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Introduction à la Bible
14. Comprendre la Bible

Auteur :
Type : Dossier
Thème : La Bible
Source : FEEBF   
Publié sur Lueur le
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Sommaire :
  1. Introduction à la Bible
  2. La Bible, livre de la révélation
  3. La Bible, un livre
  4. La Bible, Parole de Dieu
  5. Coup d'oeil sur l'Ancien Testament (1)
  6. Coup d'oeil sur l'Ancien Testament (2)
  7. Le canon de l'Ancien Testament
  8. Entre les deux Testaments
  9. Le Nouveau Testament : les Evangiles
  10. Le Nouveau Testament : les apôtres
  11. Le canon du Nouveau Testament
  12. La transmission de la Bible
  13. La Bible aujourd'hui
  14. Comprendre la Bible
  15. Interprétation de la Bible hier et aujourd'hui

Si la Bible est bien la Parole de Dieu pour tous les hommes, il est important que tous les hommes puissent la lire et la comprendre. Il ne fait pas de doute que les auteurs des différents livres de la Bible n'ont pas écrit pour des spécialistes, mais pour des hommes et des femmes ordinaires ; ils ont cherché à être compris par tous, et non seulement par une élite de savants. Aujourd'hui encore l'essentiel du message biblique, la Bonne Nouvelle de Jésus Christ reste accessible à tous. Il n'est pas besoin d'avoir fait des études approfondies pour comprendre l'Evangile (Matthieu 11 :25). Calvin soulignait à juste titre la clarté de la Bible. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de passages difficiles dans la Bible, mais que l'essentiel de son message est clair pour qui le lit ou l'entend sans préjugés.

Il faut reconnaître cependant que la lecture de la Bible, même dans une traduction moderne, soulève un certain nombre de difficultés. Les auteurs bibliques étaient des hommes d'une autre époque, d'une autre culture, vivant dans des circonstances historiques très éloignées des nôtres. Ils ont d'abord écrit pour leurs contemporains. Il n'est donc pas étonnant que leur façon de s'exprimer, leurs nombreuses références à une situation religieuse, économique ou poli tique que nous connaissons mal nous posent des problèmes pour bien comprendre ce qu'ils veulent dire. L'apôtre Pierre reconnaît dans sa 2ème épître que les lettres de Paul sont parfois d'accès difficile (3:15-16). Et il ajoute que certaines personnes " tordent le sens des Ecritures ".

C'est le problème d'une mauvaise lecture de la Bible qui est soulevé ici. C'est, hélas, un fait qu'on peut comprendre de travers le message de la Bible. Dans certains cas, il ne s'agit que d'erreurs de détails ; dans d'autres, c'est le sens profond du texte qui est déformé. Nous le voyons déjà dans les Evangiles : Jésus s'oppose à l'interprétation de l'Ancien Testament de ses adversaires ; par exemple; les Sadducéens dans Matthieu 22:23 à 33 citent un texte de l'Ancien Testament pour lui faire dire autre chose que ce qu'il veut réellement dire. L'histoire de l'Eglise montre que des divergences considérables se sont produites dans l'interprétation de la Bible.

Des interprètes autorisés

La possibilité d'erreurs dans l'interprétation de la Bible a souvent conduit les autorités religieuses, en Israël comme dans le christianisme, à confier la mission d'interpréter et d'enseigner la Bible à une classe de spécialistes. C'était un peu le rôle des scribes et des rabbins dans le judaïsme. Ils étudiaient dans des écoles pour enseigner le commun peuple, incapable de bien comprendre sans aide. D'où la surprise des Juifs du temps de Jésus, en le voyant expliquer la Bible "avec autorité" (Matthieu 7:28, 13:53-58, 21 :23) alors qu'il n'était pas passé par les écoles (Jean 7:15).

Pendant longtemps, l'Eglise catholique a refusé aux simples chrétiens le droit de lire la Bible. Seuls les prêtres y avaient accès, et encore leur fallait-il se soumettre à l'interprétation du Magistère. L'Eglise était séparée entre, d'un côté, l'Eglise enseignante et de l'autre, l'Eglise enseignée.

Il est possible d'autoriser la lecture de la Bible à tous, mais en prenant garde à ce que chacun n'y lise pas autre chose que ce que l'autorité ecclésiastique veut lui faire comprendre. C'est également ce qui se passe chez les Témoins de Jéhovah : la lecture de la Bible est encouragée ; mais son interprétation est fixée une fois pour toutes dans les ouvrages de la secte, qui doivent accompagner la Bible.

En réalité, toute interprétation officielle de la Bible peut tomber dans l'erreur. Elle en est de même particulièrement menacée. En effet, le risque est grand de ne chercher et ne trouver dans la Bible que ce qui confirme les doctrines du groupe en question. Et si un texte semble aller contre l'enseignement officiel, ou en tord le sens. On pourrait multiplier les exemples. ainsi, pour de nombreuses Bibles catholiques, les frères de Jésus ne sont que des cousins ; dans Luc 1 :28, la traduction fautive de la Vulgate " pleine de grâce " est devenue le soutien d'un dogme. La traduction de la Bible des Témoins de Jéhovah contient aussi des interprétations tendancieuses : dans Colossiens 1:16-17, le texte grec dit clairement que " toutes choses ont été crées par Christ " ; mais comme leur doctrine maintient que Christ a lui-même été créé, ils traduisent. " toutes (les autres) choses ont été créées par lui ". L'addition de " (les autres) " est une interprétation injustifiée par le texte biblique.

Reconnaissons que le danger d'interprétation faisant autorité au point de faire écran à la vérité se retrouve partout. Un pasteur ou un docteur de l'Eglise (Calvin Darby, etc.. . ) peut s'imposer (volontairement ou non) comme le seul interprète digne de confiance. Le résultat, c'est que les fidèles se contentent de se laisser conduire, au lieu de chercher à comprendre par eux-mêmes. Ils restent des chrétiens mineurs, plus attachés à une interprétation donnée qu'à la Bible elle-même.

L'autorité des savants

Un danger comparable se manifeste de nos jours : l'étude scientifique de la Bible (historique, littéraire, linguistique) a permis de préciser le sens de bien des passages, de faire des traductions plus sûres. Mais la diffusion des résultats de la science biblique peut décourager les simples fidèles : s'il faut connaître l'histoire, les langues anciennes, etc... pour comprendre la Bible : ce livre n'est pas pour nous. C'est aux savants de nous l'expliquer. Eux seuls sont outillés pour la comprendre. Une certaine désaffection pour la Bible dans le protestantisme contemporain a sans doute là une de ses racines.

Nous verrons que la recherche scientifique peut rendre de réels services à l'étude de la Bible. Mais elle ne doit pas devenir un obstacle, qui éloigne les hommes du texte biblique. Elle doit rester au service de la lecture de la Bible par le peuple tout entier. Elle ne doit pas créer une nouvelle classe de scribes.

Lire et comprendre

On peut ouvrir la Bible avec des motivations très différentes. l'intérêt historique ou littéraire, la simple curiosité, le désir de trouver une réponse à une question qu'on se pose, la foi qui cherche à écouter la Parole de Dieu ou tout simplement l'habitude.

Mais quelle que soit notre perspective, que nous soyons croyants ou non, nous nous trouvons devant un texte qu'il s'agit de comprendre.

Quelle que soit la manière dont on applique ce que l'on a compris, le premier impératif est de bien comprendre. " Comprends-tu ce que tu lis ? ", demandait Philippe à l'eunuque éthiopien (Actes 8 :30). La réponse de l'eunuque montre qu'on peut ne pas comprendre, même avec de bonnes dispositions.

On peut distinguer trois niveaux dans la compréhension d'un texte :

1- La lecture directe. Le sens d'un passage m'apparaît plus ou moins clairement à la lecture. Parfois une seule lecture suffit pour que le message (ce que l'auteur a voulu dire) me soit immédiatement clair. Parfois, je dois relire une ou plusieurs fois. Mais généralement, une lecture attentive permet de comprendre le texte.

2- l'exégèse (ou recherche du sens). Il m'arrive de ne pas comprendre ce que l'auteur a voulu dire, à la lecture d'un texte, soit que le sens me soit tout à fait obscur ; soit que j'hésite entre plusieurs interprétations possibles. Je me pose donc la question : " Qu'a voulu dire l'auteur ? " L'exégèse est cet effort de compréhension, cette étude du texte pour en découvrir le sens. Elle fait appel à des sciences comme l'histoire, la géographie, la grammaire, la linguistique, etc... Le traducteur qui cherche à rendre le sens exact d'un passage, le pasteur qui prépare une prédication sur un texte, les chrétiens engagés ensemble dans une étude biblique font de l'exégèse. C'est une démarche scientifique (qui veut arriver à un résultat objectivement sûr. que l'on soit croyant ou non, on peut arriver à la même conclusion quant au sens d'un texte : " voilà ce que l'auteur a voulu dire "), qui fait appel à des connaissances précises (historiques, linguistiques, etc.. . ). Les non-spécialistes sont parfois rebutés par le caractère technique que peut revêtir l'exégèse. Leur manque de connaissances les décourage. Mais il ne faut pas oublier que nous devons aimer Dieu " de toute notre pensée " ; il serait grave de ne pas apporter à l'étude de la Bible le sérieux et l'attention que l'on donne à d'autres occupations. Un chrétien qui connaît bien la Bible et l'étudie arrive à acquérir l'essentiel des connaissances qui lui permettront de bien comprendre le sens de la plupart des passages.

3- L'interprétation ou application (on dit parfois aujourd'hui " herméneutique ") qui pose la question : quel message ce texte contient-il pour nous ? Il ne suffit pas d'en comprendre le sens par curiosité scientifique. Un texte peut être compris et rester lettre morte. Il faut que ce texte me parle, ou plutôt que Dieu me parle par ce moyen. Comment ce qui a été écrit autrefois pour d'autres hommes s'applique t-il à ma situation ? C'est une démarche de foi, qui me demande avant tout d'être attentif à ce que Dieu me dit.

Mais pour être sûr de ne pas confondre mes idées ou mes désirs avec la Parole de Dieu, il me faut veiller à ne pas m'écarter du message biblique ; il me faut donc avant tout l'avoir bien compris. L'exégèse m'oblige à respecter la Parole de Dieu et à ne pas l'inventer.

Les obstacles à vaincre

1 - Les difficultés d'ordre historique : Dieu s'est révélé dans une histoire, l'histoire d'Israël, puis celle de Jésus et des apôtres. De nombreux textes de la Bible évoquent des événements ou des personnages de l'histoire. Souvent la lecture de la Bible suffit à les connaître : ce que nous savons de Moïse, de David, de Jésus ou de Paul, nous le tenons de la Bible elle-même. D'autres personnages dont il est question dans la Bible nous sont aussi connus par l'histoire profane et l'archéologie. Il est utile de pouvoir se référer aux renseignements que nous donnent ces sciences à propos d'un roi païen comme Sanchérib ou d'un gouverneur romain comme Pilate.

D'autre part, la Bible contient un grand nombre d'allusions à des coutumes, à des groupes sociaux, à des situations politiques ou économiques que nous ne pouvons pas deviner. Comment bien lire les Evangiles, par exemple, sans savoir qui étaient les pharisiens, les sadducéens, les zélotes, les péagers ; ou sans connaître la situation politique du peuple juif, occupé par les Romains ?

Les commentaires bibliques, les notes en bas de page (traduction oecuménique, par exemple) ou en fin de volume (Segond révisée), les prédications ou les leçons d'Ecole du Dimanche, sans compter les ouvrages spécialisés, nous renseignent sur ces événements, ces coutumes, ces personnages.

2 - Les difficultés d'ordre géographique : On trouve dans la Bible de nombreux noms de pays, de villes, de rivières, de montagnes, etc... où se sont produits des événements de l'histoire d'Israël ou du christianisme. Pour que les lecteurs puissent situer ces événements, la plupart des éditions de la Bible contiennent une série de cartes de géographie permettant de situer ces événements. Mais si on peut se procurer un atlas biblique, avec des cartes plus détaillées et des notes explicatives, on aura un meilleur outil de travail.

3 - Les difficultés d'ordre culturel : Le monde des hommes de la Bible était très différent du nôtre. la civilisation pastorale et agricole d'autrefois n'a pas 'grand chose de commun avec le monde industriel, mécanisé, artificiel d'aujourd'hui. Des explications sont souvent nécessaires. que sont les " téraphim " (Genèse 31 ) ? Que signifiait la coutume du rachat (Ruth) ? Que valaient un talent, un denier ? Quelles étaient les coutumes nuptiales évoquées dans plusieurs paraboles ? Comment s'habillait-on ? Que mangeait-on ? On pourrait continuer longtemps.

La Bible elle-même répond à nombre de ces questions (en particulier en ce qui concerne la religion d'Israël). Mais ces renseignements sont souvent dispersés à travers la Bible. Des historiens, des commentateurs les ont rassemblés pour nous dans des notes accompagnant le texte, ou dans des commentaires.

4 - Les difficultés d'ordre linguistique : Nous avons déjà vu, à propos de la Traduction de la Bible (étude 11) qu'il n'est pas toujours facile de rendre exactement le sens d'un mot hébreu ou grec. Il y a donc des difficultés de vocabulaire. Quand la Bible parle de justice, de gloire, de péché, de foi, de repentance, de Royaume de Dieu, etc... ces mots n'ont pas exactement le sens que le Français moyen leur attribue. Un exemple frappant est l'utilisation du mot " parole " par Jean au chapitre 1 pour désigner Jésus. Ici pourtant, le texte lui-même nous éclaire sur le sens du mot (au verset 14) : " La Parole a été faite chair ". Ailleurs, il faut étudier l'emploi du mot dans une série de passages pour bien en saisir le sens. Ainsi, Luther, en lisant Romains 1 :17 : " La justice de Dieu a été révélée en lui " (dans l'Evangile) est tombé dans le désespoir. Pour lui, la justice ne pouvait être que l'action du juge qui condamne le coupable. Si l'Evangile lui-même révèle notre condamnation, quel espoir nous reste-t-il ? Mais l'étude de l'Ancien Testament, des Psaumes en particulier, a fait comprendre à Luther que la justice de Dieu, c'est l'acte par lequel il justifie le pécheur. La justice n'est pas le contraire de la grâce, elle en est la manifestation (Psaume 85:9-14, 89:15, 98:2-3, etc... ).

Il y a aussi les mots d'origine biblique qui sont passés dans notre langue, mais qui sont plus ou moins bien compris: la géhenne, l'apôtre, la rédemption, la sainteté, l'église, etc... Certaines versions de la Bible renoncent à traduire un mot qui n'a pas d'équivalent français. la traduction Oecuménique préfère transcrire le mot grec " Paraclet " dans Jean 14 :16 là où d'autres traduisent " consolateur " ou " avocat " ou " défenseur ", le mot grec signifiant tout cela à la fois. Les mots Christ, baptiser, eucharistie, etc... sont des transcriptions de mots bibliques signifiant oint, plonger, remerciement. Il est bon d'en connaître le sens original.

A côté des problèmes de vocabulaire, il y a ceux qui viennent des structures grammaticales de la langue. L'hébreu ne connaît pas les temps (passé, présent et futur) de nos verbes et aime les phrases courtes, juxtaposées. Le grec, au contraire, permet de très longues phrases, qu'un français suit difficilement. Les traducteurs s'efforcent de rendre le même sens dans des formes différentes, mais ils y parviennent plus ou moins bien.

Chaque langue a ses procédés littéraires. La poésie hébraïque (Psaumes, prophètes) ne se soucie pas de la rime, mais utilise la répétition. la même pensée est redite en d'autres termes, avec de légères nuances (on appelle cela le " parallélisme "). Le psautier abonde en exemples : 51, 62, 119, etc...

En comparant différentes traductions et en consultant de bons commentaires, on peut éviter les contre-sens que peut produire l'ignorance du génie d'une autre langue.

Pour bien lire la Bible

1 - Laisser parler le texte biblique : trop souvent, nous ne lisons la Bible que pour avoir une idée qui nous est chère. Le risque alors, c'est de ne trouver que ce que nous cherchons, de comprendre ce que nous voulons comprendre. L'utilisation de la Bible dans une discussion, la recherche de " preuves " bibliques évitent rarement ce danger. Il fait une grande disponibilité devant la Parole de Dieu. Il faut avoir la liberté d'entendre ce qu'elle dit vraiment et non ce que nous voulons lui faire dire. Nos préjugés, nos idées toutes faites, notre désir d'avoir raison font obstacle à l'action du Saint-Esprit.

2 - Tenir compte du contexte : on entend souvent citer des versets isolés sans souci du contexte dans lequel ils s'insèrent. Cela peut nous faire passer à côté du sens réel. Pour bien comprendre, il faut se demander. " qu'a voulu dire l'auteur ? Dans quelle intention a-t-il écrit ces mots ? ". Il faut donc connaître la situation de l'auteur et des destinataires du texte, la place du passage dans l'ensemble d'un raisonnement (dans les épîtres, par exemple) ou d'un récit (dans les Evangiles) le contexte historique, social, religieux, politique, etc... Autrement dit, il est bon de se poser les questions classiques : Qui ? A qui ? Quand ? Où ? Quoi ? Pourquoi ? Comment ?

Il est vrai que certains textes et même certains versets peuvent être compris sans une connaissance approfondie du contexte. On peut citer Jean 3 :16 isolément sans en déformer le sens ; mais séparer la parabole du Fils prodigue (ou de la brebis perdue) des deux premiers versets du chapitre 15 de Luc et du contexte social et religieux d'Israël (permettant de situer les pharisiens et les péagers), c'est l'affaiblir. De même, on comprend mal le message des prophètes si on ne tient pas compte du fait qu'ils s'adressent d'abord à des Juifs vivant une situation historique parti culière (par exemple : idolâtrie en Israël, menace d'invasion étrangère, injustice sociale).

Le contexte littéraire est également important : qu'est-ce qui vient avant et après ce passage ? Y a-t-il des parallèles à ce texte et à ses enseignements ? Y a-t-il des passages qui semblent dire autre chose ? (par exemple, Paul et Jacques sur la foi et les oeuvres). Mais aussi : quelle est la place de ce texte dans l'ensemble de la Bible, dans l'histoire de la Révélation ?

3 - Tenir compte du genre littéraire : on ne lit pas un poème comme on lit un récit, nous l'avons déjà vu. Beaucoup de chrétiens croient que la meilleure façon de lire la Bible est de tout prendre à la lettre. Mais l'apôtre Paul nous avertit. "la lettre tue... " (2 Corinthiens 3:6). C'est d'autant plus vrai que nous lisons des traductions et non l'original. Le langage poétique, par exemple, utilise des images. Au Psaume 22, le psalmiste écrit : " De nombreux taureaux sont autour de moi " (v. 13) et " des chiens m'environnent " (v. 17). C'est de ses ennemis qu'il parle et non d'animaux réels. Les exemples abondent dans les psaumes, les prophètes (Ezékiel 36 : le coeur de pierre et le coeur de chair) ou l'Evangile (la paille et la poutre, Matthieu 7). Parfois, un mot courant est utilisé dans un sens plus fort ou plus faible que le sens habituel. Dans Luc 14 :26, la phrase " s'il ne hait pas son père, etc... " a le sens identique à la phrase : " celui qui aime son père... plus que moi " dans le texte parallèle de Matthieu 10:37.

Les nombres peuvent bien entendu avoir une valeur arithmétique précise, mais aussi, très souvent, une valeur symbolique, surtout dans l'Apocalypse : Sept est le nombre de la perfection, douze celui du peuple de Dieu (les douze tribus), etc.

4 - Expliquer la Bible par la Bible : on fait parfois appel à des connaissances variées. psychologie, histoire des religions, sociologie, etc... pour interpréter des textes bibliques. De telles connaissances peuvent rendre des services. Mais elles ne peuvent être qu'un appoint. L'essentiel de ce qu'on doit savoir pour comprendre le message biblique se trouve dans la Bible. La Bible forme un tout, où chaque partie n'a pourtant pas la même importance. Ses différentes pages s'ordonnent selon leur place dans le dessein de Dieu, dans on plan de salut. Le centre de la Bible, c'est Jésus-Christ. C'est en Lui que Dieu se révèle pleinement. C'est lui qui donne son sens à toute la Bible. Dieu ne révèle pas tout son dessein dans chacune des pages de la Bible. Parfois, seul un aspect de son action ou de sa volonté apparaît. Il ne faut pas faire dire à ce passage plus qu'il ne dit. Il fait partie d'un ensemble, où il ne joue pas le même rôle que d'autres textes. Cela explique que différents passages semblent dire des choses différentes, sinon contradictoires. Vouloir opposer une affirmation des Proverbes à une parole de Jésus dans l'Evangile serait folie.

Une même révélation court dans toute la Bible, mais c'est seulement en Jésus-Christ qu'elle peut être pleinement saisie.

Les aides dont on dispose

Puisque c'est par la Bible qu'il faut expliquer la Bible, un des outils les plus précieux est une concordance. Une Bible en parallèles rend aussi de grands services (mais les références sont moins nombreuses et pas toujours bien choisies).

Un dictionnaire biblique fournit la plupart des renseignements dont on peut avoir besoin. C'est malheureusement un ouvrage cher.

Un atlas de la Bible donne des renseignements d'ordre géographique, historique et archéologique. Il en existe à des paix raisonnables.

Les commentaires des différents livres de la Bible peuvent être consultés avec profit. Les uns sont plus scientifiques, les autres plus soucieux d'édification. Ils répondent à des besoin différents et se complètent plus qu'ils ne se concurrencent.

Nous avons déjà parlé des différentes traductions et de leurs notes. Il faut toujours se souvenir que les notes des traducteurs et les commentaires des savants ne sont pas parole d'Evangile. Elles peuvent aider à comprendre un texte, mais ne doivent surtout pas remplacer l'étude du texte lui-même.

N'oublions pas non plus que toutes les techniques, tous les conseils pour bien comprendre n'ont de valeur que s'ils sont mis au service d'une véritable écoute de la Parole de Dieu, d'une pleine disponibilité à ce que Dieu veut nous dire par la Bible. Une attitude de prière ("Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ") est la condition première pour comprendre le message biblique.

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