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Etudier toute la Bible

Auteur :
Type : Enseignement
Thème : La Bible
Source : Construire Ensemble
Réf./Date source : 01/11/1999  
Publié sur Lueur le
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Une cohérence remarquable

On entend quelquefois dire que la Bible serait pleine de contradictions et qu'il y aurait même des incompatibilités entre Nouveau et Ancien Testaments, entre Jean et les auteurs des évangiles synoptiques, entre Jésus et Paul, pour se limiter à quelques exemples. Ce que ressent au contraire quiconque entreprend la lecture de la Bible sans préjugés et avec un minimum de sympathie pour ses textes, c'est le sentiment fort qu'ils révèlent un seul et même Dieu, bref c'est leur unité. Cette constatation est encore plus frappante quand on sait qu'ils ont été écrits par plusieurs dizaines d'auteurs durant plusieurs dizaines de siècles.

Il faudrait pouvoir disposer de l'espace de plusieurs études spécifiques pour montrer que les prétendues contradictions sont très exagérées et, par exemple, combien au contraire la complémentarité des témoignages des apôtres renforce leur véracité, combien la tendresse que l'on voudrait réserver au seul Christ dans le Nouveau Testament est aussi présente chez l'Eternel dans l'Ancien Testament ; inversement la colère de l'Eternel est aussi celle de l'Agneau. Il n'y a rien d'étonnant à cela puisqu'il s'agit dans les deux cas du même Dieu. De même une étude attentive des textes dont Paul est l'auteur et des évangiles montrerait combien l'apôtre, qui n'a pas connu le Christ "selon la chair", est néanmoins imprégné de son Esprit et inspiré par son comportement. On ne pourrait plus douter que Paul soit bien, comme il le revendique, un apôtre légitime de Jésus-Christ.

La cohérence des Ecritures n'empêche pas que tout n'est pas dit tout de suite, qu'il y a une progressivité dans la révélation. Il ne faudrait pas oublier qu'elles forment un livre épais qui, dans nos éditions, comporte en moyenne 1200 pages. Jean 3,16 est certes un beau texte ; cependant Dieu n'a pas réduit sa révélation à ce verset mais a jugé utile de la développer au long des 66 livres bibliques. On y trouve à la fois progression et continuité : tout n'est pas dit tout de suite, mais chaque fois ce qui est dit est vrai et cohérent avec ce qui précède et suit. De cette constatation provient le grand principe d'interprétation selon lequel l'Ecriture doit être expliquée par l'Ecriture.

Les connaissances bibliques risquent d'être fragmentaires si seulement quelques passages favoris de la Bible sont lus ou prêchés et les autres délaissés. L’Ecriture Sainte tout entière est indispensable à la connaissance non seulement du dessein complet de Dieu mais aussi de sa personne. Il est normal que chacun ait des passages préférés, mais il y a danger de s'en tenir à ceux-là seulement ; si une nourriture d'adulte ne succède pas au lait, le risque est grand que la croissance soit compromise. Une lecture sélective et répétitive des cinq ou six mêmes passages fait courir le risque d'un certain simplisme, d'un appauvrissement voire d'un déséquilibre de la foi. Au contraire la lecture de textes favoris sera enrichie après un long détour par d'autres textes. La Bible seule (Sola Scriptura) veut dire toute la Bible car si rien ne doit y être ajouté, rien non plus ne doit en être retranché.

D'une lecture (apparemment) facile à l'étude approfondie

La simplicité biblique, devenue expression proverbiale, est-elle fondée ? Les évangiles, qui passent parfois pour les écrits les plus simples de la Bible, rendent compte de la fréquente incompréhension des auditeurs de Jésus (Marc 7:18 ; Marc 8:17 et Marc 8:21 ; Jean 8:43) qui s'exprimait pourtant le plus souvent dans un langage imagé (les paraboles) apparemment facile à comprendre. Apparemment seulement, car le Seigneur affirme que ce langage même est destiné à être totalement hermétique aux uns (Matthieu 13:11-13) ! Et il ajoute que la compréhension des mystères du règne de Dieu est toutefois donnée aux autres. Effectivement, les apôtres, lents à comprendre antérieurement à la Pentecôte, ont montré ensuite leur grande intelligence du règne de Dieu. Tout chrétien né de l'Esprit de Dieu appartient aussi à la seconde catégorie et trouve, dans le don de comprendre qui lui est promis, non un prétexte à paresser mais la raison de mettre en œuvre toutes les ressources à sa disposition.

On ne peut pas dire des écrits bibliques qu'ils sont ésotériques ; et c'est pourquoi le bon sens pèse plus que l'instruction pour saisir le cœur de leur enseignement. Toutefois il ne faut pas le cacher, ces écrits ne sont pas toujours faciles. Par exemple dans l'affirmation suivante, Jésus emploie un vocabulaire extrêmement simple, mais je serais étonné que quelqu'un puisse dire l'avoir comprise en une seule lecture : "Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a" (Matthieu 13:12 etc.). Nous supposons avec raison que cette phrase a un sens important que le texte ne livre pas immédiatement, et il en est souvent ainsi avec beaucoup d'autres textes bibliques. Deux conditions me semblent devoir être remplies pour trouver leur sens qui seul finalement édifie : sonder, étudier les textes, ce qui requiert efforts et recherches (l'aide de commentaires bibliques sera très utile, et il y en a d'excellents, de ceux de Calvin à ceux publiés par Edifac par exemple) ; ensuite se soumettre au sens objectif (alors et là-bas) des textes avant de les intérioriser (ici et maintenant) trop précipitamment. La vérité n'est certes jamais périmée et reste valable en tous lieux et en tous temps, encore faut-il s'assurer qu'elle est la vérité du texte, et non pas une projection de nos désirs.

Les études bibliques en commun représentent une autre ressource mise à notre disposition pour éviter une lecture superficielle. Celles-ci, et la prédication, ne sont-elles pas les moyens par lesquels toute église persévère dans l'enseignement des apôtres, premier des quatre piliers qui constituent ses fondations (cf. Actes 2:42) ? L'enseignement des apôtres vient en premier car il est le fondement de la suite : la communion fraternelle, le culte rendu à Dieu et la prière qui clôt légitimement le tout parce que l'enseignement qui porte sur Dieu, une personne vivante, ne serait pas exact s'il se limitait à parler de Dieu et ne conduisait pas à parler à Dieu pour le louer et pour lui exprimer confiance. Combien de fois le substantif enseignement (ou doctrine) et les verbes correspondants se rencontrent dans la Bible et notamment dans le Nouveau Testament* ! Le Seigneur même, dans les jours de sa chair, ne fut-il pas un Maître enseignant inlassablement avec une pleine autorité (Marc 1:22) et interrogeant : Avez-vous compris toutes ces choses (Matthieu 13:51) ? En effet Dieu attend de nous que non seulement nous croyions, mais aussi que nous comprenions (cf. Esaïe 43:10). Car, nous ayant créés, il sait que nous vivons seulement ce que, par sa grâce, nous avons enfin compris.

 

L'Ecriture Sainte tout entière est indispensable à la connaissance non seulement du dessein complet de Dieu mais aussi de sa personne.


* Mt 7.28 ; Marc 11.18 ; Luc 4.32 ; Jn 7.16-17 ; Jn 18.19 ; Ac 9.2, 13.12, 17.19, 22.4, 24.22 ; Rm 6.17 ; 1 Co 14.6 ; Ep 4.14 ; 1 Tm 1.10, 4.6, 6.1, 6.3 ; 2 Tm 4.3 ; Tt 1.9, 2.1, 2.10 ; He 6.2 ; 2 Jn 1.9-10.

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