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La famille et ses défis
3. Les défis de la famille : parents-enfants

Auteur :
Type : Dossier
Thème : La famille
Source : Aimer & Servir
Réf./Date source : 132  
Publié sur Lueur le
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Sommaire du dossier :
  1. La famille et ses défis
  2. Les défis de la famille : parents-enfants
  3. Les défis de la famille : conclusion

Lorsque vous m'avez contactée pour me demander de vous exposer les aspects sociologiques des couples et leurs difficultés, je vous ai répondu que je voulais bien parier des couples, mais qu'il me semblait plus important de parler de la famille et particulièrement des liens parents/enfants, de la parentalité et des enfants d'aujourd'hui, de leur situation dans leurs familles respectives.

Ces adultes,
jeunes et moins jeunes, ont vécu une
révolution

Pourquoi ? Parce que, depuis trente ans, on n'en a guère ou pas parlé. L'attention de notre société s'est concentrée sur les adultes, surtout les jeunes adultes, leurs amours, leur sexualité, leurs libertés, leur recherche d'authenticité, leurs exigences d'indépendance ou tout au moins d'autonomie et de plus d'égalité entre homme et femme, leurs refus des engagements qui lient pour la vie, allant de pair avec un refus des valeurs bourgeoises qualifiées par eux d'hypocrites, etc. Ces adultes, jeunes et moins jeunes, ont vécu une révolution. Ils ont pensé inventer une nouvelle manière de concevoir la vie amoureuse beaucoup plus individualiste que par le passé, chacun désirant s'épanouir et "se réaliser" dans le couple. C'est que chacun dispose, désormais, d'une liberté tout à fait nouvelle par rapport à ce qu'avaient connu les générations d'avant 1965: la contraception. Des techniques efficaces de contraception permettent de dissocier procréation et sexualité. C'est une fabuleuse révolution, qui rend les femmes maîtresses de leur fécondité et libère les hommes de la responsabilité de ce qu'on appelait naguère "les précautions". Si la procréation est maîtrisée, cela signifie - et c'est ainsi que les jeunes adultes des années 70 l'ont compris - que la sexualité est libérée et que des perspectives infinies de liberté sexuelle leur sont découvertes.

L'individualisme a trouvé dans la sexualité un terrain d'élection. Pour nos jeunes individualistes, le monde du travail se révélait exigeant et la politique décevante. Restait la vie privée. Durant les années 1975-1995, on peut dire que chaque jeune homme, et chaque jeune femme, s'est senti devant sa vie amoureuse potentiellement libre et en quelque sorte éternel. Libre d'échapper aux promesses, aux alliances, au moins pour quelques années pendant lesquelles il ou elle pourrait se chercher et même essayer la vie en couple. Tous les milieux furent touchés. Le nombre annuel des mariages chuta en France de 40 % entre 1971 et 1993 (passant de 417 000 mariages annuels à 253 000). C'est alors qu'on vit se multiplier les couples concubins.

Ceux et surtout celles qui se mariaient quand même se sont mariés de plus en plus tard, après dix à quinze années de vie sexuelle hors mariage. Toutes les enquêtes convergent : c'est à 17 ans que la majorité des jeunes filles font leur première expérience sexuelle, et les garçons un peu plus précocement. Il faut prendre conscience de l'ampleur quantitative des phénomènes que je décris là. Il ne s'est pas agi de quelques cas marginaux, mais d'un mouvement de fond dont les chiffres donnent l'ampleur. En 1965, 7 % des enfants naissaient hors mariage. Ce sont aujourd'hui 41 % des nouveaux-nés dont les parents ne se sont pas mariés (environ 300 000 par an). En outre, les couples mariés et plus encore les couples concubins, même ceux qui ont des enfants, se séparent fréquemment et précocement. En trente ans, on est passé d'un divorce pour dix mariages à un divorce pour trois mariages, et même un divorce pour deux mariages à Paris et dans les grandes villes, soit 126 000 divorces par an auxquels il faut ajouter les ruptures de couples non mariés.

Que s'est-il passé dans la vie de ces millions d'individus ? Je laisse aux psychologues le soin de retracer les vécus particuliers. Mais il revient à la sociologue de décrire le mouvement général : libérés des grossesses intempestives, les jeunes n'ont plus tant parlé de fonder des familles, mais plutôt de rechercher leur bonheur personnel dans l'amour.

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