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Développement Psychologique de l'Enfant
2. Le Développement Psychologique de 0 à 3 ans

Auteur :
Type : Dossier
Thème : Enfance
Source : Lueur   
Publié sur Lueur le
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Sommaire :
  1. Développement Psychologique de l'Enfant
  2. Le Développement Psychologique de 0 à 3 ans
  3. Le Développement Psychologique de 3 à 6 ans
  4. Le Développement Psychologique de 6 à 12 ans

1.1 Le développement moteur et intellectuel

Selon Piaget (théorie développementaliste), la croissance se poursuit de manière régulière.
Sa conception de l'évolution peut être subdivisées en 4 niveaux ou périodes majeures, eux-mêmes répartis en sous-période, appelées stades :

  1. Période sensori-motrice
  2. Période pensée pré-opérationnelle
  3. Période opérations concrètes
  4. Période opérations formelles

Niveau 1 : La période sensori-motrice (de la naissance à 2 ans) :

1er stade (0-1 mois)

Réflexes innés.
Exemple : d'instinct il suce, pleure, tousse, urine, défèque, gigote...

2e stade (1-4 mois)

Acquisitions d'actions adaptatives résultant de son expérience. Il adapte ses actions en fonction de son environnement. On dit qu'il "accommode ses schèmes".
Exemple : il suce son pouce, non plus par hasard, mais par coordination entre la main et la bouche, donc par "accommodation acquise"

A ce stade, il aime à répéter inlassablement les mêmes actions (réactions circulaires primaires(1)).
Exemple : prendre et faire tomber un objet.

3e stade (4-8 mois)

Actions intentionnelles. L'enfant se perçoit distinct du monde extérieur.
L'enfant répète un acte accompli au départ par hasard et qui lui a apporté une certaine satisfaction. Ce sont des réactions circulaires secondaires, c'est-à-dire avec prise de conscience de l'environnement extérieur. L'enfant vise à reproduire des faits qui viennent de se passer par hasard.
Exemple : il touche un hochet mobile, ce qui prouve qu'il est capable de dissocier sa main du hochet et d'autres objets; ce n'est plus par hasard qu'il le touche, mais volontairement.

4e stade (8-12 mois)

Vrais actes d'intelligence. Il y a prise de conscience de la présence de personnes et d'objets : c'est le concept de permanence de l'objet.
Dès que l'objet a quitté le champ de vision de l'enfant, il le cherche.
L'enfant comprend aussi la relation de cause à effet, il sait prévoir une situation et adapter ses actes. Son comportement est dit intentionnel.
C'est le début de l'intelligence pratique qui signifie fixer des objectifs et utiliser les schèmes disponibles comme moyens pour les réaliser.

5e stade (12-18 mois)

Réactions circulaires tertiaires(1). L'enfant recherche par une expérimentation en quoi l'objet ou l'événement est nouveau. Il va non seulement subir mais provoquer les résultats au lieu de se contenter de les reproduire une fois qu'ils se seront manifestés par hasard.
Avant ce 5e stade les actes d'intelligence consistaient essentiellement en une application des schèmes existants à de nouvelles situations, c'est-à-dire l'assimilation à des schèmes déjà acquis de nouveaux événements desquels on ne retenait que les caractéristiques des objets et événements similaires aux schèmes préexistants. A présent, l'enfant accorde d'avantage d'attention à la manière dont les nouveaux objets et événements diffèrent de ses constructions mentales actuelles et il utilise le processus d'accommodation pour remodeler ses schèmes et en construire d'autres plus appropriés. En d'autres mots, l'enfant applique ses moyens connus aux situations nouvelles.

Exemple : l'enfant assis sur le plancher cherche à atteindre un objet hors de portée. Dans ses tentatives pour atteindre le jouet, il tire au hasard l'extrémité du tapis sur lequel le jouet est posé, un acte qui est, soit accidentel, soit un stratagème pour atteindre son but. Quand il se rend compte que ce geste a rapproché le jouet de lui, il tire à nouveau, intentionnellement cette fois, ce tapis, s'en servant comme d'un instrument pour parvenir à ses fins.

1.2 L'acquisition du langage

Les enfants "comprennent" le langage verbal avant de pouvoir s'en servir eux-mêmes.

Avant que l'enfant ne prononce ses premiers mots réels, il émet une série de cris et de sons. C'est d'ailleurs en criant que l'enfant fait son entrée dans le monde.

Après le 1er mois, les cris se différencient en fonction de leurs causes. Les parents proches de leur enfant peuvent commencer à différencier les pleurs, cris : la faim, les coliques, le sommeil, l'angoisse...

De 0 à 1 ans c'est le stade prélinguistique :
Vers 6 semaines : l'enfant émet ce que l'on appelle des roucoulements (gargouillements, cris aigus,...) véritable expression orale de ses besoins et de ses émotions.
Vers 3-4 mois des gazouillis, babillages se font entendre, il "parle" (émissions vocales nombreuses). Il commence à avoir des sons préférés et il lui arrive de les répéter (la-la-la...ma-ma-ma...bi-bi-bi...) On appelle ce phénomène la "lallation".
Entre 9-10 mois, l'enfant semble imiter les sons produits par les autres même s'il ne les comprend pas. "L'écholalie" est donc une sorte de dialogue entre l'enfant et les parents.

A partir d'un an c'est le stade linguistique : L'enfant commence à faire des mots-phrase, il prononce un mot qui pour lui est l'équivalent d'une phrase. Exemple : mia = donne-moi ça; da = fais ça à nouveau; ah = c'est beau... Au mot phrase, succède la préphrase (vers 18 mois) à savoir 2 ou plusieurs mots rangés selon l'importance affective que donne l'enfant (sorte de langage télégraphique). Exemple : Apu bonbon (il n'y a plus de bonbon); Moi pa-ti (Je veux partir)...

A la période de la préphrase, l'enfant entre dans le premier âge questionneur où la question du type "ça c'est quoi ?" correspond à son besoin d'extension de son vocabulaire.

L'accès au langage se poursuit à partir de 2 ans 1/2- 3 ans. Cette évolution s'observe notamment dans l'intérêt croissant que l'enfant porte à la parole de l'adulte, son goût pour les histoires qu'on lui raconte, la découverte du dialogue avec l'adulte, l'utilisation pertinente de questions "où ? quand ? comment ? pourquoi ?" exprimant son intense désir de connaître. Le pourquoi ? exprime à l'origine (vers 2 ans 1/2-3ans) une protestation à une contrainte (Exemple : mange ta soupe!-Pourquoi ?).

A 3 ans époque du deuxième âge questionneur (1er vers 18 mois), le pourquoi signifie "à quoi cela sert-il ?". C'est donc entre deux et trois ans que l'enrichissement du vocabulaire est le plus important (en moyenne le nombre de mots passe de 100-200 à 2 ans à 1000-1200 mots à 3 ans). L'enfant entend le langage parlé par les personnes de son entourage de manière globale. Il en résulte parfois de nombreuses déformations (date pour regarde/ yateau pour rateau/ apapé pour attrapé...) Ces déformations disparaissent tout naturellement entre 4-7ans pour autant que les adultes ne se mettent pas à "parler bébé".

1.3 Le développement affectif

A 4 semaines, le bébé réagit positivement au confort et à la satisfaction de ses besoins, négativement à l'inconfort et aux frustrations. Il fixe le visage humain. Petit à petit les pleurs se différencient et s'érigent en moyen de communication pour exprimer divers types d'inconfort.
A 16 semaines, il ne se limite plus à fixer le visage, mais il lui sourit. Il reconnaît sa mère, anticipe les événements. Il commence à être plus actif, commence à jouer. Son besoin de sociabilité augmente. Il aime qu'on s'occupe de lui.
A 40 semaines, sa discrimination sociale (fait des différences entre les personnes) est plus grande et il commence à imiter.
A 1 an il aime avoir un public, mais il traverse une période de timidité vis-à-vis des étrangers.
A 15 mois, il affirme son indépendance par rapport à l'alimentation, mais il est encore maladroit. les contacts de personne à personne s'affinent.
A 18 mois, il aime participer à son habillement et déshabillement. Il vit dans l'ici et maintenant. le sens de la propriété apparaît. il prend plaisir à participer aux tâches domestiques. C'est un âge plutôt turbulent.
A 2 ans, il dit souvent, triomphant : "ça y est!". Tout aussi fréquente à cet âge là, l'expression "c'est à moi" qui révèle son incapacité à partager.
A 2 ans 1/2, incapable de choisir entre 2 alternatives. Il est indécis et commence donc à craindre les choses qui lui paraissent trop nouvelles. besoins de rites autour du bain, de la mise au lit, ...Il commence à s'opposer et se montre très autoritaire. A cet âge paradoxal, il peut se montrer timide, agressif, reculer, avancer...Le sentiment du Moi et de ses besoins est très aigu.

1.3.1 La relation objectale (relation à l'objet) (selon Spitz)

L'enfant se différencie peu à peu de sa mère et la relation objectale s'établit vers la fin de la première année. Son développement comporte trois stades :

Stade non objectal : le nouveau-né ne différencie pas le moi du non-moi. Entre 2 et 3 mois, le nourrisson suit des yeux les mouvements d'un visage et fixe le visage de sa mère durant la tétée. La peau du bébé est en contact avec celle de la mère, il est sensible aux changements de position.

Le sourire du 3e mois (stade du précurseur de l'objet) : entre 2 et 6 mois l'enfant sourit à n'importe quel visage mobile représenté de face, de façon qu'il puisse voir les deux yeux. L'enfant répond à une image, pas à une personne privilégiée. L'apparition de la réponse par le sourire marque le début des relations sociales chez l'homme. Elle constitue le prototype et la base de toutes relations sociales ultérieures. A 3 mois, l'enfant devient une entité psychologique distincte, il différencie le Je (ce qu'on sent à l'intérieur) et le non-Je (ce qu'on voit à l'extérieur).

L'angoisse du 8e mois (stade de l'objet libidinal) : Après 6 mois, l'enfant ne sourit plus à n'importe quel visage, tout inconnu l'effraie. Il distingue donc bien ses parents, puis les personnes amies, des personnes étrangères.

1.3.2 Le développement de l'attachement (selon Bowlby)

Bowlby étudie le lien qui unit l'enfant et la mère : il l'appelle l'attachement.
Il s'agit pour lui d'un comportement instinctif présent chez l'individu par empreinte : "phénomène par lequel, dans les premiers moments de l'existence, le jeune animal fixe d'une manière irréversible l'aspect du premier objet en mouvement qu'il rencontre (en général un des parents ou un congénère) et qu'il suivra désormais" (Thines et L'empereur)

L'attachement consiste en une interaction - une communication- qui vise à rapprocher la mère et l'enfant.

Elle comporte :
- des signaux pour attirer et retenir l'attention de la mère : crier, appeler, sourire, bailler, tendre les bras...
- des comportements d'approche : chercher, suivre, se cramponner, sucer.

Le développement de l'attachement comporte 4 phases :
- Les signaux existent mais ne s'adressent pas à une personne en particulier (12 semaines)
- Les signaux sont dirigés vers une (ou plusieurs) figures discriminées (6 mois)
- L'enfant reste à proximité d'une figure discriminée par la locomotion comme par les signaux(6-7 mois à 2-3 ans). L'enfant explore son environnement à partir de sa mère et pour se rassurer retourne fréquemment vers elle.
- A 8 mois, il a peur des étrangers, mais à 2-3 ans il peut s'attacher à une figure secondaire, s'il s'agit de quelqu'un de familier qu'il a connu, s'il n'est pas malade et s'il est sûr de revoir sa mère et s'il sait où elle est. Formation d'une relation objective où la mère devient un objet indépendant, permanent dans le temps et dans l'espace.

1.3.3 : les différents stades (selon Freud)

Les stades de l'évolution psycho-sexuelle de l'enfant sont :
- stade oral (0-1 an)
- stade anal (1-3 ans)
- stade phallique (3-6 ans)
- période de latence (6-12 ans)
- stade génital ( à partir de la puberté)

Pour les enfants de 0-3 ans c'est donc le stade oral et anal.
Le stade oral c'est lorsque la zone érogène, c'est-à-dire liée à la sensation de plaisir, est la bouche.
Le stade anal c'est lorsque l'enfant a atteint le contrôle de ses sphincters. Freud pense alors que l'enfant retire un plaisir à retenir ses matières fécales (désir de maîtrise et de puissance).

1.4 le développement social

A partir de 6 mois, chaque bébé fait connaissance avec ses voisins immédiats : placés ensemble sur un tapis ou un parc, les enfants se recherchent, ils s'étreignent, s'accrochent, sans paraître d'abord s'en rendre compte.
Vers 8-9 mois, la découverte de l'autre se développe avec la locomotion : les enfants commencent à s'observer, se toucher, se sourire, s'imiter, se tendre des objets, se livrer à toutes sortes de manoeuvres d'approche. Les jeux à 2 à cet âge consistent en manifestations affectueuses ou agressives : se caresser, s'embrasser, se mordre, se tirer les cheveux..
Vers 9 mois, apparaît la jalousie : l'enfant crie, pleure quand une grande personne s'occupe d'un autre enfant. Les premiers conflits au sujet d'objets naissent aussi bientôt.
A 18 mois, l'enfant ne pleure plus avec l'autre, mais essaie de le consoler : il éprouve de la compassion, le désir d'aider et de soulage. La sympathie devient possible, l'enfant faisant la différence entre soi et autrui.

Mère et Père influencent le profil de comportement de l'enfant et les premières années de la vie se révèlent capitales pour son élaboration. Le développement social comme le développement affectif, se constitue donc en grande partie entre 0-3 ans et à partir de la relation aux parents.


1 Réactions circulaires primaires = actes répétitifs;
Réactions circulaires secondaires = répétitions intentionnelles d'actes gratifiants;
Réactions circulaires tertiaires = répétition de faits originaux sous une forme modifiée.

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