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La souffrance
3. La souffrance dans d'autres cultures ou religions

Auteur :
Type : Dossier
Thème : La souffrance
Source : Aimer & Servir
Réf./Date source : 123  
Publié sur Lueur le
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Sommaire du dossier :
  1. La souffrance
  2. La souffrance dans d'autres cultures ou religions
  3. La souffrance, de l'individu aux nations
  4. Les buts de la souffrance
  5. Comment gérer la souffrance ?

Nous sommes en contact avec des cultures différentes ; connaître l'autre, ce qu'il vit, et ce qu'il interprète est aussi un moyen de l'approcher avec la conception biblique, de manière à établir un pont. Souvent, nous remarquons que la souffrance subie est liée à beaucoup de crainte.

Dans la pensée polythéiste, animiste, la souffrance est vécue ou perçue comme quelque chose que l'on a fait à l'encontre des puissances divines.

Dans l'islam, la souffrance est vécue avec fatalisme « il faut subir » ; il n'y a pas grand chose à faire ; si Dieu l'a voulu ainsi, on doit y passer. Dans la pensée fataliste, tous les éléments sont fixés à l'avance par le destin, ce qui doit arriver arrive. L'islam comprend donc difficilement la souffrance, mais on ne peut entrer au paradis sans être éprouvé : ainsi la souffrance aurait un rôle rédempteur. Ceci est en opposition avec la pensée biblique, car le salut dans la Bible est lié à l'acceptation de Jésus-Christ ; notre souffrance a alors un rôle d'école, mais elle n'est pas notre salut. Ce fatalisme aura comme conséquence néfaste : une grande difficulté à changer les pratiques à cause de la résignation.

Dans l'hindouisme, la sagesse est d'arriver à une attitude de complète indifférence et de détachement face aussi bien à la joie qu'à la souffrance, ainsi qu'au froid, à la chaleur dans tous les éléments de la vie. Les textes hindous disent que « Rien n'est douloureux ou n'apporte du plaisir, mais c'est notre façon de penser qui transforme ces événements. » Dans cette religion, la souffrance et la maladie sont toujours méritées, parce qu'elles sont les conséquences d'erreurs commises dans les vies antérieures. Il faut aussi subir, comme dans l'Islam, et même, il ne faut pas changer les choses, sinon la prochaine réincarnation pourrait être moins bonne ! On approche la souffrance en esclave ; souffrir pour expier est nécessaire, car il n'existe pas de pardon, et c'est le moyen d'obtenir une meilleure réincarnation ; mais le paradoxe est que si vous empêchez les autres de souffrir vous aurez vous, une meilleure réincarnation, c'était tout le dilemme de Gandhi. On apprend à surmonter la souffrance dans l'hindouisme par des pratiques telles que la méditation, le détachement ; mais il existe aussi des rites de protection par des amulettes, formules sacrées, tout comme dans l'islam. Le climat de peur accompagne ainsi la souffrance.

Dans la pensée humaniste, l'objectif était de construire un monde meilleur, sans souffrance, par le biais des capacités intellectuelles de l'homme ; la raison est ainsi déifiée, et l'homme est au centre, alors que Dieu est rejeté. La foi est placée dans la science, la raison, l'expérience, et ainsi la souffrance sera vécue comme un échec, quelque chose d'inutile. L'être humain est réduit à la matière ; c'est un corps, éventuellement avec un intellect, des pensées, une volonté ; il s'agit d'une approche réductionniste, matérialiste. Cette notion en elle-même génère de la souffrance, car l'homme n'est pas qu'un corps ; de nombreuses maladies sont d'origine psychologique, et même spirituelle. L'humanisme trouve difficilement un sens à la souffrance et va donc la combattre par tous les moyens.

Il convient ici d'être nuancé car la pensée scientifique a permis des progrès extraordinaires, en particulier dans le domaine de la médecine de la douleur ; la notion de soins palliatifs, le traitement de la douleur ne sont absolument pas, à mon sens, en opposition avec la pensée biblique, au contraire. Nous devons développer nos connaissances dans ce domaine, surtout si nous sommes en contact avec des malades chroniques ou en fin de vie, car c'est une excellente alternative au problème de l'euthanasie ; l'argument majeur en faveur de cette dernière étant « on ne doit pas laisser souffrir quelqu'un. » Mais il faut savoir que la médecine de la douleur peut gérer un très grand nombre de situations (probablement 90 %) en sachant qu'en France, dans ce domaine, existe un retard important. Aujourd'hui même on dispose d'une bonne médecine mais encore liée à la perception historique des morphiniques qui n'est plus d'actualité ; on peut en effet administrer de la morphine sans les effets secondaires majeurs anciennement décrits. La relation entre souffrance et douleur est floue ; on ne sait pas exactement comment fonctionnent les centres cérébraux de la douleur ; mais du point de vue chrétien, il ne serait pas acceptable de ne pas utiliser les ressources actuelles de la médecine contre la douleur.

L'humanisme va donc essayer de combattre ou de contourner la souffrance, et le souffrant risque aussi d'être exclu, en particulier en approchant de la mort.

Dans la pensée du Nouvel Age, on souffre parce qu'on n'a pas réalisé qu'on était Dieu, et qu'en fait, on a tous les moyens à l'intérieur pour lutter contre la maladie. Dans cette pensée, il y a la création et l'être suprême à qui sont donnés toutes sortes de noms : la force spirituelle, l'être cosmique par exemple. En fait, les deux entités : l'être suprême et la création ne font qu'un ; il n'y a pas de différence entre le créateur et la création ; la création est une partie du créateur. Un autre aspect de la conception de la maladie serait qu'elle est liée à un trouble énergétique à l'intérieur du malade, mais aussi par rapport à l'extérieur (le macrocosme) ; ainsi le secret de la santé réside dans la compréhension de l'énergie ; si nous comprenons que nous avons des capacités illimitées de guérison en nous, alors nous serons armés pour faire face à la souffrance. Ce type d'approche nous amène à nouveau à une déception, puisque cette théorie mensongère nous fait croire que nous sommes les maîtres de notre destinée.

Le Nouvel Age propose en fait un monde sans souffrance, et en dehors de la réconciliation avec Dieu

Maintenant, le nouveau courant de pensée accepte la spiritualité et même la met au centre

Dans l'humanisme, le rejet de la souffrance est lié aux capacités intellectuelles de l'homme par sa connaissance, son expérience de sa capacité de compréhension ; l'homme est au centre, Dieu n'existe plus ; cette pensée nous a tous beaucoup influencés ; dans nos écoles françaises, les maîtres à penser sont des intellectuels, souvent humanistes athées.

Et puis, maintenant, le nouveau courant de pensée accepte la spiritualité (au contraire de l'humanisme qui rejetait toute spiritualité) et même la met au centre. Cette spiritualité ne reconnaît pas le Dieu créateur de la Bible, mais un Dieu global, énergétique, non personnel, une force ; au contraire du Dieu dans la Bible avec qui l'être humain peut avoir une relation, des sentiments, un intérêt, une vie. Le Dieu du Nouvel Age est une force et il n'existe pas de barrière entre lui et la création ; cette notion est liée au fait que le Nouvel Age est un syncrétisme d'une multitude de courants de pensée dont le bouddhisme par exemple, mais excluant le judaïsme et le christianisme définis comme trop intolérants (car ces religions déclarent proposer un chemin unique). La notion de réincarnation y est présente en particulier.

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