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L'avortement, un mal nécessaire ?
2. L'avortement : les normes

Auteur :
Type : Dossier
Thème : Avortement
Source : Aimer & Servir
Réf./Date source : 139  
Publié sur Lueur le
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Sommaire du dossier :
  1. L'avortement : les normes
  2. Que dit la Bible sur l'avortement ?
  3. L'avortement, une question de vie ou de mort

L'homme ne doit pas satisfaire à des normes, ni avoir un nombre spécifique de chromosomes, afin d'être accepté dans la famille de l'humanité. Chacun a le droit à la vie sans condition préalable. La vie est une fin en soi. La force et la supériorité ne créent pas de compassion entre les personnes et ne nous sensibilisent pas à ressentir les besoins d'autrui. Notre monde ne sera pas meilleur si les enfants handicapés sont étouffés dans l'utérus de leur mère.

Les mentalités évoluent. Chacun le sait. Les modifications des normes dues aux progrès techniques ou à l'évolution des croyances religieuses et politiques sont flagrantes ; mais, derrière ces processus généraux, on peut apercevoir des évolutions qui touchent à des comportements que nos ancêtres pouvaient croire naturels.

L'avortement touche à des fondements de la société. On peut se demander pourquoi, au moment du vote de la loi Veil en France, la plupart des églises évangéliques sont restées silencieuses...

Dans nos sociétés occidentales, il y a encore un siècle ou deux, la remise en cause de la suprématie des hommes sur les femmes dans les domaines social, moral, juridique, de la propriété, du mariage, de la succession était une déviance intolérable, tandis qu'aujourd'hui, son affirmation l'est devenue.

L'avortement était un crime jugé particulièrement immoral et sévèrement puni, tandis qu'on réprime aujourd'hui les chrétiens qui contestent la liberté d'avorter.

L'avortement touche
à des fondements
de la société

L'homosexualité était considérée comme une perversion haïssable et méritant de sévères châtiments tandis qu'aujourd'hui, c'est une revendication identitaire largement perçue comme légitime et reconnue par le droit.

La mendicité était un délit qui pouvait conduire un clochard aux travaux forcés à vie dans un bagne, tandis qu'elle fait aujourd'hui l'objet d'une compassion, d'une prise en charge croissante.

L'obéissance des enfants était une obligation indiscutable et les punitions corporelles la sanctionnaient en famille comme à l'école, tandis que le non-respect du droit de l'enfant est aujourd'hui regardé comme un abus d'autorité odieux et que les enfants peuvent porter plainte contre leurs parents en cas de châtiment corporel.

Inversement, l'évolution des sociétés modernes conduit à pénaliser des comportements jadis tolérés, voire considérés comme normaux :

  • certaines formes de corruption, d'atteinte à l'environnement (chasse, pollution automobile et agricole) ;
  • certaines formes de violence morale (harcèlement sexuel, moral, racisme) ;
  • cette sanction informelle de l'individu qui prononce certains mots « tabous » ou qui ne les prononce pas, ;
  • certaines formules rituelles lorsqu'il s'agit du respect des femmes, des minorités raciales, de certaines règles de politesse, ou ce que l'on pourrait englober d'une manière générale dans le « politiquement correct ».

Enfin, l'évolution des normes sanitaires conduit aussi aujourd'hui à pénaliser certaines pratiques très ordinairement répandues, comme l'acte de fumer. Aujourd'hui, l'individu qui allume une cigarette dans un hall de gare est un délinquant puisqu'il enfreint la loi ; il y a quelques années, dans la même situation, il était un individu parfaitement normal. Certes, la mise en pratique de cette interdiction est aujourd'hui très négociée, le contrevenant étant simplement prié d'éteindre sa cigarette. Mais, dans vingt ou trente ans, il est probable que la sanction automatique aura remplacé la recommandation bienveillante, de la même façon que notre société réprime fortement la conduite en état d'ébriété qu'elle tolérait jadis.

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