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Le chien, le chat et le poisson rouge

Auteur :
Type : Réflexion
Thème : Vie Chrétienne
Source : Lueur   
Publié sur Lueur le
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Voici pour cette fois un petit conte. Nous allons vous parler d'une fillette, prénommée Clarisse, qui possède un chien appelé Poildou. En fait, quand nous disons "possède", ce n'est pas tout a fait exact; Poildou était dans la maison avant de connaître Clarisse, puisque celle-ci est née alors que le chien avait déjà 2 ans et avait été adopté par les parents de Clarisse 20 mois auparavant. Il serait donc plus exact de dire qu'à l'origine, les parents de Clarisse possédaient Poildou. Poildou a appris à connaître Clarisse, à la voir grandir, à la respecter en tant qu'être humain, ce qui est un bel effort pour lui qui n'est que chien, mais il n'a jamais appris à la regarder comme sa maîtresse. Pourtant Clarisse a fait des efforts pour gagner l'affection de Poildou, c'est souvent elle qui lui donne à manger, le caresse, elle a espéré qu'en grandissant elle gagnerait son estime, mais Poildou considère qu'il doit obéissance aux parents de Clarisse, ses vrais maîtres, ceux de toujours. L'arrivée de Clarisse dans sa vie de chien a bien-sûr changé l'ordre des choses, il l'accepte bien volontiers, mais manifestement il n'a jamais considéré Clarisse comme la source de sa sécurité, ni comme une nouvelle autorité à respecter.

Clarisse était donc déçue par les relations qu'elle avait avec Poildou, aussi pour son anniversaire, il y a deux ans, on lui a offert un chaton. Cette fois, s'est-elle dit, ce sera mon animal, je vais choisir son nom, il va apprendre à vivre en ma présence et à apprécier mes soins à son égard. Elle a appelé le chat Calinou, mais vous connaissez les chats, ils sont indépendants et n'appartiennent jamais vraiment à quelqu'un. Calinou, devenant adulte, trouvait son plaisir dans les sorties dans le quartier, les virées chez les voisins, la chasse, la fréquentation guerrière des autres chats, et lorsqu'il lui semblait bon, le retour chez Clarisse, le temps d'une petite sieste. Clarisse ne trouvait pas avec Calinou l'animal affectueux qu'elle voulait, attaché à elle, recherchant sa présence et son affection, et prompt à répondre à ses désirs. C'était lui qui décidait du moment où il avait besoin de Clarisse. Calinou et Poildou ne sont en fait, ni l'un ni l'autre, le véritable animal de Clarisse.

Le mois dernier, Clarisse s'est acheté un poisson rouge, se disant que cette fois elle aurait un animal qui la connaîtrait réellement en tant que maîtresse, et qui, ne pouvant pas sortir de son bocal, serait toujours à disposition; elle l'a appelé Toby et elle pensait que Toby, dans l'incapacité de trouver sa nourriture par lui-même, serait constamment dépendant d'elle et manifesterait nécessairement son affection pour elle, mais vous connaissez les poissons rouges, ils ne manifestent pas grand-chose dans leur bocal. Limité par la cloison de verre qui l'entoure, Toby vit dans la totale ignorance d'un monde qu'il aperçoit mais où il ne peut pas aller, il est effrayé dès qu'il voit un monstre humain s'approcher de son aquarium, il mange absolument toute la nourriture qu'on lui déverse comme s'il n'avait rien absorbé depuis un siècle et il ne manifeste aucun sentiment vis-à-vis de qui que ce soit, ne connaissant et ne reconnaissant personne. Chaque fois que Clarisse s'approche du bocal, Toby démontre par son attitude qu'il ne la connaît absolument pas. Toby non plus n'est pas l'animal que Clarisse souhaitait.

Que dirons-nous donc? Le chien Poildou, le chat Calinou et le poisson Toby ont tous les trois déçu Clarisse, chacun pour des raisons qui lui sont propres; ils n'ont pas répondu à ses attentes malgré l'espoir qu'elle avait placé en chacun d'eux. Essayons de transposer cette histoire dans la relation homme-Dieu. Clarisse, c'est le Seigneur; Poildou, Calinou ou Toby, ce sont trois chrétiens; nous allons examiner le comportement de chacun.

Le Seigneur - Clarisse dans notre conte - attend un regard d'affection, de reconnaissance et d'obéissance de la part de ses enfants - les animaux dans notre conte -. Il nous a rachetés à un grand prix, nous a adoptés quelqu'aient été nos actes passés, subvient à tous nos besoins, veille sur nous en chaque instant, nous assure une éternité de bonheur et de gloire en sa présence, et attend notre amour car Il aime la communion avec ses enfants; Il souhaite que nous réalisions que nous ne dépendons que de Lui et que nous devons Le mettre à la première place dans nos pensées.

Poildou est un chrétien qui a vécu une vie d'inconverti assez longtemps avant de connaître le Seigneur, et cette vie était agréable. Après L'avoir rencontré, le chrétien-Poildou a placé Dieu parmi les relations importantes de son environnement, mais sans renoncer en rien à ses centres d'intérêt antérieurs, ceux d'avant sa conversion. Dieu fait maintenant partie de sa vie, au même titre que son travail, ses activités sportives ou culturelles, mais il n'a pas compris qu'il est entièrement dépendant du Seigneur et que toutes choses doivent perdre leur valeur devant Lui. Le chrétien-Poildou doit changer radicalement ses priorités de vie et choisir définitivement qui est son vrai maître.

Calinou est un chrétien qui a connu le Seigneur dès son plus jeune âge. Le Seigneur a toujours fait partie de sa vie, il sait qu'il lui doit tout, mais cela lui semble si naturel; alors il se tourne vers le Seigneur juste quand il en a besoin, un problème à Lui présenter, une difficulté dans la vie, un besoin de consolation ou de sécurité. Mais le chrétien-Calinou n'a pas compris le besoin d'affection du Seigneur, et il ne lui vient même pas à l'idée d'y répondre, n'imaginant pas qu'un Dieu si puissant puisse avoir besoin d'un homme. Le chrétien-Calinou doit méditer sur sa relation avec le Seigneur et se laisser enseigner par Lui car il y a une dimension importante de la relation de Dieu avec ses enfants qu'il n'a pas perçue.

Toby est un chrétien qui a la connaissance spirituelle très limitée, au point qu'il ne reconnaît même pas le Seigneur chaque fois que Celui-ci agit dans sa vie. Le chrétien-Toby veut tout intellectualiser et tout rationaliser, si bien qu'il s'est enfermé dans un véritable aquarium spirituel, perdant toute liberté d'action et tout discernement; il a oublié que pour être grand en esprit, il faut avoir un comportement humain analogue à celui d'un enfant comme nous l'a enseigné Jésus. On ne connaît pas Dieu par des raisonnements puissants, mais par la candeur et par l'intuition. La situation du chrétien-Toby est grave. Seul le Seigneur, dans sa bonté, peut quelque chose pour lui, en le sortant de l'aquarium pour le mettre dans un lac, ou mieux dans la mer. La transition sera douloureuse, le passage hors d'eau pénible à supporter, mais ce sera le seul moyen de le libérer du cloisonnement intellectuel, des "forteresses de raisonnement" comme dit la Bible, qui l'empêchent de connaître une vraie vie spirituelle.

Notre conte s'arrête là. Dans un autre chapitre, nous pourrions peut-être vous dire que Clarisse, à l'âge de 16 ans, finira par avoir une brebis, qu'elle nommera Tendresse, et par être ainsi un peu bergère. Sa brebis sera enfin l'animal qui répondra exactement à ses attentes. Si vous cherchez les caractéristiques comportementales des brebis, vous en comprendrez les raisons. Ce sont celles qui ont fait dire à Jésus: Je suis le bon berger. Je connais mes brebis et elles me connaissent (Jn 10.13-14, lire Jn 10.1-16.1). Nous vous souhaitons donc d'être des chrétiens-Tendresse.

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