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Et Dieu confondit le langage religieux

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Type : Réflexion
Thème : L'Eglise
Source : Croire & Servir   
Publié sur Lueur le
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La question demeure: un Dieu mais plusieurs approches: baptiste, catholique, luthérienne, pentecôtiste, réformée, pour ne citer que celles-là. Dans ce réseau ecclésial, on a vu toutes sortes de comportements. De l'inquisition catholique, on est arrivé aujourd'hui à voir dans les non-catholiques et surtout dans les protestants, des frères dans la foi en les ayant tout d'abord traités de frères dissidents. Du côté protestant, surtout de l'aile évangélique, l'Eglise catholique a longtemps été considérée comme la grande prostituée, la Babylone de l'Apocalypse. Aujourd'hui, on admet volontiers qu'il y a des âmes sauvées chez les catholiques comme il y a des âmes perdues chez les protestants (ce que reflète surtout l'ecclésiologie évangélique qui distingue bien entre Eglise locale et Eglise universelle). Pour justifier ce changement de ton, on n'hésite pas à souligner avec force que la doctrine de la trinité est professée aussi bien chez eux que chez nous. Donc, d'une manière générale, la tendance est plutôt au respect mutuel et à l'amour fraternel dans la diversité.

Diversité, c'est le mot sur lequel je m'interroge maintenant. Peut-on voir dans cette diversité, un signe de Dieu? Et si signe il y a, CONTRE quoi et POUR quoi? Pour répondre à ces questions, la méditation de Genèse 11:1-9 qui nous rapporte l'histoire de la tour de Babel, m'a donné des pistes de réflexion.

A Babel, ville de la plaine de Chinéar, Dieu "confondit le langage de toute la terre" parce que les hommes voulaient s'élever jusqu'à lui. Au verset 4, nous lisons qu'ils se dirent l'un à l'autre: "Allons! bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel". Dieu est intervenu contre ce projet pour contraindre les habitants de Babel à rester dans le plan divin.

Dans cette construction qu'ils ont imaginée, il ne s'agissait pas simplement de construire une ziggourat pour observer les étoiles, mais d'une réelle volonté d'atteindre le Très-Haut, comme l'exprime d'ailleurs le nom de cette ville "Babel" qui signifie en babylonien "Porte-de-Dieu", c'est-à-dire la porte qui ouvre sur la divinité. L'entreprise était donc hautement religieuse et la religion, c'est vouloir faire des efforts pour atteindre Dieu.

Le plan de Dieu consistait à disperser l'humanité sur toute la surface de la terre, non pas dans le seul but de remplir la terre, mais afin que le nom du Créateur soit invoqué par tous et partout. Se regrouper en une seule entité, en un corps géant englobant ou enfermant, n'aurait en rien honoré Dieu mais, au contraire, n'aurait profité qu'à la gloire des meneurs d'hommes.

En relisant l'histoire de l'Eglise chrétienne à la lumière de ce texte de Genèse 11:1-9, je ne peux m'empêcher de croire que Dieu a confondu le langage religieux des hommes au 16ème siècle, en imposant la réforme de Luther et la naissance de différentes communautés dites protestantes. Dans la diversité de l'Eglise chrétienne, je vois le signe de Dieu contre un gigantisme qui glorifie l'homme, et pour que Christ le Sauveur soit présenté, de toute manière, à tous.

L'apôtre Paul écrivait aux Philippiens : "Certains, il est vrai, prêchent le Christ par envie et rivalité, mais d'autres dans des dispositions bienveillantes. Ceux-ci agissent par amour,... tandis que ceux-là annoncent le Christ dans un esprit de rivalité; leurs intentions ne sont pas pures... Qu'importe! De toute manière, que ce soit sous un faux prétexte ou que ce soit en vérité, Christ est annoncé; je m'en réjouis et je m'en réjouirai encore" (Ph 1.15-18).

Certes, dans la diversité, il n'est pas toujours facile de se comprendre, d'accorder ensemble les violons. Il est parfois même quasiment impossible de le faire. Mais si nous examinons bien nos comportements à cet égard, nous nous apercevons que la difficulté est toujours liée au fait que nous voulons mettre les cordes de notre violon sur le violon de l'autre ou voulons jouer la partition de l'autre avec notre violon. Il convient donc de laisser l'autre jouer sa partition. Bien sûr, par moment, nous entendrons les accents dissonants chez lui. Mais il faut savoir que le grand compositeur sait et entend qu'ils entrent bien dans la symphonie qu'il a écrite. Et si la dissonance est le résultat d'un mauvais coup d'archet il connaît assez bien son oeuvre pour pouvoir intervenir quand il le juge nécessaire.

Disons donc, avec courage: "Bienheureuse diversité pour que Christ soit prêché, de toute manière, à tous pour que Dieu soit loué en tous et par tous."

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