des Samaritains (voir étude 6). Les Samaritains reconnaissent l'autorité du Pentateuque quand ils se sont séparés des Juifs au Vè siècle avant Jésus-Christ. C'est donc indépendamment des Juifs qu'ils ont recopié le Pentateuque. Les copies samaritaines du Pentateuque (dont l'une pourrait dater du 1er siècle) diffèrent du texte massorétique par un grand nombre de variantes, mais qui ne portent en général que sur des détails sans importance.

Les versions de l'Ancien Testament

Le texte hébreu de l'Ancien Testament a été traduit en d'autres langues dès le IIIème siècle avant Jésus-Christ (version grecque des Septante). D'autres traductions en grec, en latin, en araméen, en syriaque, en copte ont été faites avant Jésus-Christ ou dans les premiers temps de l'ère chrétienne. Nous possédons un grand nombre de manuscrits complets ou fragmentaires de ces différentes versions. Les plus anciens sont deux fragments de papyrus grecs contenant quelques versets du Deutéronome. Le Codex Vaticanus (manuscrit de toute la Bible du IVè siècle de notre ère) et le Codex Sinaïticus (même époque) sont les plus anciens manuscrits de tout l'Ancien Testament des Septante (comportant cependant des lacunes).

L'intérêt de ces versions, c'est qu'elles nous permettent de retrouver à quelques détails près le texte hébreu dont se sont servir les traducteurs. Elles constituent donc un autre moyen de remonter vers le texte original.

C'est particulièrement vrai de la version des Septante non seulement parce qu'elle est très ancienne, mais aussi à cause de l'autorité qu'elle a acquise dans le Judaïsme hellénistique. La plupart des citations de l'Ancien Testament dans le Nouveau sont d'après les Septante.

D'autres citations de l'Ancien Testament suivent des traductions araméennes, les Targums (traductions accompagnées de commentaires).

Le souci de retrouver le texte original de la Bible n'est pas nouveau. L'immense travail du théologien grec Origène au IIIème siècle en est témoin. Dans ses " Hexaples ", il a disposé en six colonnes parallèles :
1 /le texte hébreu de l'Ancien Testament
2/le texte hébreu en caractères grecs,
3/la version d'Aquila (traduction littérale du IIème siècle de notre ère),
4/la version de Symmachus (autre traduction en grec de l'an 200 environ),
5/la version des Septante,
6/la version de Théodotion (début du IIIème siècle).

Il était ainsi possible de comparer quatre versions grecques avec l'original hébreu.

Parmi les autres traductions de l'Ancien Testament, la plus connue est celle qui a été faite par Jérôme en latin (début du Vè siècle). c'est la Vulgate, qui remplaçait d'anciennes versions latines et qui est devenue la version officielle du catholicisme.

Les Manuscrits du Nouveau Testament

Nous sommes beaucoup plus riches en manuscrits anciens pour le Nouveau que pour l'Ancien Testament. Les plus anciens manuscrits connus sont sur papyrus. Malheureusement, il n'en reste que des fragments, dont certains remontent au IIè siècle. L'un d'eux contenant quelques versets de l'Evangile de Jean, a été découvert en Egypte. D'autres papyri (pluriel de papyrus) des IIè et IIIè siècles, en forme de codex (c'est-à-dire de livres), contiennent une grande partie du Nouveau Testament, soit les Evangiles et les Actes, soit les Epîtres de Paul. Il ne faut pas oublier que si les livres du Nouveau Testament ont été écrits dès le Ier siècle, le Nouveau Testament complet ne s'est formé que progressivement (voir 9è étude). A une époque où les chrétiens étaient persécutés, les livres du Nouveau Testament circulaient davantage sous forme de brochures, de recueils de quelques livres, hâtivement recopiés sur papyrus, que sous forme de beaux livres soigneusement copiés. De nombreux papyri du Nouveau Testament ont été détruits par la persécution.

A partir de la conversion de l'empereur Constantin (début du IVè siècle), qui a marqué la fin des persécutions, les chrétiens ont pu copier et répandre le Nouveau Testament ouvertement. C'est l'époque des grands manuscrits sur parchemin, quelquefois appelés " onciaux " parce qu'écrits en majuscules (onciales).

Le plus ancien est sans doute le Codex Vaticanus qui se trouve à la bibliothèque du Vatican. Il remonte au début du IVè siècle.

Le Codex Sinaïticus est de la même époque. Il a été trouvé par hasard dans une corbeille à papiers du monastère du Mont Sinaï en 1859. Après avoir été donné par les moines du Sinaï au Tsar de Russie, il a été acheté par le gouvernement britannique et se trouve au British Museum.

Du Vè siècle, on connaît le Codex Alexandrinus et le Codex Ephraemi. Ce dernier, qui se trouve à Paris, est un " palimpseste ", c'est-à-dire, un livre dont l'original (le Nouveau Testament) a été effacé pour qu'on le remplace par un autre texte (ici les sermons de St Ephrem, au XIIè siècle). Des procédés chimiques permettent de faire ressortir le texte original.

Un manuscrit du VIè siècle, le Codex Bezae (il a été donné à Théodore de Bèze au XVIè siècle) est jugé important (bien que ne comprenant que les Evangiles et les Actes). Il est écrit en parallèle avec une ancienne traduction latine. Il représente une tradition textuelle différente des autres grands manuscrits. Alors que les autres sont d'origine orientale (Egypte, Syrie, ou Grèce), celui-ci est occidental (latin). Il y a d'assez nombreuses différences mineures entre le texte occidental et les manuscrits orientaux.

Il existe encore d'autres " onciaux " plus tardifs. Après le IXè siècle, on a abandonné l'écriture onciale pour écrire en cursive, minuscules. Mais les manuscrits de cette époque sont d'un moindre intérêt.

Nous avons donc des manuscrits de tout le Nouveau Testaments remontant au IVè siècle - un peu plus de deux siècles après la rédaction des livres. Cela peut nous sembler beaucoup. En fait, c'est peu ; surtout que des papyri encore plus anciens (dès le IIè siècle) permettent de faire des comparaisons pour un grand nombre de passages.

Si on compare avec les manuscrits des grands auteurs classiques grecs et latins, on est surpris de voir l'ancienneté des manuscrits du Nouveau Testament. Les manuscrits les plus anciens d'Hérodote et de Platon sont du Xè siècle ; celui d'Eschyle, du XIè siècle. Virgile a un seul manuscrit du Vè siècle (alors qu'il a vécu au Ier siècle avant Jésus-Christ).

Les versions du Nouveau Testament

Le christianisme s'est rapidement répandu dans tout l'empire romain. Très tôt, le besoin de traductions du Nouveau Testament pour les chrétiens d'Egypte, de Syrie ou d'Italie ou de Gaule, s'est fait sentir. On ne sait pas exactement quand ces traductions en Copte (Egypte), en Syriaque et en Latin ont été faites. Mais on possède des manuscrits du Nouveau Testament copte du IVè siècle et des manuscrits de la version syriaque du Vè siècle. Il existe des manuscrits latins des IV et Vè siècles. Mais nous avons aussi des citations du Nouveau Testament chez des auteurs chrétiens de langue latine dès le IIè siècle. De telles citations nous aident à connaître le texte de cette époque pour tel ou tel passage. Bien entendu, on trouve aussi de telles citations chez les auteurs chrétiens de langue grecque.

Le texte du Nouveau Testament

A l'aide de ces différents manuscrits et des versions anciennes, les savants s'efforcent d'établir un texte du Nouveau Testament aussi proche que possible à l'original. En comparant différents manuscrits, on peut arriver à éliminer la plupart des erreurs de copies qui ont pu se produire.

Les premières éditions modernes du Nouveau Testament grec datent du début du XVIè siècle. En 1514, un cardinal espagnol Jimenez a publié une Bible polyglotte (en plusieurs langues) comprenant le Nouveau Testament en grec. Deux ans plus tard, Erasme publiait une autre édition du Nouveau Testament grec en Suisse, d'après les manuscrits qu'il connaissait (mais qui ne dataient malheureusement que du XIIè siècle). C'est d'après le texte d'Erasme que le Nouveau Testament a été traduit dans la plupart des langues de l'Europe moderne pendant plusieurs siècles (on l'appelle le Textus Receptus).

A partir du XIXè siècle, une meilleure connaissance des manuscrits anciens a permis de réviser le texte d'Erasme et d'établir un texte du Nouveau Testament sur lequel on peut fonder une traduction sûre. On peut hésiter encore pour certains versets, mais on est arrivé à une certitude très grande pour la quasi-totalité du Nouveau Testament.

Les variantes du texte biblique

Lorsque deux copies du texte de la Bible comportent des différences, on est obligé de se demander laquelle correspond à l'original. Très souvent, l'accord de la grande majorité des manuscrits sur une version du texte permet d'éliminer toute hésitation. Ici et là cependant, il reste des variantes entre lesquelles il faut choisir. C'est ce qui explique que certaines éditions du Nouveau Testament comportent des notes en bas de page disant. " D'autres études (ou d'autres témoins) lisent... " ou simplement. " Variante :... ".

La plupart de ces variantes portent sur des points de détails. Il s'agit parfois de noms propres inconnus des copistes ; par exemple : Marc 5:1. Les meilleurs manuscrits ont. " le pays des Géraséniens " ; mais d'autres lisent. " des Gadaréniens " ou des " Gergéséniens ".

Ailleurs, c'est peut-être une seule lettre qui change d'un manuscrit 'a l'autre, mais cela peut suffire à modifier un mot ou changer le temps d'un verbe. Exemple : Romains 5 :1, on peut lire " nous avons la paix avec Dieu " ou " ayons la paix avec Dieu ".

Dans certains cas, un ou plusieurs mots qui se trouvent dans plusieurs manuscrits n'apparaissent pas dans d'autres. Ainsi, dans Ephésiens 1 :1, les " à Ephèse " manquent dans certains manuscrits.

Ce peut-être une phrase entière ou même un passage entier qui ne se trouve que dans une partie des manuscrits. Exemples. Luc 9:55-56, les mots venant après "et les réprimanda ", de " disant : Vous ne savez de quel esprit... " jusqu'à "...mais pour les sauver ", ne se trouvent pas dans la plupart des manuscrits anciens. La fin de l'Evangile de Marc (16:9 à 20) manque dans les deux plus anciens manuscrits (Vaticanus et Sinaïticus) et chez certains auteurs anciens, mais se trouve dans d'autres manuscrits de valeur et chez d'autres auteurs qui citent ce passage. Quelques manuscrits (surtout des traductions) ont encore une autre fin plus courte à l'Evangile de Marc.

De telles variantes peuvent étonner et même inquiéter certains chrétiens. Mais elles existent. Il vaut mieux le savoir. Il a plu à Dieu de se servir des hommes pour transmettre sa Parole. Il ne l'a pas fait tomber du ciel toute rédigée. Mais c'est précisément au milieu des vicissitudes de l'histoire (persécutions, guerres, divisions de l'Eglise) que se manifeste la fidélité de Dieu. Nous pouvons nous émerveiller et rendre grâces à Dieu de ce que le texte de la Bible soit venu jusqu'à nous sous une forme aussi complète et sure.

Les passages qui comportent plusieurs variantes entre lesquelles on peut hésiter (sans parler des différences d'orthographe ou de détails grammaticaux) ne mettent en question aucun enseignement fondamental de l'Evangile. Mais il est évident qu'il ne serait pas prudent d'appuyer une conviction doctrinale ou morale sur un passage qui n'est pas suffisamment attesté par les manuscrits.

La Bible au long des siècles

Pendant le Moyen-Age, la Bible a continué à être recopiée à la main principalement dans les monastères (le plus souvent dans la version de Jérôme, la Vulgate). On en faisait des copies très belles, mais très coûteuse. Elle était hors de portée de la majorité des fidèles, à cause de son prix, parce qu'elle n'existait généralement en latin (rarement en grec), parce que l'Eglise de l'époque ne souhaitait pas la mettre entre toutes les mains, enfin parce qu'une grande partie du peuple ne savait pas lire.

La Renaissance a amené un regain d'intérêt pour les langues anciennes (grec et hébreu). L'invention de l'imprimerie a grandement facilité la diffusion des livres. La Réforme a remis la Bible au centre de la foi et de la vie des chrétiens et des Eglises. Si le premier livre imprimé par Gutemberg a été une Bible latine, des traductions de la Bible dans la langue du peuple n'ont pas tardé à apparaître : Nouveau Testament de Lefèvre d'Etaples et Bible d'Olivetan en français, traduction de Luther en allemand, traduction de Wycliffe, puis de Tyndale et enfin version du roi Jacques (autorisée) en anglais. La diffusion de la Bible a ensuite connu des hauts et des bas, souffrant en période de léthargie et de tiédeur des Eglises, progressant en période de réveil. La création des sociétés bibliques, accompagnant les réveils surtout au XIXè siècle et le grand mouvement missionnaire moderne, a beaucoup fait pour répandre la Bible dans le monde entier et la mettre à la portée du plus grand nombre.

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