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L'unité des Églises

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Type : Enseignement
Thème : L'Eglise
Source : Lueur   
Publié sur Lueur le
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Jean 17. La prière que l'on appelle "sacerdotale", c'est une prière d'intercession de Christ, le souverain sacrificateur, le grand prêtre de la Nouvelle Alliance, qui prie en notre faveur, en faveur de son Église :

" 1 Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel, et dit : Père, l'heure est venue ! Glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie . 2 selon que tu lui as donné pouvoir sur toute chair, afin qu'il accorde la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. 3 Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. 4 Je t'ai glorifié sur la terre, j'ai achevé l'oeuvre que tu m'as donnée à faire. 5 Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût. 6 J'ai fait connaître ton nom aux hommes que tu m'as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés; et ils ont gardé ta parole. 7 Maintenant ils ont connu que tout ce que tu m'as donné vient de toi. 8 Car je leur ai donné les paroles que tu m'as données; et ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m'as envoyé. 9 C'est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés, parce qu'ils sont à toi; 10 et tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi; -et je suis glorifié en eux.
11 Je ne suis plus dans le monde, et ils sont dans le monde, et je vais à toi. Père saint, garde en ton nom ceux que tu m'as donnés, afin qu'ils soient un comme nous. 12 Lorsque j'étais avec eux dans le monde, je les gardais en ton nom. J'ai gardé ceux que tu m'as donnés, et aucun d'eux ne s'est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l'Écriture fût accomplie. 13 Et maintenant je vais à toi, et je dis ces choses dans le monde, afin qu'ils aient en eux ma joie parfaite. 14 Je leur ai donné ta parole; et le monde les a haïs, parce qu'ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. 15 Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal. 16 Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. 17 Sanctifie-les par ta vérité: ta parole est la vérité. 18 Comme tu m'as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde. 19 Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'eux aussi soient sanctifiés par la vérité. 20 Ce n'est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, 21 afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé. 22 Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un, 23 moi en eux, et toi en moi, afin qu'ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. 24 Père, je veux que là où je suis ceux que tu m'as donnés soient aussi avec moi, afin qu'ils voient ma gloire, la gloire que tu m'as donnée, parce que tu m'as aimé avant la fondation du monde. 25 Père juste, le monde ne t'a point connu; mais moi je t'ai connu, et ceux-ci ont connu que tu m'as envoyé. 26 Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux, et que je sois en eux. "

Une prière de Jésus dont l'exaucement dépend, en fait, en grande parie de nous. De nous collectivement, et de chacun de nous, en particulier. Je vais parler de l'unité des Églises. C'est un problème actuel ; nous, nous avons à rechercher ce qui glorifie le Seigneur et nous comprenons bien qu'il s'agit d'une unité spirituelle plus que d'une unité organique. Quand nous lisons les lettres aux sept Églises dans l'Apocalypse ou les lettres adressées par Paul aux différentes Églises avec lesquelles il est en relation, nous nous rendons compte qu'il y a des contextes différents, mais il y a des troncs communs et c'est cela qui est l'essentiel. Dieu veut qu'il y ait une unité spirituelle; nous sommes là avec nos différences ; il y a des différences culturelles : si vous allez à un culte en Afrique vous serez saisis, parce que c'est tout à fait différent de l'atmosphère de ce que nous pouvons vivre ici dans notre pays, mais l'essentiel est qu'il monte vers le Seigneur une adoration vraie, sincère, et qu'aussi le peuple de Dieu se mette à l'écoute de la Parole de l'Éternel.
Pourquoi y-a-t-il des divisions? En fait, si toutes les Églises, tous les chrétiens, pratiquaient ce que Dieu a donné, a indiqué dans sa parole, on en arriverait à un consensus qui résulte de ce que la Parole de Dieu nous dit. Un jour un homme est venu vers nous, nous demandant le baptême; et il nous a raconté qu'il était protestant et avait tout jeté par dessus bord; il a ensuite retrouvé la Bible de sa jeunesse, il s'est mis à la lire, et il a découvert là la repentance, la conversion à Jésus, la Nouvelle Naissance et le baptême. Maintenant il désirait être baptisé. Cet homme, personne ne lui a rien dit, personne; il a lu la Bible tout seul et il en est arrivé à la conclusion qu'il lui fallait se repentir, se convertir, naître de nouveau, être baptisé d'eau; bref, tout cela il l'avait découvert et si on donnait une Bible à quelqu'un assoiffé de Dieu, il découvrirait les mêmes vérités. Si on ôte toute idée préconçue, toute tradition d'hommes ou d'Église on en revient au point de départ de la Parole du Seigneur. Et alors les croyants ayant cette foi personnelle, individuelle, se rassemblent et forment une communauté locale. Les communautés locale, je le répète, ne sont pas toujours sur le même moule; il y a des pratiques qui sont légèrement différentes, mais l'important, c'est que nous soyons unis dans l'amour de notre Seigneur. Il n'y a qu'une tête, qu'un chef qui a été donné à l'Église, c'est Jésus-Christ. Plus nous sommes attachés au Seigneur Jésus, plus aussi, nous sommes insérés dans son Église.

Alors pourquoi y a-t-il tant de divisions? C'est simple: c'est parce que il y a des doctrines étrangères qui se sont glissées dans les Églises dès premiers temps et cela n'a pas tellement tardé parce que l'apôtre Jean déjà et les apôtres Jude et Pierre, dénoncent des erreurs doctrinales et plus le temps s'est écoulé plus ces erreurs se sont introduites. Dans le petit livre du Pasteur Marsault, il y a à la fin, entre autres, un tableau des principales nouveautés ajoutées au christianisme et condamnées par l'Évangile. On y apprend que les gens ont commencé à prier pour les morts vers 210; les moines et les couvents on commencé vers 250; le culte des saints et des anges vers 350; le culte de la vierge vers 360; le culte des reliques au IIIème siècle; on a cru au purgatoire à partir de 450; on s'est mis à pratiquer le carême au Vè siècle; on a pratiqué les indulgences en 1300; les premières traces de la papauté apparaissent au IVe siècle et la notion officielle dans l'Église catholique date de 606; le célibat obligatoire des prêtres en 1074; la confession des péchés a commencé vers 350 et n'a été officialisée dans l'Église catholique romaine qu'en 1215; la fête de la toussaint a été établie en 835; le sacrifice de la messe a été codifié en 1545; l'usage du chapelet a commencé en 1090 et a été adopté au XIIè siècle; et puis, l'immaculée conception, la doctrine selon laquelle Marie aurait été conçue sans péchés, montre ses premières effets en 1160 et voit son adoption officielle seulement en 1854; l'infaillibilité du pape adoptée en 1870; et puis les dogmes les plus récents : l'assomption de la vierge selon laquelle Marie aurait été enlevée au ciel, n'a été adopté qu'il n'y a 51 ans en 1950; et en 1968 le dernier dogme publié : la co-rédemption de la vierge Marie; 1968 ! Marie co-rédemptrice : autrement dit, il n'y a pas un seul sauveur : il y a Jésus et il y aurait sa mère ! On croit rêver.

Bien-sûr, tout le monde n'a pas été d'accord avec cela; il y a eu des mouvements qui ont protesté contre ces erreurs; Pierre Valdo, qui au XIIè siècle a rué dans les brancards; il a fondé des communautés vaudoises du nord de l'Italie à la Suisse; au XVIè siècle, ça a été Luther, Zwingli, puis Calvin qui ont redécouvert la Parole de Dieu seule base de foi, le salut par grâce et par la foi et toutes les vérités que les réformateurs ont souligné. Évidemment on a persécuté; l'Église officielle, qui s'était installée, développée, qui s'était établit partout, avait construit des églises et des cathédrales, a persécuté ces croyants qui s'érigeaient contre ces dogmes qui n'étaient pas justes car contraires à l'Évangile, Les meneurs de la Réforme ont été mis à la porte de l'Église. Luther n'avait pas du tout envie de créer une Église luthérienne; il désirait simplement que l'Église catholique se réforme, revienne à la vérité pure; mais il fut chassé, et ainsi fut fondée la première Église protestante, l'Église luthérienne. Quelques dizaines d'années après, c'était Calvin qui publiait un livre remettant en avant la doctrine de l'Église pure; et à chaque fois que quelqu'un dans une Église redécouvrait une vérité nouvelle, il a été mis hors de l'Église romaine. C'était le cas pour les baptistes, partisans du baptême des croyants confessants par immersion, qui au tout début du XVIIè siècle ont été exclus de l'Église anglicane. Dans la même Église anglicane au XVIIIè siècle, il y a eu John Wesley, un Pasteur plein de feu qui a mis en avant la doctrine de la sanctification, et lui aussi fut expulsé de l'Église anglicane. C'est de là que naquit le mouvement des Églises méthodistes de laquelle est née l'Armée de Salut. Et puis au début du XXè siècle, eut lieu la redécouverte au Pays de Galles et aux USA du baptême par le Saint-Esprit; on n'a pas voulu des croyants qui affirmaient ces vérités qui étaient pourtant foncièrement bibliques; on les a mis à la porte et cela fut le début des Églises Pentecôtistes.

Pourquoi tant d'erreurs? Tout simplement parce que le Diable n'aime pas la vérité, il est contre la vérité; alors il sème des doctrines d'erreur, il sème de l'ivraie au milieu du bon grain; et le diable, diabolos en grec, veut dire diviseur. Contre toutes ces divisions d'Églises, il y a l'obéissance qui doit être la nôtre, de prier pour que l'Église du Seigneur soit une. La pensée de l'unité des Église est apparue déjà en 1910 à une conférence missionnaire qui regroupait des Anglicans, des Protestants et même des Orthodoxes. Les catholiques ne se sont pas mêlés à cela. C'était la première pensée active d'une unité d'Église. En 1925, la nouvelle conférence missionnaire a fait avancer les choses et en 1948--il y eut l'interruption de la guerre--a été fondé le Conseil Œcuménique des Églises (COE), qui groupait des Églises Protestantes et des Églises Orthodoxes; et les catholiques romains étaient encore en dehors de tout cela. Mais avec le temps l'Église catholique s'aperçue qu'elle avait besoin d'un argiormento, d'une mise à jour, ils ont signifié que le Protestants n'étaient plus des hérétiques mais seulement des frères séparés et ils ont décidé qu'il fallait rechercher l'unité des chrétiens telle que le Seigneur Jésus la veut, par les moyens qu'il veut et surtout sous le pontificat de Jean XXIII, il y eut un vrai renouveau; à peine installé il a convoqué un concile au cours duquel les évêques devaient se pencher essentiellement sur la question de l'unité des Églises. Depuis, se sont établis des dialogues inter-Églises pour apprendre à mieux se connaître.

J'ouvre une parenthèse : quand j'étais Pasteur dans le nord de la France, quand nous faisions des séries d'évangélisation (en ce temps-là les gens n'avaient pas la TV et sortaient volontiers), nous commencions les séries de réunions le mardi et nous commencions à distribuer les invitations seulement le dimanche après-midi de telle sorte que les prêtres n'aient pas le temps d'être avertis et ne puissent pas dire du haut de leur chaire : n'allez pas là-bas ! Nous avons aussi connu des moments épiques; par exemple, une tente d'évangélisation avait été dressée dans un quartier; le prêtre est venu et a hurlé : " Sortez de là ! Ce sont des hérétiques! ". Les choses ont changé depuis, mais ce n'est pas pour autant que tout est parfait... Mais quand même nous devons accepter le dialogue : ils ont besoin de nous connaître. Quand je suis arrivé à La Rochelle, je suis d'abord allé voir les Pasteurs pour régler diverses choses. Je suis allé voir aussi le prêtre délégué à l'oecuménisme. Et je suis allé voir l'évêque. Il m'a avoué son ignorance et m'a demandé de lui expliquer ce qu'étaient nos Églises et comment elles fonctionnaient. Il a pris des notes et a bien écouté ce que j'ai dit. Quand il a vu que j'avais terminé, il m'a dit : " C'est très bien. On ne peut pas se quitter sans réciter le Notre Père ensemble ". En me raccompagnant il m'a montré la porte d'honneur que je devrais emprunter si je revenais. Les choses ont changé. Cet évêque de La Rochelle était très en vue, car on lui a donné dans l'épiscopat une tâche très difficile : celle de remplacer Mgr Gaillot à Évreux ! Voilà quelqu'un qui ne nous connaissaient pas, qui ne connaissait ni la doctrine ni le fonctionnement des Églises évangéliques.

Nous devons prier pour l'unité des chrétiens dans la foi; l'unité des Églises est une autre affaire. Prier pour l'unité des chrétiens ce n'est pas facile. Le pape actuel n'a pas suivi ses devanciers, en particulier Jean XXIII. Il y a un grand retour en arrière. Et en septembre dernier, le responsable de la congrégation de la foi, le cardinal Ratzinger a publié un document, Dominus Iesus dans lequel il est dit en toutes lettres que l' Église catholique est l'unique détentrice de la révélation; il y a donc là un retour en arrière qui a fait bondir les Protestants et les Anglicans, car ce texte laisse entendre que les autres Églises sont des sous-Églises ( des " communautés ecclésiales " sic); la seule vraie église est l'Église catholique romaine; beaucoup de voix se sont élevées contre cette déclaration confirmée par le pape. Il s'agit d'une marche arrière absolument incompréhensible. C'est pour dire les limites de l'oecuménisme. Nous, nous disons : " Il y a quelque chose à faire " mais il y a des limites.

Quels sont les fondements bibliques concernant l'unité des chrétiens ? Tout d'abord ce que nous disent les évangiles. Particulièrement en Jean 11.52 : " Jésus est mort pour réunir en un seul corps les enfants de Dieu dispersés ". Quand Paul écrit aux Corinthiens ( 1 Co 10.12 ) : " De même qu'il y a un seul pain, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps ". Dans le Nouveau Testament, il y a deux notions : la première, c'est l'Église universelle; quand Pierre dit à Jésus : " Tu es le fils du Dieu vivant "Jésus lui répond : " Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église ". La pierre dont il est question, ce n'est pas Pierre lui-même, c'est la déclaration de foi que vient de faire l'apôtre; l'Église n'est pas bâtie sur Pierre, elle est bâtie sur Jésus. Mais elle se bâtit avec ceux qui déclarent que Jésus est le fils de Dieu, que Jésus est le seul Seigneur. Il y a l'Église universelle (je bâtirai mon Église); et puis quand il est question des querelles entre croyants il y a un processus que Jésus enseigne : si ton frère a péché contre toi, parle lui en seul; s'il ne veut pas t'écouter prend deux ou trois témoins; et s'il ne veut toujours pas écouter, dis-le à l'Église; ici il ne peut matériellement pas être l'Église universelle, il s'agit de l'Église locale. L'Église universelle est composée des croyants qui sont convertis, qui sont nés de nouveau; c'est une Église qui est invisible, car elle est si vaste qu'on ne peut la saisir des yeux; et puis aussi, l'Église se compose de ceux qui nous ont devancé dans la foi, à travers les siècles, qui ont cru au Seigneur Jésus comme sauveur et Seigneur. Cette Église est une dans sa diversité : Jésus a dit qu'il y a un seul troupeau et un seul berger; le berger c'est Lui, le troupeau c'est nous; il n'y a pas plusieurs troupeaux, il n'y a qu'un seul troupeau.

Quand Paul écrit aux Églises, par exemple aux Galates, sa lettre est adressée à tous les croyants, à toutes les Églises qui sont en Galatie. Paul parle aussi des Églises qui sont en Asie; et il y a la lettre aux sept Églises de l'Apocalypse : il s'agit donc bien des Églises locales. La prière a pour but que tous les croyants se sentent en unité spirituelle en Jésus. Nous sommes donc conscients que ce qui nous unit est plus fort que ce qui peut nous séparer. Nous avons nos différences et spécificités; mais ce sont ces différences là qui nous enrichissent. On ne peut se suffire soi-même, mais je suis toujours réjoui et encouragé par la présence de mes frères et mes soeurs, leurs chants, leur ferveur, leur amour pour Jésus, leurs prières; cela me fait du bien, j'en ai besoin moi aussi. Nous sommes là pour être complémentaires les uns à l'égard des autres, pour être baptisés dans le Saint-Esprit pour former un seul corps comme dit Paul :

" Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit " (1 Co 12.13)

Quand nous avons lu cette magnifique, cette splendide --les mots ne sont pas assez riches-- prière de Jésus, qui monte vers le Père alors que Jésus vient de terminer son discours d'adieu, avant l'arrestation et la croix, cette prière de notre Seigneur elle est résumée dans les versets 21 à 23 :

" 21 afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé. 22 Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un, -23 moi en eux, et toi en moi, -afin qu'ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. "

Le Seigneur désire pour son peuple une unité parfaite. C'est une unité spirituelle, qui va au-delà des Églises et qui s'adresse à tous : juifs, incirconcis, gentils etc. Alors cette unité, nous devons la vivre dans nos églises locales. Paul écrit à l'Église de Corinthe pour prêcher l'unité car il y avait des partis se réclamant de Paul, Pierre ou Jacques, et prêche l'unité; Paul écrit à l'Église de Philippe, Église remplie de joie et d'amour fraternel; mais deux soeurs étaient en conflit; Paul écrit afin qu'elles se réconcilient. Il faut donc d'abord lutter pour l'unité dans nos Églises locales, et puis dans l'Église corps de Christ. Pourquoi devons nous prier pour l'unité ? Afin que le monde croit. Nos désunions sont un véritable désaveu de Christ par les Églises; donc prions pour qu'il y ait un monde fraternel et Jésus dit : " 35 A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres. ".

Notre unité nous avons à la vivre et non pas à la recevoir, parce que cette unité nous est donnée dans la personne et le sacrifice de Jésus. Jetons un regard dans l'épître aux Éphésiens, au chapitre 4 :

" 1 Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d'une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, 2 en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité, 3 vous efforçant de conserver l'unité de l'esprit par le lien de la paix. "

S'il s'agit de conserver, c'est que cette unité nous est donnée en Christ; nous, notre part c'est de la conserver. Paul ajoute ici

" 4.4 Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation; 4.5 il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, 4.6 un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous. "

Vous voyez cette insistance de Paul pour dire : il y a un seul Dieu.

Le Seigneur veut que le monde croit, pour que nous présentions un visage non pas désuni, mais un visage uni. Je ne suis pas contre les catholiques; je ne suis certes pas du tout d'accord avec le catholicisme et les erreurs qu'il propage. Mais nous ne devons pas nous tromper d'adversaire; nous avons à vivre dans l'amour, et ces gens aussi en ont besoin; si nous allons vers eux avec un esprit de controverse ils ne vont pas se sentir aimés; mais nous si les aimons, si nous leur disons que nous ne sommes pas d'accord avec eux avec respect, ils comprendront, ils nous respecteront. J'étais un jour amené à participer à une rencontre; et une prière devait être prononcée, et dans cette prière, je ne retrouvais absolument pas l'Évangile; j'ai dit au Pasteur réformé et aux catholiques présents que je ne pouvais pas souscrire à cette prière; il m'ont dit que j'avais raison, que ma réaction les interpellaient, et qu'ils devaient respecter ma réticence. Nous avons à être fermes dans la doctrine, manifester notre amour envers ceux avec lesquels nous ne sommes pas d'accord, leur faire comprendre que nous les aimons avec leurs points de divergence de foi, que nous prions pour eux, que nous désirons aussi qu'ils parviennent à la connaissance révélée par le Seigneur. Donc, cette unité, nous n'avons pas à la fabriquer, mais nous avons à la vivre; elle nous est donnée en Christ. Et maintenant, nous avons à marcher, à marcher dans l'amour, dans la sanctification, à marcher dans la sainte doctrine.

Jésus, lui-même, a fixé des limites à cette unité; Bien-sûr nous ne pouvons être en communion avec ceux qui professent des dogmes contraires à la sainte doctrine.

Nous avons à prier pour que les croyants sachent se rencontrer, sachent témoigner; c'est un enrichissement, et nous avons connu des personnes qui ont découvert jésus. Je me souviens de ce jeune professeur de maths et son épouse institutrice d'école libre, très engagés dans leur Église catholique; nous avons parlé avec eux, non de nos désaccords, mais nous avons dit ce que nous vivions; et un jour ils se sont convertis. Nous avons donc à accepter le dialogue, même le provoquer si c'est possible et puis faire comprendre à ces amis catholiques que nous sommes un dans ce qui est commun : Jésus-Christ Seigneur, Jésus-Christ crucifié et ressuscité pour nous, Jésus Christ qui revient; et nous devons être de ceux dont parle l'apôtre Pierre, ceux qui vont être l'objet d'interrogations; Pierre parle de l'espérance. Tu n'es pas comme les autres, tu as quelque chose de plus, explique moi cela ... c'est ainsi que la conversion va être provoquée. Ne pas polémiquer, ne pas discuter. Quand nous découvrons ce qui est commun, essayons de vivre des rencontres, toujours enrichissantes; rappelons nous que Jésus a prié. Alors ne rejetons pas l'oecuménisme, cultivons ce qui est utile, ce qui peut être constructif, notre témoignage ne portera peut-être pas tout de suite, mais plus tard il fructifiera. Nous sommes étonnés de voir comment Dieu peut agir. Il y a des personnes qui ont été évangélisées longtemps, longtemps, et qui viennent à la foi. À Poitiers nous avons connu une jeune femme dès son enfance et qui a voulu vivre sa vie et qui l'a vécu. Mais elle est revenue au Seigneur et nous sommes heureux de savoir qu'elle reçoit aujourd'hui le baptême des croyants. Cela faisait des années et des années que nous attendions cela. C'est une petite parenthèse qui sort de notre développement mais qui montre que le Seigneur nous encourage à aimer tous les hommes, à chercher à les comprendre, à les entourer, à prier pour eux, et puisse le Seigneur agir !

Amen!

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