Lueur.org - Un éclairage sur la foi

Faire un don Facebook Twitter RSS

Psaumes 38 (Annotée Neuchâtel)

   1 Psaume de David. Pour mémorial.
   2 Eternel, ne me reprends pas dans ton indignation,
Et ne me châtie pas dans ton courroux !
   3 Car tes flèches m'ont atteint,
Et ta main s'est abaissée sur moi.
   4 Rien n'est intact dans ma chair, à cause de ta colère ;
Rien n'est sain dans mes os, à cause de mon péché.
   5 Car mes iniquités s'élèvent au-dessus de ma tête ;
Comme un lourd fardeau, elles sont trop pesantes pour moi.
   6 Mes plaies sont infectes et purulentes,
A cause de ma folie ;
   7 Je suis extrêmement courbé et abattu,
Tout le jour je vais et viens dans le deuil,
   8 Car mes reins sont remplis d'inflammation,
Et rien n'est intact dans ma chair.
   9 Je suis sans force, brisé au dernier point,
Je rugis, dans le tourment de mon coeur.
   10 Seigneur, tout mon désir est devant toi,
Et mon gémissement ne t'est point caché ;
   11 Mon coeur bat précipitamment, ma force m'a abandonné,
Ainsi que la clarté de mes yeux ; même je ne les ai plus.
   12 Mes amis et mes proches se tiennent loin de ma plaie,
Mes plus proches se tiennent éloignés.
   13 Ceux qui en veulent à ma vie m'ont tendu des pièges,
El ceux qui cherchent ma perte profèrent des paroles de destruction
Et méditent tout le jour des tromperies.
   14 Et moi, comme un sourd, je n'entends pas ;
Comme un muet, je n'ouvre pas la bouche.
   15 Je suis comme un homme qui n'entend pas,
Et dans la bouche duquel il n'y a point de réplique.
   16 Car c'est à toi que je m'attends, ô Eternel !
C'est toi qui répondras, Seigneur, mon Dieu.
   17 Car j'ai dit : Qu'ils ne se réjouissent pas à mon sujet !
Dès que mon pied chancelle, ils s'élèvent orgueilleusement contre moi.
   18 Car je suis près de tomber,
Et ma douleur est continuellement devant moi.
   19 Je confesse mon iniquité,
Je suis en peine à cause de mon péché,
   20 Et mes ennemis vivent et se fortifient.
Nombreux sont ceux qui me haïssent sans cause,
   21 Ceux qui me rendent le mal pour le bien,
S'opposant à moi, parce que je recherche le bien.
   22 Ne m'abandonne pas, ô Eternel !
Mon Dieu ! ne t'éloigne pas de moi.
   23 Hâte-toi de venir à mon aide,
Seigneur, qui es mon salut !

Notes de la Bible Annotée Neuchâtel

A savoir : les notes ne font PAS partie du texte biblique. Plus d'informations
Psaumes 38
  • Note de section ou de chapitre
    Souffrance et repentir.
    L'auteur de cette complainte est atteint d'un mal douloureux, dans lequel il voit le châtiment de graves péchés. Ses amis le fuient; ses ennemis ne se font pas faute de répandre à son sujet des accusations en face desquelles le sentiment qu'il a lui-même de sa culpabilité lui ferme la bouche. La seule chose qu'il puisse faire, c'est de recourir à l'Eternel et de compter non seulement qu'il lui fera grâce, mais qu'il prendra sa défense.
    Ce psaume reproduit plusieurs des pensées et même des expressions du Psaume 6, dont il se distingue en accentuant plus nettement l'idée du péché. Si nous rattachons les Psaumes 6, 38, 51 et 32 aux suites douloureuses du grand péché de David (2Samuel 11.1-27), il est intéressant de constater, avec Delitzsch, le travail d'âme qui s'y révèle. De l'un à l'autre des trois premiers psaumes, on voit se dégager plus fortement le sentiment de culpabilité qui finit par s'exprimer dans la confession, du Psaume 51, aussitôt suivie de l'assurance et de la joie du pardon (Psaume 32).
    Les quatre premières strophes du Psaume 38 décrivent essentiellement l'état de souffrance du malade (versets 2 à 9); les trois suivantes, l'attitude de ses amis et de ses ennemis, en face de sa faiblesse (versets 10 à 15); les quatre dernières sont un appel à l'Eternel (versets 16 à 23). Chacune de ces trois parties commence par une invocation.
  • 38.1 Pour mémorial. Lorsqu'un Israélite offrait une oblation de fleur de farine, arrosée d'huile, une partie de son offrande était consumée avec l'encens sur l'autel. Ce qui montait ainsi vers le ciel en fumée était appelé mémorial (voir Lévitique 2.2, note). Notre psaume devait être chanté, avec accompagnement de musique, au moment où ce mémorial était consumé. Peut-être aussi le psalmiste compare-t-il sa prière à la fumée du sacrifice qui monte vers le ciel. La même indication accompagne le Psaume 70.
  • 38.2 2 à 9 Etat misérable du suppliant.
    Ne me reprends pas... reproduction presque littérale de Psaumes 6.2.
  • 38.3 Tes flèches m'ont atteint, littéralement : sont tombées sur moi, comme lancées de haut. La même image est employée Deutéronome 32.23; Job 6.4.
  • 38.4 Ma chair..., mes os : le mal est à la fois extérieur et intérieur.
  • 38.5 Au-dessus de ma tête : comme des eaux débordées. Comparez Psaumes 69.3.
    Comme un fardeau : cette image peut s'entendre de la peine du péché, aussi bien que du péché même.
  • 38.8 Remplis d'inflammation. Comparez Psaumes 32.3-4.
  • 38.9 Je rugis. Comparez Psaumes 32.3.
    Dans le tourment, littéralement : dans la tourmente; image empruntée à l'agitation de la mer.
  • 38.10 10 à 15 Dans son extrême faiblesse (versets 10 et 11), le malheureux voit ses amis s'éloigner, ses ennemis triompher (versets 12 à 15).
    Mon désir est devant toi. Quand les paroles manquent, le croyant sait que Dieu comprend son soupir (Romains 8.26).
  • 38.11 La clarté de mes yeux : son regard est troublé et même parfois complètement voilé par la force de la maladie.
  • 38.12 Loin de ma plaie, littéralement : loin du coup (dont Dieu m'a frappé). L'hébreu néga ou désigne souvent la lèpre, que l'on distinguait des autres maladies comme un châtiment mettant le malade en état de souillure. Les amis de David l'envisagent donc comme spécialement frappé de Dieu et sont retenus loin de lui par une sorte de crainte (Psaumes 31.12). Job se plaint d'un isolement pareil (Job 6.21; 19.13 et suivants)
  • 38.13 Tandis que les amis sont impuissants et consternés, les ennemis travaillent activement à consommer la ruine du malheureux.
  • 38.16 16 à 23 Le ton de la prière domine dans toute cette dernière partie du psaume, alors même que la dernière strophe seule est une requête formelle.
    Car c'est à toi... On s'attend à voir le malade expliquer son silence en face de ses accusateurs par le sentiment qu'il a de sa culpabilité, et tel est sans doute le premier motif qui l'empêche de répliquer. Mais soudain, par un élan de foi, il trouve une autre raison de se taire, qui devient la principale : l'Eternel répondra pour lui. Que de fois en effet Dieu a répondu pour ceux qui savaient se taire à propos : pour Joseph, en le faisant sortir de prison pour Moïse, en face d'Aaron et de Marie (Nombres 12.1-15); pour David, en lui pardonnant; pour Jésus-Christ, en le ressuscitant.
  • 38.17 Car j'ai dit... Dieu prendra sa défense, car il serait contraire à sa gloire que les ennemis de David, qui sont aussi les siens, se réjouissent d'un triomphe complet, eux qui s'élèvent orgueilleusement au moindre faux pas de celui qu'ils haïssent.
  • 38.18 Car je suis près de tomber. Le psalmiste revient à sa triste situation.
  • 38.20 Mes ennemis vivent, tandis que moi je suis déjà comme mort.
  • 38.21 Parce que je recherche le bien. Les péchés dont David s'accuse et dont ses ennemis se font une arme contre lui ne sont pas la vraie cause de leur inimitié, au contraire, c'est à cause du bien qu'il a fait qu'ils le haïssent. Comparez Psaumes 69.8-11.