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Galates 5:13-26 (Annotée Neuchâtel)

   13 Frères, vous avez été appelés à la liberté ; seulement, ne faites pas de cette liberté un prétexte de vivre selon la chair ; mais soumettez-vous les uns aux autres par la charité. 14 Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. 15 Mais si vous vous mordez et vous mangez les uns les autres, prenez garde que vous ne soyez détruits les uns par les autres. 16 Je dis donc : Marchez par l'Esprit, et vous n'accomplirez point les désirs de la chair ; 17 car la chair a des désirs contraires à ceux de l'Esprit, et l'Esprit en a de contraires à ceux de la chair, et ces deux choses sont opposées l'une à l'autre ; afin que vous ne fassiez point les choses que vous voudriez. 18 Que si vous êtes conduits par l'Esprit, vous n'êtes point sous la loi. 19 Or les oeuvres de la chair sont manifestes, savoir : l'impudicité, l'impureté, la dissolution, 20 l'idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, 21 les envies, les meurtres, l'ivrognerie, les débauches, et les choses semblables à celles-là, dont je vous prédis, comme je vous l'ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n'hériteront point le royaume de Dieu. 22 Mais le fruit de l'Esprit, c'est la charité, la joie, la paix, la patience, la douceur, la bonté, la fidélité, la bénignité, la tempérance. 23 Contre ces choses-là, il n'y a point de loi. 24 Or ceux qui sont à Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. 25 Si nous vivons par l'Esprit, marchons aussi selon l'Esprit. 26 Ne recherchons point la vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres, et en nous portant envie les uns aux autres.

Notes de la Bible Annotée Neuchâtel


Galates 5
  • 5.13 Frères, vous avez été appelés à la liberté ; seulement, ne faites pas de cette liberté un prétexte de vivre selon la chair ; mais soumettez-vous les uns aux autres par la charité. 13 à 26 Exhortation à ne pas abuser de la liberté chrétienne. Cette liberté consiste à vivre, non selon la chair, mais selon l'Esprit, dans la charité.
    Jusqu'ici, l'apôtre a combattu la loi comme moyen de salut, et prêché la liberté par la grâce ; maintenant (jusqu'à Galates 6.10) il prêche la loi et combat la fausse liberté.
    Mais il s'agit de la loi accomplie par amour, (verset 14) librement, et surtout comme un fruit vivant de l'Esprit de Dieu dans le croyant. (verset 22 et suivants)
    Une telle conclusion : Vous êtes libres, soumettez-vous les uns aux autres (et avant tout à Dieu), une telle conclusion appartient exclusivement à l'esprit de l'Evangile ; le monde ne la soupçonne point et ne la comprend point. Un seul mot l'explique : la charité.
    Le chrétien est libre, car il sait que son Sauveur l'a affranchi le la servitude du péché, de la loi, de la mort, et lui a rendu tous ses privilèges d'enfant de Dieu ; mais le chrétien est esclave, parce qu'il reconnaît qu'il n'y a point pour l'homme de destination plus glorieuse que de servir par amour et son Dieu et ses frères. (Comparer Romains 6.16-23, notes.)
    La liberté chrétienne ne consiste donc pas à faire sa propre volonté (ce qui serait, à des degrés divers, vivre selon la chair), mais à pouvoir y renoncer par amour pour Dieu et pour ses enfants. (Comparer 1Corinthiens 8)
    - L'apôtre, en insistant avec tant de sérieux sur ces principes, dans la partie de sa lettre qui va suivre, savait bien qu'ils étaient connus de ses lecteurs, de ceux en particulier qui n'étaient point tombés dans l'erreur jusqu'ici combattue. Mais il savait aussi que, tant que le vieil homme existe chez le chrétien, celui-ci court le danger de se relâcher dans sa foi, et, par suite, dans sa vie.
    Cette foi, d'abord vivante au sein d'une Eglise, devient avec le temps une froide orthodoxie, trop faible pour opposer une digue à la puissance de la chair, et alors la liberté spirituelle se transforme par degrés en une liberté charnelle et mondaine.
    C'est pourquoi ces parties toutes pratiques et si sérieuses des épîtres et de l'Evangile entier ne sont pas moins indispensables à l'Eglise de Dieu dans tous les temps que les parties qui nous révèlent la doctrine. La vérité est la vie, voilà ce que la prédication ne doit jamais séparer.
  • 5.14 Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Et telle est la seule vraie observation de la loi. (Voir même pensée plus développée dans Romains 13.8-10)
    - Par cette citation de la loi dans ce qui en est l'âme et la vie, aimer, l'apôtre atteignait à la fois ceux qui étaient dans la liberté par l'Evangile, et ceux qui s'attachaient aux observances de la loi. Aux uns il disait : cette loi spirituelle, expression de la sainte volonté de Dieu, n'est pas abolie, elle subsiste éternellement ; aux autres il rappelait qu'ils ne l'accompliraient jamais par rien d'extérieur, mais par le cœur, auquel Dieu regarde.
    - La pensée de l'apôtre est celle du Seigneur lui-même, (Matthieu 22.39) mais il ne rappelle ici qu'un côté du grand commandement de l'amour, celui qui concerne le prochain, parce que tel était le sujet de son exhortation.
  • 5.15 Mais si vous vous mordez et vous mangez les uns les autres, prenez garde que vous ne soyez détruits les uns par les autres. L'apôtre, en empruntant ces images aux mœurs des bêtes féroces, veut exprimer, avec la dernière énergie, l'odieux des mauvaises passions et le danger de voir la foi et la vie périr, lorsqu'il n'y a pas l'amour.
  • 5.18 Que si vous êtes conduits par l'Esprit, vous n'êtes point sous la loi. Voir sur cette opposition absolue, ce combat à mort entre la chair et l'esprit, Romains 7.14 et suivants, note ; Romains 8.1 et suivants, note, et sur la notion de la chair et de l'esprit, en particulier, Romains 1.4, note.
    Ces passages et les notes qui les accompagnent décideront la question qu'on s'est souvent posée, savoir si l'apôtre entend par esprit, opposé à la chair, l'Esprit de Dieu, ou l'esprit de l'homme, ou l'un et l'autre dans une vivante communion. C'est ce dernier sens qui nous paraît le vrai.
    Ceux-là sont sous la loi, dans lesquels la chair convoite contre l'esprit et l'esprit contre la chair (c'est ainsi qu'il faut traduire verset 17), de manière qu'ils ne font pas ce qu'ils veulent.
    Car, sentir cette résistance de la chair n'est point encore condamnable ; mais bien être asservi à la chair. C'est pourquoi l'apôtre n'a pas dit auparavant : (verset 16) "Marchez selon l'esprit et vous n'éprouverez aucun désir de la chair," mais bien : "vous ne les accomplirez pas."
    "Ne pas les éprouver, ce n'est plus le combat, c'est la récompense du combat ; et nous y parviendrons quand nous aurons remporté la victoire, en persévérant dans la grâce jusqu'à la fin." Augustin.
    Entre la convoitise et le péché actuel il y a des degrés marqués par Jacques 1.14,15 : d'abord, la convoitise elle-même, ensuite l'acte de la volonté qui y cède, puis l'acte extérieur du péché, et enfin son salaire, la mort.
  • 5.19 Or les œuvres de la chair sont manifestes, savoir : l'impudicité, l'impureté, la dissolution, Manifestes, évidentes pour le chrétien, en sorte qu'il ne peut pas s'y tromper. L'apôtre désigne cependant ici un grand nombre de ces œuvres, afin de les signaler à la vigilance de ses lecteurs et de les condamner. (verset 21 fin.)
    On retrouve fréquemment dans les Écritures de semblables catalogues des déplorables misères de notre humanité déchue. (Matthieu 15.19 ; Romains 1.19 et suivants ; 2Corinthiens 12.20 et suivants ; Ephésiens 5.3 et suivants ; 2Timothée 3.1 et suivants ; 3.3)
  • 5.21 les envies, les meurtres, l'ivrognerie, les débauches, et les choses semblables à celles-là, dont je vous prédis, comme je vous l'ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n'hériteront point le royaume de Dieu. Après les premiers de ces vices qui sont des actes grossiers de la chair, l'apôtre en nomme beaucoup d'autres qui, au premier abord, ne paraissent point émaner de la même source, parce qu'ils proviennent plutôt des passions de l'âme.
    Il faut conclure de là que le mot chair n'indique pas seulement les penchants et les actions de la sensualité, mais aussi les péchés qui ont leur siège dans les facultés de l'esprit.
    En effet, les vices les plus spirituels sont encore des œuvres de la chair, parce que l'homme, dans son état de chute, séparé de Dieu, est l'esclave des sens, du monde, de la nature qu'il ne peut dominer que par l'Esprit de Dieu. Le mouvement le plus caché d'égoïsme ou d'orgueil cherche au dehors son objet et nous force à reconnaître que l'esprit est asservi à la chair.
    On peut, si l'on veut, résumer tous ces péchés sous ces quatre chefs :
    1° sensualité (ici le mot adultère du texte reçu n'est pas authentique) ;
    2° superstition ;
    3° péchés inspirés par la haine ;
    4° excès dans le boire et le manger (ivrognerie et orgies ou débauches).
    - Tous ces péchés, non pardonnés par la grâce, tous ces vices, non détruits par la régénération du cœur, excluent absolument du royaume de Dieu, qui est la communion avec le Saint et le Juste.
    L'apôtre exprime cette vérité d'une manière solennelle, afin d'ôter tout prétexte, d'une part, à ceux qui professent une fausse liberté, et de l'autre, à ceux qui accusent la vraie liberté chrétienne de conduire au relâchement moral
  • 5.22 Mais le fruit de l'Esprit, c'est la charité, la joie, la paix, la patience, la douceur, la bonté, la fidélité, la bénignité, la tempérance. Par opposition aux "œuvres de la chair" (verset 19) on attendait ici le mot "œuvres de l'Esprit," mais l'apôtre dit : le fruit de l'Esprit, pour montrer ce qu'il y a d'intérieur et d'organique dans le développement de la vie nouvelle, dont la source, la racine est l'Esprit de Dieu en l'homme, et dont ces vertus chrétiennes sont les fruits. Ce mot, dans son sens figuré, est du Seigneur lui-même. (Matthieu 7.17 ; comparez Matthieu 3.8 ; Romains 6.22 ; Ephésiens 5.9 ; Philippiens 1.11)
    Ces fruits de l'Esprit sont en tout l'inverse des œuvres de la chair, sans que pourtant l'apôtre les oppose à ces dernières dans un ordre parallèle. La racine de cet arbre magnifique, chargé de si riches fruits, c'est la charité, l'amour, par où l'apôtre reprend la pensée de verset 14. C'est la charité qui produit tout le reste.
  • 5.23 Contre ces choses-là, il n'y a point de loi. Elles sont, au contraire, à l'égard du prochain, (verset 14) l'accomplissement de la loi, de cette loi qui jamais ne sera accomplie par les forces naturelles de l'homme, puisqu'elle ne fait qu'ordonner et condamner, sans jamais produire ces beaux fruits.
    D'autres traduisent : "la loi n'est point contre ces choses," ce qui revient à peu près au même. (Comparer 1Timothée 1.9)
    Par cette remarque, l'apôtre indique la vraie conciliation de la controverse qui l'occupe. Aux partisans de la loi, il montre qu'elle n'est point violée par l'Evangile ; aux hommes de la liberté par la grâce, il rappelle vivement ce qu'ils doivent être pour se trouver en harmonie avec la volonté de Dieu. (Comparer Romains 3.30)
  • 5.25 Si nous vivons par l'Esprit, marchons aussi selon l'Esprit. Ces deux versets sont la conclusion de ce qui précède. (verset 10 et suivants)
    Le vieil homme, qui produisait les œuvres de la chair, (versets 19-21) a été crucifié en ceux qui sont à Christ.
    Bien que ce crucifiement dure pendant toute notre vie terrestre, l'apôtre le considère comme un fait accompli, parce que, dans le chrétien, cette puissance de la corruption ne règne plus, (Romains 6.11-14) et qu'elle est destinée à périr entièrement.
    "S'il en est ainsi, ajoute Paul, si nous vivons par l'Esprit, marchons aussi par l'Esprit."
    Quelle est la différence de ces deux termes ? L'un indique la source, l'autre les eaux qui en découlent : si réellement l'Esprit de Dieu a créé en nous une vie nouvelle, ce n'est pas pour la renfermer en nous-mêmes par une jouissance égoïste ou par un quiétisme béat, mais afin que toute notre conduite manifeste et produise les fruits de cet Esprit ; (verset 22) qu'en un mot nous suivions ses directions dans nos pensées, nos paroles, nos œuvres. C'est ainsi que toujours l'Ecriture nous représente la grâce comme venant de Dieu seul, et l'exercice de cette grâce comme tenant en éveil la responsabilité de l'homme.
  • 5.26 Ne recherchons point la vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres, et en nous portant envie les uns aux autres. Cette exhortation particulière se rattache à celles qui ouvrent le chapitre Galates 6 ; elle n'est pas cependant sans lien avec ce qui précède : l'apôtre proscrit la vaine gloire, (Philippiens 2.3) vaine (sans fondement et sans valeur), par cela seul que l'homme veut se glorifier lui-même, au lieu de glorifier Dieu. (1Corinthiens 1.31 ; 2Corinthiens 10.17)
    La recherche de cette vaine gloire a eu toujours pour résultat que les forts provoquent les faibles au combat, aux mauvaises controverses (verset 20) et que les faibles portent envie aux forts, à ceux qui leur paraissent doués de dons plus grands.
    L'apôtre dit (grec) "Ne devenons pas amateurs de vaine gloire," ce qui suppose que le mal n'existe pas encore chez tous.
  • Galates 6

  • 6.1 Frères, si même quelqu'un est surpris en quelque chute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur ; et prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté. Chapitre 6.
    1 à 6 Répréhension fraternelle, Humilité, Aide mutuelle.
    Pour avoir ici toute la pensée de l'apôtre, il faut unir ces paroles intimement avec le dernier verset du chapitre précèdent.
    Il paraît que dans les Eglises de Galatie, comme dans celle de Corinthe, la principale cause de dissension était "la vaine gloire," par laquelle certains partis cherchaient à s'élever les uns au-dessus des autres, ce qui ne pouvait que les provoquer mutuellement à l'envie.
    Or, l'apôtre voulant réprimer ici cette funeste tendance, s'adresse surtout à ceux qui étaient restés fidèles à ses enseignements, qui n'étaient pas retombés sous le joug de la légalité, et qu'à cause de cela il appelle les spirituels. Ils professaient d'avoir reçu l'Esprit, non par la loi, mais par la prédication de la foi, (Galates 3.2) et de vivre selon l'Esprit. (Galates 5.25)
    Or, cet Esprit est un Esprit de charité : il manifeste ses fruits surtout envers les plus faibles, même envers ceux qui auraient été surpris en quelque chute, surpris brusquement par manque de vigilance. Les spirituels doivent donc redresser un homme ainsi tombé ; mais ils ne le feront bien qu'à une double condition : d'y apporter la douceur de la charité, puis de rester humbles, de prendre garde à leur propre faiblesse.
    Paul adresse cette exhortation à chacun en parlant ici au singulier. Nous ne sommes jamais plus en danger d'être tentés que lorsque nous reprenons les autres, sans veiller sur nous-mêmes. (verset 3)
  • 6.2 Portez les fardeaux les uns des autres, et accomplissez ainsi la loi de Christ. La loi de Christ est de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. (Jean 13.34)
    Or, il a porté tous nos fardeaux ; nous devons porter ceux de nos frères, en prenant part à toutes leurs épreuves spirituelles ou temporelles. C'est là la pensée de verset 1 généralisée.
  • 6.4 mais que chacun éprouve sa propre œuvre, et alors il pourra se glorifier, mais en lui-même seulement, et non par rapport à autrui ; On ne porte réellement les fardeaux des autres, (verset 2) on ne peut avoir de sympathie pour eux dans leurs épreuves et leurs faiblesses, que lorsqu'on est soi-même retenu dans l'humilité par le sentiment de ses propres misères.
    Pour ne pas se séduire soi-même en s'estimant être quelque chose, (verset 3) il faut que chacun examine son œuvre, son état religieux, sa vie, non en se comparant à d'autres, mais sous le regard de Dieu : il sera même guéri de l'orgueilleuse tentation de se glorifier envers un autre (Grec :). Ou, s'il a encore de quoi se glorifier (ironie), il gardera cette gloire pour lui seul.
    - D'autres explications données de ces paroles sont moins conformes au contexte.
  • 6.5 car chacun portera son propre fardeau. Au jour du jugement, où nul ne pourra porter les fardeaux des autres. C'est aussi un sérieux motif de ne pas se comparer à d'autres en se complaisant en soi-même. (Romains 14.12)
  • 6.6 Que celui à qui on enseigne la parole fasse part de tous ses biens à celui qui l'enseigne. La plupart des interprètes pensent que, dans ce verset, l'apôtre exhorte les troupeaux à faire part de leurs biens temporels à ceux qui les instruisent, à pourvoir à l'entretien de leurs pasteurs. Dans ce cas, il faudrait supposer que quelque circonstance particulière aux Eglises de Galatie engageait Paul à insérer ici cette exhortation, qui se trouve sans lien apparent avec l'ensemble.
    D'autres entendent cette exhortation d'une manière très différente. Ils rendent d'abord ainsi les paroles de l'apôtre : "Que celui qui est instruit dans la Parole communique (soit en communion, uni) avec celui qui l'instruit, en tous les biens" (spirituels), en toutes choses bonnes. Puis ils commentent ainsi : que les docteurs ou pasteurs ne fassent pas une caste à part, ayant des privilèges dans l'Eglise, ou même des doctrines particulières, secrètes ; mais que tous les biens de l'Evangile soient communs à tous, qu'il y ait entre tous une vraie communion.
    Cette interprétation, dont les réformateurs ne s'étaient pas même avisés, a des adhérents parmi les exégètes modernes. Estelle fondée ? Ni la grammaire ni le contexte ne tranchent la question d'une manière décisive. L'ancienne explication nous paraît la plus probable.
  • 6.7 Ne vous abusez point ; on ne se moque pas de Dieu ; car ce qu'un homme aura semé, il le moissonnera aussi ; 7 à 10 Fidélité et bienfaisance.
    Le verbe grec rendu par se moquer a une force particulière ; il signifie narguer quelqu'un en face par un mouvement dédaigneux des narines.
    Les sérieux avertissements que l'apôtre introduit par ces paroles s'adressent également aux deux partis des Eglises de Galatie : celui de la légalité et celui des "spirituels." (verset 1)
    L'un et l'autre, après avoir commencé par l'Esprit, étaient en danger de finir par la chair : (Galates 3.3) le premier, en abandonnant la grâce et la justification par la foi, pour chercher son salut dans des œuvres toujours charnelles ; le dernier, en abusant de la liberté chrétienne, en refusant d'obéir dans la charité, et ainsi en retombant par l'orgueil dans l'esclavage de la chair. (Galates 5.13)
    - Ici encore, il est difficile de voir un rapport entre ces versets versets 7-10 et ce qui précède. (verset 6) Ne vaut-il pas mieux considérer ces dernières pensées de l'épître comme des exhortations détachées, que de chercher à tout prix des rapports forcés qui n'ajoutent rien à l'intelligence des détails ?
  • 6.8 parce que celui qui sème pour sa chair, moissonnera de la chair la corruption ; mais celui qui sème pour l'Esprit, moissonnera de l'Esprit la vie éternelle. Dans le chapitre précèdent, l'apôtre a exposé au long ce profond contraste de la chair et de l'esprit. (Voir Galates 5.16-18, note, et Galates 5.22, note.)
    L'issue de l'une et de l'autre de ces deux vies, entre lesquelles l'homme doit choisir, est ici clairement déterminée : d'une part, la corruption, de l'autre la vie éternelle.
    Et l'image d'une semence et d'une moisson dont se sert l'apôtre, montre tout ce qu'il y a de naturel, d'organique, d'inévitable dans ces deux résultats qui s'offrent à l'homme comme seule alternative.
    En effet, la vie de l'Esprit, bien qu'imparfaite dans le chrétien, est dès ici-bas la vie éternelle ; et la vie de la chair est dès ici-bas la corruption : le jugement du dernier jour ne fera que manifester, compléter et fixer irrévocablement ces deux états. (Comparer Romains 6.23) C'est en montrant ainsi que l'homme moissonne nécessairement ce qu'il a semé, que l'apôtre justifie son sérieux avertissement : On ne se moque pas de Dieu. (verset 7)
    - Des passages comme celui-ci prouvent combien peu est fondée l'objection qu'on a faite si souvent à la doctrine de la justification par la foi seule, de diminuer la responsabilité de l'homme ; ils sont bien propres aussi à détruire les illusions qu'on pourrait se faire sur la nature et les fruits de la foi.
    S'il est vrai que l'apôtre enseigne clairement, dans cette épître même et partout ailleurs, que les œuvres de l'homme n'ont aucun mérite devant Dieu, ne lui procurent aucune justice, ne lui donnent droit à aucune récompense, puisque le salut est un don de la pure grâce de Dieu, acquis par le sacrifice de Christ, et reçu par la foi seule, il est vrai aussi qu'il nous montre la vie entière du chrétien, ses œuvres, comme une semence dont il moissonnera les fruits dans l'éternité, et cela dans une proportion rigoureusement exacte. (2Corinthiens 9.6)
    Cette contradiction apparente, ou plutôt ces deux faces de la même vérité, sont en harmonie comme la cause et l'effet, comme l'arbre et son fruit.
  • 6.9 Ne nous lassons point de faire le bien ; car nous moissonnerons en son temps, si nous ne nous relâchons pas. En son temps (Grec : "au temps propre") signifie au temps de la moisson, qui viendra accompagnée de joies et suivie de repos ; pour le moment, il s'agit de labourer et de semer, sans craindre les fatigues, et sans vouloir moissonner et jouir avant le temps.
    Toute cette exhortation se fonde sur le grand principe posé dans les deux versets précédents.
  • 6.10 Ainsi donc, pendant que nous en avons le temps, faisons du bien à tous ; mais principalement aux domestiques de la foi. Le mot domestiques est employé ici dans son ancienne signification, et désigne tous ceux qui appartiennent à une maison (domus), tous les membres d'une famille.
    La famille de la foi, c'est la famille de Dieu, composée de tous ceux qui sont unis par une même foi. L'apôtre n'exclut point les autres hommes de notre bienfaisance, puisqu'il recommande, au contraire, positivement de faire du bien à tous.
    Mais comme chaque homme doit avoir premièrement soin des siens, (1Timothée 5.8) il est naturel que le chrétien porte principalement son attention sur ses frères souffrants, d'autant plus que ceux-ci ne peuvent guère s'attendre à la bienveillance du monde qui aime ce qui est à lui. (Jean 15.18,19)
    - Pendant que nous avons le temps, car le temps est court. Ou bien, on peut traduire aussi : "selon que nous avons l'occasion," ne laissant échapper aucune de ces occasions de faire le bien que Dieu nous présente.
  • 6.11 Vous voyez quelle grande lettre je vous ai écrite de ma propre main. 11 à 18 Post-scriptum et derniers adieux.
    Paul dictait ordinairement ses épîtres. Il fait remarquer aux Galates qu'il leur a écrit longuement, de sa propre main, en leur montrant dans ce fait une preuve de son attachement.
    Le grec permet une autre traduction : "Voyez en quelles grosses lettres (caractères) je vous ai écrit" (la version de Lausanne porte : "en quelle grosse écriture").
    L'apôtre aurait ajouté cette observation pour dire qu'il avait écrit de sa propre main, quoiqu'il écrivit difficilement. Plusieurs exégètes adoptent celte interprétation, mais en estimant que cette fin de l'épître seule était écrite de la propre main de l'apôtre. Il aurait eu l'intention, soit d'imprimer à son écrit un sceau de son authenticité, soit de donner à ses lecteurs un dernier témoignage d'affection. Comme l'original permet la version ordinaire, il est plus naturel de la retenir.
  • 6.12 Tous ceux qui veulent se rendre agréables dans ce qui regarde la chair, ne vous contraignent d'être circoncis qu'afin de n'être pas persécutés pour la croix de Christ. Grec : "Avoir une belle apparence (littéral. un beau visage) en la chair," c'est-à-dire gagner, par des moyens charnels, l'approbation des hommes.
    - On voit clairement par ces versets (versets 12-16) combien l'apôtre avait à cœur le grand sujet de son épître, puisqu'il éprouve le besoin d'y revenir une dernière fois en finissant. Il le fait d'abord par une réflexion sévère sur les faux docteurs, auxquels il oppose la vraie doctrine évangélique.
    La croix de Christ, qui fut toujours folie pour les Grecs et scandale pour les Juifs, fut aussi toujours la cause principale des persécutions de la part des uns et des autres. (Galates 5.11)
    Aujourd'hui encore, le plus sûr moyen de se rendre agréable au monde, c'est de voiler ou d'affaiblir la doctrine de la croix.
  • 6.13 Car ceux-là même qui sont circoncis ne gardent point la loi ; mais ils veulent que vous soyez circoncis, afin de se glorifier dans votre chair. Ceux-là même qui imposent aux croyants l'observation de la loi comme moyen de salut, savent fort bien qu'ils sont incapables d'accomplir la loi dans ce qu'elle ordonne de plus saint et de plus spirituel ; ils se contentent d'en observer les prescriptions les plus extérieures, comme la circoncision, et d'autres cérémonies semblables ; mais cela leur suffit pour se glorifier en la chair de ceux qui les écoutent, c'est-à-dire pour tirer une vaine gloire de les avoir gagnés à leur parti par une cérémonie qui s'accomplit réellement et uniquement en la chair (la circoncision).
    Et comme la chair emporte toujours l'idée de faiblesse, de péché, ils se glorifient de ce qui devrait faire leur honte. Ainsi se conduisent tous ceux qui n'ont d'autre but que de gagner des amis à un parti, au lieu de mettre leur gloire à les amener à Christ, et par lui à une vie vraiment spirituelle.
  • 6.14 Mais pour moi, qu'il ne m'arrive pas de me glorifier en autre chose qu'en la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par laquelle le monde est crucifié à mon égard, et moi à l'égard du monde. Ces paroles forment le plus vif contraste avec celles de versets 12,13
    Il faut prendre ce mot : la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, dans sa pleine et profonde signification : "Je ne me glorifie qu'en la libre grâce de Dieu, que nous a acquise la mort expiatoire de Jésus-Christ sur la croix, par laquelle il a vaincu le monde, par laquelle seule nous le vaincrons aussi, si nous lui devenons semblables dans le renoncement et le crucifiement du vieil homme."
    L'apôtre exprime en ces mots, à la fois sa réprobation de tout moyen de salut que l'on voudrait chercher dans la nature déchue de l'homme (dans la chair), et la joie qu'il trouve dans l'opprobre de la croix que ses adversaires redoutaient par-dessus tout.
    Or, la croix est en même temps le moyen de notre réconciliation avec Dieu et un instrument d'humiliation, de souffrance et de mort pour notre vieil homme. C'est par elle que nous sommes crucifiés au monde et que le monde nous est crucifié.
    Le monde, c'est tout ce qui est opposé à la "nouvelle créature," (verset 15) au règne spirituel de Jésus-Christ en nous et autour de nous ; c'est l'objet unique des pensées, des désirs, des affections, des espérances, des efforts de l'homme irrégénéré.
    L'apôtre déclare que ce monde-là, dans lequel pourtant il jouissait autrefois d'une si grande considération, (Galates 1.14 ; Philippiens 3.4-6) est mort pour lui, mort d'une mort honteuse, crucifié, c'est-à-dire objet de son mépris. (Philippiens 3.7,8)
    Mais le monde le lui rend bien, il regarde l'apôtre et tous ceux qui lui ressemblent, avec le mépris qu'on a pour des crucifiés. Et loin de s'en affliger ou d'en avoir honte, Paul s'en glorifie et y trouve sa joie.
  • 6.15 Car la circoncision n'est rien, ni l'incirconcision, mais être une nouvelle créature est tout. Grec : "Car ni circoncision n'est quelque chose ni incirconcision, mais une nouvelle créature."
    Ici, deux variantes. Le texte reçu porte : Car en Christ Jésus (non authentique) la circoncision ne peut rien (au lieu de n'est rien).
    Cette pensée, par laquelle l'apôtre réfute l'erreur de verset 13 et motive verset 14 (car), se trouve déjà à Galates 5.6 (d'où la variante en Christ Jésus), avec cette différence qu'ici l'apôtre dit : la nouvelle création, au lieu de "la foi agissante par la charité."
    Ces deux expressions s'expliquent mutuellement. La nouvelle créature ou création (qui a lieu dans l'homme par l'Esprit de Dieu) est opposée au monde, (verset 14) à ce monde non renouvelé, dans lequel règne le péché. (Comparer 2Corinthiens 5.17) La première création nous a tirés du néant ; la création nouvelle nous tire du péché et de la mort éternelle. Or, dit l'apôtre, cela seul est quelque chose ; tout le reste n'est rien. Dieu ne saurait aimer en nous que cette nouvelle créature, qui existe en Christ et par Christ.
  • 6.16 Et pour tous ceux qui suivront cette règle, que la paix et la miséricorde soient sur eux, et sur l'Israël de Dieu. Cette règle, c'est la grande vérité établie par l'apôtre au verset précédent. Ceux qui marchent dans cette vie nouvelle sont le vrai Israël de Dieu, les vrais enfants d'Abraham par la foi. (Romains 4.12)
    Sur cette voie seulement se trouvent la miséricorde et la paix.
  • 6.17 Désormais, que personne ne me fasse de la peine ; car je porte sur mon corps les marques du Seigneur Jésus. Semblable à un soldat dont on mépriserait les services, et qui, pour toute réponse, montrerait ses nobles blessures, Paul en appelle à ses douleurs de toute espèce comme à un titre au respect, à la confiance et à l'amour de ses lecteurs. (Comparer 2Corinthiens 11.23-27)
    Le mot stigmates (grec) désignait les marques que l'on imprimait par le feu aux esclaves fugitifs, aux prisonniers, aux malfaiteurs, afin qu'ils fussent reconnus.
    "Les blessures que Paul portait dans son corps étaient donc honteuses aux yeux du monde, mais en présence de Dieu et de ses anges, elles excellaient sur tous les honneurs de la terre." Calvin.
    Les stigmates dont Paul parle sont les traces morales aussi bien que physiques de ses diverses épreuves et n'ont rien de commun avec les marques des cinq plaies de Jésus que François d'Assise et d'autres extatiques sont censés avoir portées sur eux.
    Il nomme ses flétrissures les stigmates du Seigneur Jésus (selon plusieurs manuscrits, il faudrait lire seulement de Jésus), parce qu'il les avait reçues à son service par amour pour lui.
    Peut-être même faut-il retrouver dans cette expression la pensée profonde de Colossiens 1.24. (Comparer 2Corinthiens 4.10)
  • 6.18 Frères, que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit. Amen ! "Il demande à Dieu, non seulement de répandre sur eux sa grâce avec abondance, mais aussi qu'eux, de leur côté, la reçoivent d'une manière vivante dans leur esprit. Car nous ne jouissons réellement de cette grâce que lorsqu'elle pénètre dans notre cœur. C'est pourquoi nous devons, avant tout, demander à Dieu de préparer à sa grâce une place en nous." Calvin.