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Sur l’inerrance biblique
4. Sur l’application de l’enseignement biblique - Déclaration de Chicago 1986

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Type : Dossier
Thème : Confessions de foi
Source : La Revue Réformée
Réf./Date source : 197  
Publié sur Lueur le
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Sommaire du dossier :
  1. Les Déclarations de Chicago
  2. Sur l’inerrance biblique - Déclaration de Chicago 1978
  3. Sur l’application de l’enseignement biblique - Déclaration de Chicago 1986

I. Introduction

Nouvelles perspectives le long de vieux sentiers

La tâche à laquelle le troisième « sommet » s’est consacré a été d’appliquer l’enseignement de la Bible digne de confiance à certains domaines parmi les plus confus de la vie moderne. Dans son principe, la société séculière occidentale est incapable d’accomplir cette tâche: elle persiste à s’évaluer, non selon la révélation du Créateur donnée dans la Bible, mais selon des critères de pensée évolutionnistes.

Les conclusions du « sommet » montrent que l’idée fondamentale et le système de valeurs sur lesquels un tel jugement est construit sont tragiquement dans l’erreur; c’est pourquoi les conclusions dans leur ensemble les remettent radicalement en cause. Il ne fait aucun doute, toutefois, que dans le monde occidental les perspectives séculières ont partout le vent en poupe, et il faudra bien plus que les critiques et les remises en question d’un quelconque congrès pour les renverser.

La tâche que le troisième « sommet » s’était fixée ne pouvait pas non plus être accomplie par une quelconque théologie libérale ou moderniste. (…) Une telle théologie met en doute la divinité, la pertinence et le caractère normatif d’une grande partie de l’enseignement biblique. Elle est donc méthodologiquement incapable d’opérer sous l’autorité de l’Ecriture. Les postulats du libéralisme relativisent la Bible en élevant au rang d’absolus des idées qui vont à l’encontre de l’enseignement biblique (par exemple, la bonté fondamentale de l’homme ou l’unité essentielle de toutes les religions) et en réorganisant les priorités bibliques en fonction de préoccupations et de préjugés modernes et séculiers (par exemple, la redéfinition du rôle des missions afin de donner la priorité aux grandes causes politiques, sociales et économiques aux dépens de l’évangélisation et de l’implantation d’Eglises).

Le « sommet » se démarque expressément de telles méthodes avec leur arbitraire et de telles thèses si mal aiguillées.

Les conclusions du « sommet » s’opposent à toute forme d’athénianisme moderne qui ne s’intéresse qu’à la dernière nouveauté. Plutôt que de courir après la dernière mode, elles présentent des exemples d’applications réactualisées d’un héritage de foi plus ancien, plus stable, sans aucun doute plus sage et manifestement plus biblique. Ainsi, le fait de ramer contre le courant de la pensée actuelle est un geste non de timidité mais d’audace, non d’extravagance mais de conscience.

Les participants au « sommet » s’accordent à penser que la seule bonne voie pour l’Eglise et la collectivité d’aujourd’hui se situe dans le prolongement des sentiers plus anciens. Ainsi en est-il pour les questions traditionnelles du caractère sacré de la vie, de la sexualité, de la famille et du rôle de l’Etat institué par Dieu, en tant que régulateur des aspects politiques, judiciaires et économiques de la vie collective, comme pour les questions qui surgissent à la fin du XXe siècle sous de nouveaux angles, telles la légitimité de la guerre nucléaire ou la protection de l’ordre naturel.

Le « sommet » réaffirme la validité permanente des points de vue défendus au cours de l’histoire chrétienne. De même, qu’elle soit fasciste, marxiste, libérale ou autre, l’étatisation moderne – son culte de la centralisation, sa mentalité largement paternaliste et son approbation facile d’opinions inacceptables sur tous les sujets mentionnés – est considérée comme une évolution qu’il faut déplorer.

Quant à savoir s’il s’agit d’un préjugé politique ou d’une vision prophétique, les avis resteront sans doute partagés, mais sur ce point les membres du « sommet » se trouvent très proches les uns des autres. Les deux cent cinquante d’entre nous qui nous sommes réunis au « sommet » le croient: quiconque laisse l’Ecriture se prononcer sur ces sujets arrive à une position peu éloignée de la nôtre.

II. XVI articles

Art. I – Le Dieu vivant

Nous affirmons que le Dieu unique, vivant et vrai est le Créateur et celui qui soutient toutes choses.

Nous affirmons que ce Dieu peut être connu par la révélation qu’il donne de lui-même dans son infaillible Parole.

Nous affirmons que ce Dieu existe de toute éternité en trois personnes, Père, Fils et Saint-Esprit, chacune étant pleinement Dieu.

Nous affirmons que ce Dieu qui vit, agit et parle est entré dans l’histoire par le Fils, Jésus-Christ, pour apporter le salut au genre humain.

Nous affirmons que la personnalité et la volonté révélées de Dieu sont le fondement de toute moralité.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle le langage humain de l’Ecriture est inadéquat pour nous dire qui est Dieu et quels sont ses attributs.

Nous rejetons l’idée selon laquelle la doctrine de la Trinité est incohérente ou fondée sur des notions métaphysiques inacceptables.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle il faudrait adapter la notion de Dieu aux formes de pensée moderne qui évacuent les idées de péché et de salut.

Art. II – Le Sauveur et son oeuvre

Nous affirmons que Jésus-Christ est vrai Dieu, engendré de toute éternité du Père, et vrai homme, conçu du Saint-Esprit et né de la vierge Marie.

Nous affirmons que l’union indivisible de la pleine divinité avec la pleine humanité en l’unique personne de Jésus-Christ est essentielle à son oeuvre de salut.

Nous affirmons que, par sa souffrance à notre place, sa mort et sa résurrection, Jésus-Christ est le seul Sauveur et Rédempteur du monde.

Nous affirmons que le salut est par la foi seule en Jésus-Christ seul.

Nous affirmons que Jésus-Christ, tel que le révèlent les Ecritures, est le parfait modèle de la vie selon Dieu et que nous recevons cette sainteté en lui et par lui.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle l’Ecriture cautionnerait quelque proclamation ou offre de salut ne reposant pas sur l’oeuvre expiatoire du Christ crucifié et ressuscité.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle ceux qui meurent sans le Christ peuvent être sauvés dans l’au-delà.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle des personnes capables d’un choix rationnel pourraient être sauvées sans foi personnelle au Christ biblique.

Nous rejetons l’idée selon laquelle la présentation du Christ comme modèle moral sans référence à sa divinité et à son sacrifice substitutif serait conforme à l’enseignement de l’Ecriture.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle une juste compréhension de l’amour et de la justice de Dieu autoriserait l’espoir d’un salut universel.

Art. III – Le Saint-Esprit et son oeuvre

Nous affirmons que le Saint-Esprit est la troisième personne du Dieu trinitaire et que son oeuvre est essentielle au salut des pécheurs.

Nous affirmons que l’Esprit de Dieu accorde une connaissance vraie et à salut de Dieu en attestant et en illuminant la Parole de l’Ecriture canonique, dont il est l’auteur principal.

Nous affirmons que le Saint-Esprit guide le peuple de Dieu, lui accordant la sagesse nécessaire pour appliquer l’Ecriture aux questions modernes et dans la vie quotidienne.

Nous affirmons que la vitalité de l’Eglise dans l’adoration et la communion, sa fidélité dans ce qu’elle confesse, sa fécondité dans le témoignage et sa puissance dans la mission dépendent directement de la puissance du Saint-Esprit.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle remettre en question le Dieu unique en trois personnes serait compatible avec l’Evangile.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle quelqu’un pourrait dire du fond de son coeur que Jésus est Seigneur autrement que par le Saint-Esprit.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle, depuis l’âge apostolique, l’Esprit saint aurait donné ou donnerait encore à l’Eglise de nouvelles révélations normatives.

Nous rejetons la possibilité d’attribuer le titre de renouveau à tout mouvement qui, au sein de l’Eglise, n’impliquerait pas une reconnaissance profonde du jugement de Dieu et de la miséricorde en Christ.

Art. IV – L’Eglise et sa mission

Nous affirmons que la Bible reçoit son autorité canonique de son inspiration par le Saint-Esprit et que le rôle de l’Eglise a été et reste de reconnaître et d’affirmer cette autorité.

Nous affirmons que Christ le Seigneur a établi son Eglise sur la terre et la gouverne par sa Parole et son Esprit.

Nous affirmons que l’Eglise est apostolique si elle reçoit la doctrine des apôtres rapportée par l’Ecriture, se fonde sur elle et continue de proclamer l’Evangile apostolique.

Nous affirmons que les marques ou « notes » d’authenticité de l’Eglise locale sont la confession et la proclamation fidèles de la Parole de Dieu, et l’administration du baptême et de la cène selon la discipline biblique.

Nous affirmons que, dans leur organisation comme dans leur doctrine, les Eglises sont soumises à la Parole du Christ.

Nous affirmons qu’en plus de leur engagement dans une Eglise locale, les chrétiens peuvent légitimement s’engager dans des organisations para-ecclésiales pour des ministères spécialisés.

Nous affirmons que le Christ appelle l’Eglise, son peuple dans le monde, à le servir par son adoration, l’enseignement qu’elle dispense et le témoignage qu’elle lui rend.

Nous affirmons que le Christ envoie l’Eglise dans le monde entier pour appeler l’humanité pécheresse à la foi, au repentir et à une vie selon la justice.

Nous affirmons que l’unité et la clarté de l’Ecriture nous encouragent à rechercher comment résoudre les différends doctrinaux entre chrétiens et ainsi à manifester l’unité de l’Eglise en Christ.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle l’Eglise pourrait conférer son autorité canonique à l’Ecriture.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle l’Eglise a été créée par la volonté et les traditions des hommes.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle l’Eglise pourrait, indépendamment de la Parole de Dieu, lier la conscience.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle l’Eglise pourrait s’affranchir de l’autorité de la Parole écrite de Dieu et exercer encore, au nom du Christ, une vraie discipline.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle l’Eglise pourrait s’accommoder des exigences d’une culture particulière, si celles-ci s’opposent à la révélation scripturaire ou si elles entravent la liberté de conscience chrétienne.

Nous rejetons l’idée selon laquelle la différence des situations culturelles invalide le principe biblique de l’égalité entre l’homme et la femme ou les exigences bibliques quant à leurs rôles respectifs dans l’Eglise.

Art. V – Le caractère sacré de la vie humaine

Nous affirmons que Dieu le Créateur est souverain sur toute vie humaine et que l’humanité est responsable, devant lui, de sa préservation et de sa protection.

Nous affirmons que le caractère sacré de la vie humaine tient au fait que Dieu a créé le genre humain à son image et selon sa ressemblance.

Nous affirmons que la vie de l’homme commence à la conception et dure jusqu’à la mort biologique. En conséquence, l’avortement (sauf lorsque la vie physique de la mère est menacée), l’infanticide, le suicide et l’euthanasie sont des formes de meurtre.

Nous affirmons que la société peut infliger des sanctions pénales sans attenter au caractère sacré de la vie humaine.

Nous affirmons que la privation d’eau ou de nourriture dans le but d’entraîner ou d’accélérer la mort est une violation du caractère sacré de la vie.

Nous affirmons qu’il est essentiel, puisque les progrès technologiques de la médecine estompent les frontières exactes entre la vie et la mort, d’apprécier chaque « cas terminal » avec la plus grande prudence afin de respecter le caractère sacré de la vie.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle la qualité de la vie humaine prime son inviolabilité.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle le caractère sacré de la vie prénatale interdirait toute intervention médicale destinée à préserver la vie de la femme enceinte.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle ôter la vie en cas d’autodéfense, d’exécution capitale ordonnée par l’Etat ou de guerre justement menée constituerait nécessairement une violation du caractère sacré de la vie humaine.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle ceux qui ne reconnaissent pas le fondement divin d’une loi morale seraient exempts de l’obligation éthique et sociale de préserver et de protéger ceux qui sont sans défense.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle s’abstenir d’intervenir médicalement pour prolonger la vie humaine violerait nécessairement le caractère sacré de celle-ci.

Art. VI – Le mariage et la famille

Nous affirmons que la raison d’être du mariage est de glorifier Dieu et d’étendre son Royaume sur terre par une institution qui encourage la chasteté, le partage d’une vie commune, la procréation et l’éducation chrétienne des enfants.

Nous affirmons que, puisque le mariage est une alliance sacrée devant Dieu, unissant en une seule chair un homme et une femme, l’Eglise et l’Etat devraient exiger que, selon l’intention divine, ce lien ne soit pas rompu.

Nous affirmons que, dans la structure du mariage institué par Dieu, le mari en tant que tête est le serviteur-chef aimant de sa femme, et la femme est sa partenaire à part entière, le secondant en tant qu’aide et compagne.

Nous affirmons que Dieu prescrit aux parents d’élever et de corriger leurs enfants avec amour et aux enfants d’obéir à leurs parents. Tels sont leurs devoirs respectifs.

Nous affirmons qu’il est de la responsabilité de l’Eglise de prendre soin de la famille.

Nous affirmons qu’honorer les parents est pour tous une responsabilité qui dure toute la vie et qui inclut le soin des personnes âgées.

Nous affirmons que la famille devrait rendre nombre des services que l’Etat prend généralement en charge à l’heure actuelle.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle le plaisir et l’épanouissement personnel seraient le fondement du mariage et que les difficultés justifieraient la rupture de cette alliance.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle l’idéal biblique du mariage pourrait être atteint soit par un couple vivant maritalement en dehors du statut légal du mariage, soit dans le cadre d’une cohabitation homosexuelle ou de groupe.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle l’Etat aurait le droit de légitimer des conceptions du mariage et de la cellule familiale qui contreviendraient aux normes bibliques.

Nous rejetons l’idée selon laquelle le changement des conditions sociales rendrait obsolètes ou caducs les rôles fixés par Dieu dans le mariage et la famille.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle l’Etat aurait le droit d’usurper la responsabilité attribuée aux parents par la Bible.

Art. VII – Divorce et remariage

Nous affirmons que le mariage d’Adam et Eve, relation monogame pour toute la vie, est le modèle de tous les mariages.

Nous affirmons que Dieu unit le mari et la femme dans tous les mariages contractés et consommés, et qu’il tiendra pour responsables ceux qui brisent cette alliance.

Nous affirmons que, l’essence du mariage étant un engagement pour toute la vie, toute démarche en cas de difficultés conjugales doit au moins, en premier lieu, rechercher la réconciliation des partenaires et la restauration du mariage.

Nous affirmons que Dieu hait le divorce, même s’il se justifie.

Nous affirmons que, dans un monde pécheur et bien que Dieu haïsse le divorce, la séparation est parfois à conseiller et le divorce parfois inévitable.

Nous affirmons que Dieu pardonne aux pécheurs qui se repentent, même à ceux qui ont péché en brisant le lien conjugal.

Nous affirmons qu’il est de la responsabilité de l’Eglise locale d’exercer la discipline envers ceux qui violent les normes bibliques du mariage, de réintégrer en son sein et avec compassion ceux qui se repentent, et d’être l’instrument fidèle de la grâce divine envers ceux dont la vie porte les cicatrices d’une rupture conjugale.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle l’Ecriture se contredirait sur les sujets du divorce et du remariage.

Nous rejetons l’idée selon laquelle se séparer ou vivre séparé d’un conjoint débauché ou violent serait un péché.

Art. VIII – Déviations sexuelles

Nous affirmons que l’Ecriture révèle les normes divines pour les relations sexuelles et que s’en écarter est pécher.

Nous affirmons que les relations sexuelles ne sont légitimes que dans le cadre d’une relation conjugale hétérosexuelle.

Nous affirmons que la grâce de Dieu en Christ peut affranchir les hommes et les femmes de l’esclavage d’un comportement sexuel déviant, qu’ils soient hétéro- ou homosexuels, et que l’Eglise doit assumer la responsabilité d’aider de telles personnes à vivre une vie qui honore Dieu.

Nous affirmons que Dieu aime les homosexuels comme il aime les autres pécheurs et que les tentations homosexuelles, comme toute tentation, peuvent être surmontées par la puissance du Christ à la gloire de sa grâce.

Nous affirmons que les chrétiens doivent exercer la compassion, la bonté et le pardon pour manifester la grâce de Dieu à ceux dont la vie a été déchirée par un comportement sexuel déviant.

Nous affirmons que l’épanouissement humain ne dépend pas de la satisfaction des appétits sexuels; l’hédonisme et les philosophies semblables qui encouragent la promiscuité sexuelle sont dans l’erreur et conduisent à la destruction.

Nous affirmons que la pornographie menace l’intégrité des individus, de la famille et de la société dans son ensemble, et qu’il incombe aux chrétiens de chercher à en empêcher la production et la distribution.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle le comportement homosexuel pourrait être agréé par Dieu.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle l’hérédité, les circonstances de l’enfance ou telle autre influence extérieure pourraient excuser un comportement sexuel déviant.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle les violences sexuelles ou l’exploitation des enfants, en général, et les relations incestueuses, en particulier, pourraient être excusés.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle il serait impossible d’espérer la délivrance d’un comportement homosexuel ou de toute autre forme de déviation sexuelle.

Nous rejetons l’idée selon laquelle un réel espoir de guérison d’une déviance sexuelle existerait si celle-ci est condamnée sans compassion ou si elle suscite une compassion oublieuse de la vérité biblique.

Art. IX – L’Etat sous la seigneurie de Dieu

Nous affirmons que Dieu a institué le gouvernement civil comme instrument de sa grâce commune pour limiter les effets du péché, maintenir l’ordre et promouvoir la justice civile et le bien commun.

Nous affirmons que Dieu donne aux gouvernements civils le droit d’user de la force coercitive pour défendre et encourager ceux qui font le bien et pour punir justement ceux qui font le mal.

Nous affirmons qu’il est bon et désirable que des chrétiens participent au gouvernement civil et recommandent, pour le bien de tous, la promulgation de lois qui soient en accord avec la loi morale de Dieu.

Nous affirmons qu’il est du devoir des chrétiens de prier pour les autorités civiles et de leur obéir si du moins cette obéissance n’oblige pas à violer la loi morale de Dieu et à négliger les responsabilités du témoignage chrétien.

Nous affirmons que les gouvernements ont la responsabilité devant Dieu de promulguer et de faire respecter des lois qui, en matière de relations humaines, s’accordent avec la loi morale de Dieu.

Nous affirmons qu’il ne faut pas confondre l’autorité que Christ exerce par sa Parole sur l’Eglise avec le pouvoir qu’il accorde aux gouvernements civils; une telle confusion compromettrait la pureté de l’Evangile et violerait la conscience des individus.

Nous affirmons que lorsque des familles ou des Eglises négligent les devoirs que leur assigne l’Ecriture, mettant ainsi en péril l’intégrité de leurs membres, l’Etat est en droit d’intervenir.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle l’Etat aurait le droit d’usurper l’autorité instituée par Dieu dans d’autres sphères de la vie, tout particulièrement dans l’Eglise et au sein de la famille.

Nous rejetons l’idée selon laquelle le Royaume de Dieu pourrait être établi par la force coercitive des gouvernements civils.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle l’Etat aurait le droit d’interdire dans les écoles publiques la prière et d’autres exercices religieux volontaires, dès lors qu’ils sont faits à un moment approprié.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle l’établissement providentiel par Dieu d’un gouvernement lui conférerait une bénédiction spéciale autre que celle d’exercer de façon fidèle et juste ses responsabilités.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle une foi religieuse serait requise pour participer au gouvernement civil, son absence rendant illégitime l’autorité de ceux qui gouvernent.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle la Loi de Dieu pourrait être instaurée par le gouvernement civil.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle le gouvernement aurait le droit d’imposer aux citoyens des prières spécifiques ou des formes d’exercice religieux.

Art. X – La loi et la justice

Nous affirmons que les Ecritures sont le seul énoncé infaillible dans lequel se trouvent les principes moraux immuables qui devraient fonder une saine pratique et une juste philosophie des droits de l’homme.

Nous affirmons que Dieu a imprimé son image dans le coeur de tous les êtres humains de telle sorte qu’ils sont tous moralement responsables devant lui de ce qu’ils font aussi bien à titre individuel que comme membres de la société.

Nous affirmons que la Loi révélée de Dieu, le sens moral de l’espèce humaine et la législation des hommes empêchent, depuis la Chute, l’ordre politique de sombrer dans le chaos et l’anarchie, et rappellent à l’humanité son besoin de rédemption en Jésus-Christ.

Nous affirmons que l’Evangile ne peut pas être imposé par voie législative et que la Loi ne peut pas sauver les pécheurs.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle le positivisme légal ou toute autre philosophie humaniste de la loi pourraient satisfaire le besoin de normes absolues en matière de droit et de justice.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle une personne ou une collectivité pourrait accomplir la volonté de Dieu au point de s’en trouver justifiée devant le tribunal de la justice absolue de Dieu.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle un ordre politique, économique ou social pourrait être libre des conséquences mortelles du péché originel ou en mesure de proposer une solution utopique, ou de rechange qui pourrait se substituer à la société parfaite que le Christ seul établira lors de son retour.

Art. XI – La guerre

Nous affirmons que Dieu désire la paix et la justice entre les nations et qu’il condamne toute guerre d’agression.

Nous affirmons que les Etats légitimes ont le droit et le devoir de défendre leur territoire et leurs citoyens contre les agressions et l’oppression d’autres puissances, ce qui implique de préparer une défense adéquate de la population civile.

Nous affirmons que, dans la légitime défense de leur territoire et de leurs citoyens, les gouvernements doivent seulement faire usage de moyens justes.

Nous affirmons que des Etats belligérants doivent tout faire pour limiter le nombre de victimes civiles.

Nous rejetons l’idée selon laquelle la cause du Christ peut être défendue avec des armes terrestres.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle il serait interdit aux chrétiens de faire usage d’armes dans la défense d’Etats légitimes.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle le massacre aveugle de civils serait une forme légitime de guerre.

Nous rejetons l’idée selon laquelle les circonstances de la guerre moderne annuleraient le droit et le devoir des gouvernements civils de défendre leur territoire et leurs citoyens.

Art. XII – Discrimination et droits de l’homme

Nous affirmons que Dieu, qui a créé l’homme et la femme à son image, a accordé à tout être humain des droits fondamentaux aussi bien matériels que spirituels qui doivent être sauvegardés, maintenus et cultivés.

Nous affirmons que tout être humain est, en dernière instance, responsable devant Dieu de la façon dont il a fait usage de ses droits.

Nous affirmons que les chrétiens doivent faire respecter et défendre les droits des autres tout en étant prêts à renoncer à certains des leurs pour le bien d’autrui.

Nous affirmons que les chrétiens ont à suivre l’exemple compatissant de Jésus en aidant à porter les fardeaux de ceux dont les droits sont lésés.

Nous rejetons la légitimité de tout prétendu droit de l’homme qui violerait l’enseignement de l’Ecriture.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle un acte qui ferait du tort et porterait atteinte à la vie matérielle ou spirituelle d’une personne en violation de ses droits serait acceptable.

Nous rejetons l’idée selon laquelle l’âge, l’infirmité, la faiblesse économique, la race, la religion ou le sexe, considérés comme des critères de discrimination, pourraient justifier la privation de l’exercice et de la jouissance des droits de l’homme.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle l’élitisme ou la lutte pour le pouvoir seraient compatibles avec l’appel du Christ à consacrer nos droits à son service.

Art. XIII – L’économie

Nous affirmons que des principes économiques valables peuvent être trouvés dans l’Ecriture et qu’ils devraient faire partie intégrante d’une conception chrétienne du monde et de la vie.

Nous affirmons que les biens matériels sont une bénédiction de Dieu, que nous devons en jouir avec reconnaissance et aussi les acquérir, les gérer et les partager en économes responsables devant Dieu.

Nous affirmons que les chrétiens doivent faire, sur leurs ressources, des dons qui leur coûtent afin de soutenir le travail de l’Eglise de Dieu.

Nous affirmons que l’utilisation de ressources en personnes et en biens matériels pour la proclamation de l’Evangile est nécessaire à la fois au salut de l’humanité perdue et à la victoire sur la pauvreté là où elle sévit sous l’emprise d’un système religieux non chrétien.

Nous affirmons qu’une compassion active envers le pauvre et l’opprimé est une obligation que Dieu fait à tout être humain, tout particulièrement à ceux qui ont des biens.

Nous affirmons que la possession de richesses crée des obligations à ceux qui les détiennent.

Nous affirmons que l’amour de l’argent est une source de grand mal.

Nous affirmons que la corruption, la cupidité et la soif du pouvoir qui existent dans le coeur humain engendrent l’injustice économique et détournent du souci que l’on doit avoir du pauvre.

Nous affirmons que l’Ecriture reconnaît le droit de propriété exercé sous le regard de Dieu.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle l’Ecriture enseignerait explicitement une science de l’économie même si des principes de nature économique peuvent en être extraits.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle l’Ecriture enseignerait que la compassion envers le pauvre ne peut s’exprimer que dans un seul système économique.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle l’Ecriture enseignerait que l’argent ou la richesse sont mauvais en eux-mêmes.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle l’Ecriture prônerait, en matière économique, soit le collectivisme, soit l’individualisme.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle l’Ecriture interdirait de faire fructifier le capital.

Nous rejetons l’idée selon laquelle la prospérité matérielle serait au centre de l’espérance chrétienne.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle les chrétiens devraient utiliser leurs biens d’abord pour leur propre satisfaction.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle la délivrance du péché impliquerait nécessairement une libération économique ou politique.

Art. XIV – Le travail et les loisirs

Nous affirmons que Dieu a créé l’humanité à son image et, dans sa grâce, l’a formée à la fois pour le travail et les loisirs.

Nous affirmons que, dans tout travail honorable, si humble soit-il, Dieu agit avec le travailleur et par lui.

Nous affirmons que le travail est le moyen prescrit par Dieu par lequel nous le glorifions et pourvoyons à la fois à nos besoins et à ceux des autres.

Nous affirmons que les chrétiens doivent travailler de leur mieux afin de plaire à Dieu.

Nous affirmons que chacun, dans sa sphère d’activité, doit à la fois se soumettre humblement à toute autorité et exercer lui-même celle qu’il détient.

Nous affirmons que, dans son travail, chacun doit chercher d’abord le Royaume de Dieu et sa justice, comptant sur le Seigneur pour subvenir à ses besoins matériels.

Nous affirmons qu’un juste salaire accordé sans aucune discrimination doit rétribuer tout travail accompli.

Nous affirmons que les loisirs, convenablement proportionnés au travail, sont prescrits par Dieu qui veut que nous en jouissions à sa gloire.

Nous affirmons que le travail et ses fruits ont une valeur, non seulement temporelle, mais aussi éternelle, s’ils sont respectivement accomplis et utilisés pour la gloire de Dieu.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle il conviendrait de travailler pour s’épanouir et se faire plaisir plutôt que pour servir Dieu et lui plaire.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle les riches auraient davantage droit aux loisirs que les pauvres.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle certains types de travaux confèreraient aux personnes qui les accomplissent plus de valeur aux yeux de Dieu qu’aux autres.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle le chrétien devrait soit déprécier les loisirs, soit en faire un but en soi.

Art. XV – La richesse et la pauvreté

Nous affirmons que Dieu, qui est juste et aimant, se soucie tout particulièrement des pauvres dans leur détresse.

Nous affirmons que Dieu appelle ses enfants à une gestion responsable de leur vie et de leurs ressources.

Nous affirmons que l’effort poussé jusqu’au sacrifice pour remédier à la pauvreté, réduire l’oppression et soulager la souffrance des autres est un trait distinctif des disciples de Christ.

Nous affirmons que la convoitise du pauvre n’est pas plus saine que la cupidité du riche.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle nous pourrions à juste titre nous appeler disciples du Christ si nous ne nous mettons pas activement en peine des pauvres, des opprimés, des souffrants, spécialement de ceux qui partagent notre foi.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle nous pourrions considérer la prospérité ou la pauvreté comme la mesure de notre fidélité au Christ.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle il serait nécessairement mauvais que des chrétiens soient riches ou que certaines personnes possèdent plus que d’autres.

Art. XVI – Le soin de l’environnement

Nous affirmons que Dieu a créé l’environnement de la nature pour sa gloire et pour le bien de ses créatures humaines.

Nous affirmons que Dieu a confié à l’humanité le soin de gouverner la création.

Nous affirmons que l’humanité a plus de valeur que le reste de la création.

Nous affirmons que l’homme, en tant que gérant de la terre, a la responsabilité de la protéger et d’en sauvegarder la vie et les ressources.

Nous affirmons que des chrétiens devraient s’adonner à une recherche scientifique responsable et à son application technologique.

Nous affirmons que la gestion de la terre qui appartient au Seigneur comprend l’usage productif de ses ressources avec, toujours, le souci que leur renouvellement soit aussi poussé que possible.

Nous affirmons que toute pollution évitable de la terre, de l’air, de l’eau et de l’espace est irresponsable.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle le cosmos serait dépourvu de valeur sans l’humanité.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle l’enseignement biblique autoriserait ou encouragerait une exploitation de la nature qui favoriserait le gaspillage.

Nous rejetons l’opinion selon laquelle les chrétiens devraient, ou adopter la position anti culturelle de rejet de la science, ou embrasser la croyance erronée que la science est l’espoir de l’humanité.

Nous rejetons l’idée selon laquelle des individus ou des collectivités pourraient exploiter les ressources de l’univers à leur seul avantage et au détriment des autres.

 

Nous rejetons l’opinion selon laquelle une vision matérialiste du monde pourrait fonder une juste appréciation des valeurs de l’environnement.

 

 

ÉLÉMENTS BIBLIOGRAPHIQUES

 

Un nombre impressionnant de livres ont été publiés, en anglais, autour de la Déclaration de Chicago sur l’inerrance biblique. La bibliographie ci-après présente quelques-uns des plus importants, souvent des ouvrages collectifs.

G. Archer, Encyclopedia of Bible Difficulties (Grand Rapids: Zondervan, 1982).

J. M. Boice, ed., The Foundation of Biblical Authority (Grand Rapids: Zondervan, 1978).

D. A. Carson et J. D. Woodbridge, ed., – Scripture and Truth (Grand Rapids: Zondervan, 1983).

Hermeneutics, Authority and Canon (Grand Rapids: Zondervan, 1986).

H. M. Conn, ed., Inerrancy and Hermeneutic (Grand Rapids: Baker, 1988).

N. L. Geisler, ed., – Inerrancy (Grand Rapids: Zondervan, 1980).

Biblical Errancy. An Analysis of its Philosophical Roots (Grand Rapids: Zondervan, 1981).

P. Helm, The Divine Revelation (Londres:Marshall, Morgan & Scott, 1982).

C. F. Henry, God, Revelation and Authority, 6 vol. (Waco: Word, 1976-1983).

C. F. Henry, ed., Revelation and the Bible (Grand Rapids: Baker, 1959).

S. Kistermaker, Interpreting Gods’ Word Today (Grand Rapids: Baker, 1970).

M. J. Kline, The Structure of Biblical Authority (Grand Rapids: Eerdmans, 1972).

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