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Fanatisme et religion

Auteur :
Type : Réflexion
Thème : Religions et Croyances
Source : Croire & Servir
Réf./Date source : 01-2002
  
Publié sur Lueur le
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La violence est de tous les temps. Mais aujourd'hui, une des formes de violence qui suscite le plus d'inquiétudes est celle qu'ont illustrée les attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center à New York et le Pentagone à Washington: la violence des fanatiques.

Ces attentats ont été de toute évidence préparés de longue date avant d'être exécutés et leurs auteurs avaient sciemment choisi de sacrifier leur vie pour mener à bien leur entreprise de mort. Un tel mépris de la vie, une telle mystique de la mort font froid dans le dos.

Le fanatique, selon un dictionnaire, est une personne animée d'une foi absolue et d'un zèle aveugle. Un zèle qui ne manque peut-être pas d'intelligence (il en fallait pour concevoir et réussir de tels attentats), mais une intelligence aveugle aux souffrances des victimes et aux droits des autres. Le fanatique ne craint pas de s'attaquer à des innocents. À ses yeux, quiconque n'est pas avec lui est contre lui. Quiconque n'obéit pas aux idées et aux lois qu'il prône est un ennemi à soumettre ou à supprimer. La plus totale intolérance le caractérise.

Fanatisme et religion

Il faut reconnaître que la religion a parfois encouragé les fanatismes. Les guerres dites « saintes » ont souvent été sans pitié et l'intolérance religieuse a été cause de graves injustices et de persécutions meurtrières.

Mais le fanatisme n'est pas limité à la religion. Il y a aussi un fanatisme politique: que l'on pense aux attentats de l'E.T.A. en Espagne et, plus loin dans le temps, aux persécutions contre les Juifs et aux camps de concentration dans l'Allemagne Nazie ou encore aux purges stalinienne et au Goulag en U.R.S.S. Il y a aussi un fanatisme tribal comme lors des massacres du Rwanda.

Il est grave de confondre la religion avec les intégrismes intolérants et meurtriers. L'islamisme est une déformation de l'islam, tout comme l'inquisition et les guerres de religion ont été des trahisons du christianisme.

La volonté de puissance

A la racine de ces trahisons, il y a la volonté de dominer et de soumettre les autres. Lorsque des extrémistes ont recours à la force pour imposer leur loi, c'est la soif du pouvoir qui les guide, et non la religion. Trop souvent les hommes ont fait de la religion un paravent pour la volonté de puissance. Dieu a servi à justifier la domination que les uns (les puissants, les riches) exercent sur les autres. D'où l'alliance du pouvoir politique et du pouvoir religieux (du sabre et du goupillon). D'où aussi la nécessité d'embrigader tous les hommes sous la même bannière religieuse pour assurer l'unité de la nation. C'est ce qui conduit à la persécution des non-conformistes, comme au temps de Louis XIV en France.

Il n'y a plus de place alors pour la liberté de conscience. L'individu n'est pas reconnu en tant que tel, il n'a pas le droit d'avoir (et encore moins d'exprimer) des convictions différentes de celles de la communauté dont il fait partie. On ne peut tolérer ceux qui refusent de s'aligner; tous les moyens sont bons pour les obliger à se soumettre.

Rien ne peut être plus éloigné de l'enseignement du Christ.

Le message et l'exemple de Jésus

L'Évangile nous montre comment il a pleinement respecté la liberté de choix de ses interlocuteurs. On le voit qui les exhorte certes, les appelle à la foi, les invite à réfléchir, mais il leur laisse la liberté de décider par eux-mêmes. Il ne cherche pas à imposer des règles morales rigides accompagnées de sanctions pour ceux qui désobéissent. Par contre, il se montre sévère à l'égard des chefs religieux qui exercent une autorité pesante sur le peuple, en prêchant aux autres la soumission. Il n'exerce pas de pression sur les faibles pour mieux les embrigader. Il déclare au contraire qu'il ne brisera pas le roseau froissé et n'éteindra pas le lumignon qui fume encore (Es 42.3). Quand quelques-uns de ses disciples jugent plus prudent de le quitter, il ne fait rien pour les retenir. Au contraire, il demande aux autres : Ne voulez-vous pas aussi vous en aller ? (Jn 6.67).
Quand d'autres disciples sont tentés de faire usage de la force contre des opposants, il les reprend vivement. Jésus a été un homme de paix et il a tracé un chemin de paix.

Sa vie a été tout le contraire d'une alliance avec le pouvoir, mais plutôt une remise en question des détenteurs du pouvoir, qui ne s'y sont pas trompés et ont cherché à se débarrasser de lui en le crucifiant.

Il y a une contradiction absolue entre le message du Christ et le recours à la violence pour faire plier les autres. La réponse que Jésus attend de ceux qui entendent sa parole est faite de confiance et d'amour. Ni la confiance, ni l'amour ne peuvent être obtenus parla menace ou par la force, mais seulement par un amour vrai, respectueux de la liberté de chacun. C'est un tel amour que Jésus a manifesté jusqu'à livrer sa vie.

Quand il est mort sur la croix, tous, y compris ses disciples, se sont dit « L'amour ne fait pas le poids face à la force. La voie de Jésus est une voie sans issue ». Mais Dieu lui-même a donné raison à Jésus en le ressuscitant d'entre les morts. Le chemin de la douceur, de l'amour et de la paix est le chemin de Dieu.

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