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Avortement et perte d'enfant : un enjeu spirituel
5. Le planning familial de Pharaon

Auteur :
Type : Dossier
Thème : Avortement
Source : Aimer & Servir   
Publié sur Lueur le
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Sommaire :
  1. Avortement et perte d'enfant : un enjeu spirituel
  2. Perte d'un enfant : exemple de David
  3. Résilience et enfant de remplacement
  4. Briser le cercle de l'avortement
  5. Le planning familial de Pharaon
  6. Libérer de l'avortement

Revenons encore sur un autre fondement judéo-chrétien, la sortie d'Egypte. Les dix plaies marquent encore notre culture aujourd'hui.

Quel type d'oppression les Hébreux subissaient-ils en Egypte ? Le travail, la brique et puis la paille ? Non, ce fut beaucoup plus subtil que cela. En sortant d'Egypte, les Hébreux échappaient enfin à la stratégie de planning familial imposé par Pharaon. « Il s'éleva sur l'Égypte un nouveau roi, qui n'avait point connu Joseph. Il dit à son peuple: Voilà les enfants d'Israël qui forment un peuple plus nombreux et plus puissant que nous. Allons! montrons-nous habiles à son égard; empêchons qu'il ne s'accroisse, et que, s'il survient une guerre, il ne se joigne à nos ennemis, pour nous combattre et sortir ensuite du pays. » (Ex 1.8-10). Pharaon se sent donc menacé par un peuple qui, jusque-là, fut une bénédiction pour l'Egypte. Cela nous parle au sujet des enfants avortés et de la stratégie du Prince de ce monde. Aujourd'hui, on envisage volontiers la venue d'un enfant comme une menace.
Pharaon s'est senti menacé par les enfants des Hébreux. Quelque chose a basculé dans son regard sur les enfants. Pharaon décide : « Soyons rusé et habile. Astreignons ce peuple à un rude labeur et limitons sa croissance » (Ex 1.10). Dieu avait dit à Adam et Eve : « Croissez et multipliez » (Gn 1.28). Pharaon dit : « Il faut que ce peuple diminue ». N'est-ce pas une grande tragédie aujourd'hui que tant d'hommes, de femmes, tant de familles, aient peur d'avoir des enfants ?

Quelque chose
a basculé
dans son regard
sur les enfants

Il y eut dix terribles jugements de Dieu sur l'Egypte. La dixième plaie engendra la mort de tous les premiers-nés des Egyptiens, jusqu'au premier-né de Pharaon. Le coeur de Pharaon, ce terrible tyran, fut touché par la mort de son fils. C'est devant la mort de son fils qu'il s'est incliné. Quatre-vingts ans auparavant, Moïse lui-même, échappait au planning familial de Pharaon par la détermination de sa mère choisissant d'abandonner son bébé, plutôt que de le voir mourir. Il est aussi important de relever qu'il y eut restitution de la part des Egyptiens qui ont couvert les Hébreux d'or et d'argent au moment de leur départ au désert. Dans la suite de l'histoire, l'Egypte s'est révélé être le plus souvent un pays ami d'Israël.
Des prophéties indiquent que, dans l'avenir, le sort de l'Egypte sera encore intimement lié à celui d'Israël. Jésus a trouvé refuge en Egypte au moment où Hérode fit massacrer tous les enfants de Bethlehem. La terrible discipline de Dieu sur l'Egypte fut donc efficace ; elle a porté des fruits à long terme et en portera encore.

La justice de Dieu, un poids, deux mesures ?

Quarante ans plus tard dans le désert, après la mort de Moïse, Dieu dit à Josué : « Tu vas maintenant entrer dans le pays des promesses, habiter des maisons que tu n'as pas construites, boire du vin des vignes que tu n'as pas plantées. C'est le pays que je t'ai promis. Dieu dit encore : Tu vas dévouer par interdit toutes les populations qui sont dans cette région. Les neuf tribus habitant en Canaan, tu vas les massacrer tous, hommes, femmes, enfants et tout leur prendre. » (Dt 7.1-2, Dt 20.17). On dira ce que l'on voudra sur la gravité des péchés commis par les Cananéens, mais comment se fait-il que Dieu ne les ait pas avertis ? Où est la pédagogie de Dieu ? Pharaon a été averti au moins dix fois. Mais pour les Cananéens, il n'y a eu aucun avertissement et aucun appel possible : « Tous ceux que tu laisseras seront des épines dans tes yeux. » (Nb 33.55). Où est l'amour de Dieu ? Nous devons comprendre que certains puissent être en difficulté avec ce fondement du judéo-christianisme. Après avoir longtemps cherché, je me suis finalement posé la question suivante : Les Cananéens ont-ils fait pire que les Egyptiens ? Parce que sur le plan de l'ésotérisme, de l'occultisme, et autres idéologies morbides, les Egyptiens n'avaient pas beaucoup de leçons à recevoir des Cananéens.

Le comble de l'iniquité

Dans Genèse 15.16, Dieu parle à Abraham d'un comble de l'iniquité qui sera atteint par les nations vivant en Canaan. Bibliquement, il y a donc un comble de l'iniquité. De quoi s'agit-il ? Le comble de l'iniquité fut atteint par les peuplades de Canaan, dès l'instant où elles se mirent à sacrifier leurs propres enfants. Ce faisant, ces peuples espéraient s'attirer la faveur ou apaiser la colère de leurs dieux. Le sacrifice de leurs propres enfants était devenu un culte, une idéologie. Dès lors, comment serait-ce possible de fonder la pédagogie de la loi ? Comment saisir l'Evangile ? Comment présenter Dieu, le Père qui donne Son Fils en sacrifice, à une génération qui sacrifie ses propres enfants en croyant plaire à Dieu ? S'il y a un tel cynisme aujourd'hui face à l'Evangile, n'est-ce pas qu'il devient incompréhensible, voire insupportable pour beaucoup ? Comment annoncer aux enfants de remplacement ou aux survivants de l'avortement que l'amour du Père a consisté à livrer Son Fils en sacrifice pour eux ? Mes parents ont fait pareil. Cette génération est en train de s'engager dans les démarches spirituelles les plus farfelues et les plus dangereuses qui soient, parce que la notion même de la rédemption par le sang du Fils pour accomplir la justice du Père n'a plus aucun sens pour elle. L'ordre de destruction des nations en Canaan ne faisait qu'accélérer un processus d'autodestruction inéluctable. C'est là, la différence marquante permettant de comprendre la différence des jugements de Dieu entre l'Egypte et Canaan. Ainsi, nous percevons mieux les enjeux spirituels de l'avortement.

Pharaon sacrifiait les enfants d'un autre peuple. Mais par-dessus tout, il aimait son fils. C'est là que Dieu a trouvé une ultime prise pour le discipliner.

Les Cananéens sacrifiaient leurs propres enfants pour s'éviter des problèmes, ils finirent par penser rendre un culte à Dieu. Il n'y avait plus de salut possible.

Père, pardonne, car nous ne voulons pas savoir ! Sous le joug de Pharaon, les Hébreux subissaient une terrible oppression. Il est permis, néanmoins, de se demander comment les Hébreux, devenus si puissants, au point de représenter une menace pour Pharaon, se soient laissés faire ? Et nous, les chrétiens, ne nous laissons-nous pas faire ? Les Hébreux avaient l'excuse de ne pas connaître la suite de l'histoire, mais nous la connaissons. Nous connaissons les motivations du Prince de ce monde et le laissons faire, sans réagir, ou si peu. Pire que cela, nous participons financièrement à l'industrie de l'avortement. Oui, nous sommes financièrement solidaires du plus grand génocide de l'humanité. Comment va-t-on expliquer cela devant le Trône ? Quelle crédibilité, quelle autorité avons-nous pour espérer aider les survivants de l'avortement et les enfants de remplacement, si nous sommes tacitement d'accord de financer l'avortement ?

Discerner entre oppression et idéologie

La sortie spectaculaire d'Egypte montre que l'oppression du planning familial de Pharaon, qui voulait contrôler la croissance d'une autre ethnie, a pu être révélée et disciplinée. A contrario, la sortie du désert indique que, lorsque des familles, des nations entrent dans la logique du sacrifice de leurs propres enfants en croyant s'éviter des problèmes, les signes précurseurs d'une idéologie du sacrifice des enfants se présentent. A court terme, il n'y eut plus de secours, ni de recours possible auprès du Dieu de la Bible. Une ruine soudaine les a surpris. C'est pourquoi, dans les diverses situations concrètes auxquelles nous sommes pratiquement confrontés, il nous faut apprendre à discerner entre ces deux aspects. S'il s'agit d'une personne, d'une famille subissant l'oppression et les conséquences de l'avortement, il convient de les accueillir et d'apprendre à offrir un secours adéquat au syndrome post-avortement. Nous sommes appelés à entrer dans cette affliction en priorité. La véritable religion consiste à visiter les veuves et les orphelins dans leur affliction.
Jésus prévient : « Malheur aux femmes enceintes en ces jours-là ! » (Mt 24.19, Mc 13.17). Cela signifie pour moi que Jésus nous annonce un temps où une grossesse pourra être envisagée comme une punition, un accident, une malédiction. Par contre, s'il s'agit d'une personne, d'un thérapeute ou d'un lobby adhérant à une idéologie pro avortement, nous devons nous y opposer de toutes nos forces, les dénoncer et les combattre. Il est possible de discerner une telle tendance idéologique, dès qu'il est suggéré que l'avortement puisse éventuellement être agréé par Dieu. Pour le chrétien, il n'y a pas d'entrée en matière possible. Il nous faut aussi apprendre à confondre les idéologues pro avortement qui utilisent la détresse des femmes pour alimenter leur discours de bienfaiteurs de l'humanité. Tous les responsables de génocides étaient persuadés de rendre service à l'humanité. Paul a cru sincèrement qu'il pouvait plaire à Dieu en persécutant les chrétiens. Dieu a su le faire tomber de sa monture.

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