L’amour d’un Père

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Type : Enseignement
Thème : Amour de Dieu
Source : Lueur   
Publié sur Lueur le
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Vous souvenez-vous du quatrième impératif de la vie chrétienne que Pierre nous a donné dans sa première épître ? C'est celui d'aimer son frère, sa soeur, ardemment, de tout son coeur. C'est une injonction à la fois facile à comprendre, mais aussi très difficile à cerner. Aujourd'hui, nous allons nous plonger dans l'apprentissage de cet amour qui nous est demandé d'avoir envers nos frères et soeur, et pour cela, allons jeter un coup d'oeil sur la façon dont un père aime ses enfants.

Pour cela, je vous invite à ouvrir vos Bibles à Luc 15.11-32.

« Un homme avait deux fils. Le plus jeune lui dit : « Mon père, donne-moi ma part d'héritage, celle qui doit me revenir un jour. ». Et le père fit le partage de ses biens entre ses fils. Quelques jours plus tard, le cadet vendit tout ce qu'il avait reçu et s'en alla dans un pays lointain. Là, il gaspilla sa fortune en menant grande vie. Quand il eut tout dépensé, une grande famine survient dans ce pays-là et il commença à manquer du nécessaire. Alors, il alla se faire embaucher par l'un des propriétaires de la contrée. Celui-ci l'envoya dans les champs garder les porcs. Le jeune homme aurait bien voulu apaiser sa faim avec les caroubes que mangeaient les bêtes, mais personne ne lui en donnait. Alors, il se mit à réfléchir sur lui-même, et se dit : « Tous les ouvriers de mon père peuvent manger autant qu'ils veulent, alors que moi, je suis ici à mourir de faim ! Je vais me mettre en route, j'irai trouver mon père et je lui dirai : Mon père, j'ai péché contre Dieu et contre toi. Je ne mérite plus d'être considéré comme ton fils. Accepte-moi comme l'un de tes ouvriers. » Il se mit donc en route pour se rendre chez son père. Comme il se trouvait encore à une bonne distance de la maison, son père l'aperçut et fut pris d'une profonde pitié pour lui. Il courut à la rencontre de son fils, se jeta à son cou et l'embrassa longuement. Le fils lui dit : « Mon père, j'ai péché contre Dieu et contre toi, je ne mérite plus d'être considéré comme ton fils. » Mais le père dit à ses serviteurs : « Allez vite chercher un habit, le meilleur que vous trouverez, et mettez-le lui ; passez-lui une bague au doigt et chaussez-le de sandales. Amenez le veau que nous avons engraissé et tuez-le. Nous allons faire un grand festin et nous réjouir, car voici, mon fils était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et je l'ai retrouvé. » Et ils commencèrent à festoyer dans la joie. Pendant ce temps, le fils aîné travaillait aux champs. Sur le chemin du retour, quand il arriva près de la maison, il entendit de la musique et des danses. Il appela un des serviteurs et lui demanda ce qui se passait. Le garçon lui répondit : « C'est ton frère qui est de retour. Ton père a tué le veau gras en son honneur parce qu'il l'a retrouvé sain et sauf. » Alors le fils aîné se mit en colère et refusa de franchir le seuil de la maison. Son père sortit et l'invita à entrer. Mais lui répondit : « Cela fait tant et tant d'années que je suis à ton service : jamais je n'ai désobéi à tes ordres. Et pas une seule fois tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais quand celui-là revient, « ton fils » qui a mangé ta fortune avec des prostituées, pour lui, tu tues le veau gras ! » « Mon enfant, lui dit le père, tu es constamment avec moi, et tous mes biens sont à toi ; mais il fallait bien faire une fête et nous réjouir, puisque ton frère que voici était mort et qu'il est revenu à la vie, puisqu'il était perdu et voici qu'il est retrouvé. »

Voici une parabole de Jésus, que je me permets de découper en plusieurs parties.

Nous avons tout d'abord la première partie, qui sert d'introduction ; versets 11 et 12 : Un homme avait deux fils. Le plus jeune lui dit : « Mon père, donne-moi ma part d'héritage, celle qui doit me revenir un jour. ». Et le père fit le partage de ses biens entre ses fils.

Nous découvrons là une famille dont le cadet désire partir. Non content de laisser sa famille, il demande de plus sa part d'héritage. Ainsi, en plus de fragiliser dangereusement la pérennité du domaine familiale (habitation, serviteurs, terres, élevage, argent), il humilie son père en la demandant avant sa mort ; il considère en effet son père comme mort, n'existant plus.

Le père, au lieu de s'élever contre son fils, au lieu de le laisser partir sans sa part d'héritage (lui n'étant pas mort) accepte les conditions. Il n'est pas dit ce qu'il s'est passé, mais, devant l'absence d'arguments donnés par le fils, nous pouvons imaginer que le père n'a rien à se reprocher, sinon que le fils ne se plaît pas dans sa condition actuelle.

La seconde partie, du verset 13 au verset 20a, explique ce qu'il advint de ce fils cadet.

Il vendit d'abord tout ce qu'il avait comme biens et, avec son argent, alla dans un pays y mener grand train en gaspillant tout. La famine vint et il manqua du nécessaire pour vivre. Il part dans un pays païen, ne fait pas attention à son argent, le dépense en gaspillage et vit, même très bien durant un temps. Mais malheureusement, inconscient de ce qui est bon pour lui, il se retrouve sans rien au moment du malheur, au moment de la famine.

Et là, suprême honte, on peut dire qu'il touche le fond, la fange, il doit garder les porcs (symbole d'impureté chez les juifs) ; bien plus, les porcs sont mieux traités que lui, car eux, au moins, ils mangent à leur faim.

Et c'est là, au plus profond désespoir qu'il consent à s'arrêter pour voir ce qu'a été sa vie depuis son départ de la maison, un échec, une solitude, une pauvreté extrême. Ce n'est pas au moment où il n'eut plus d'argent, ce n'est pas au moment où commença la famine, ce n'est pas au moment où il dût garder les porcs, non, c'est au moment où les porcs furent plus riches que lui, au moment où il compris qu'il ne pouvait plus s'en sortir par ses propres moyens.

Et à ce moment là, il imagine un scénario pour rentrer à la maison ; il échafaude une demande de pardon, qui reconnaît qu'il est coupable dans l'espoir que son père le reprenne comme serviteur. Puis il part, la peur au ventre, bien plus peut-être que la faim qui le tenaille.

La troisième partie de cette parabole, du verset 20b à 24, raconte la rencontre avec le père et le temps de réconciliation.

Tout ce qui se passe durant ce temps échappe totalement au fils. Tout d'abord, il n'est pas encore arrivé à la maison que son père le voit, cours à sa rencontre et l'embrasse longuement. Première gène pour le fils qui voit son père aller à sa rencontre alors qu'il pensait certainement le voir attendre au pas de la porte, deuxième gène, son père l'embrasse longuement.

Ensuite, il commence à réciter sa leçon de demande de pardon, tentative désespérée pour contrôler un tant soit peu ce moment, pour rester accrocher à sa réalité des choses. Mais le père, à nouveau, coupe court à ce que le fils avait préparé, il ne le laisse pas faire sa demande de pardon : Le père s'adresse déjà aux serviteurs leur disant d'aller chercher le meilleur habit de la maison, de mettre au fils une bague au doigt, de le chausser de sandale et de préparer un grand festin.

Le fils cadet se retrouve de nouveau, tout comme avec les porcs, complètement hors de toute possibilité de contrôler quoi que ce soit. A nouveau, il se retrouve sans force, il laisse son père gérer les retrouvailles, mais quelle différence avec les porcs ! Son père l'habille du meilleur habit, le chausse et lui met une bague au doigt, signe qu'il est à nouveau considéré comme son fils.

Bien plus, alors que l'on aurait pu s'attendre à ce que le retour se fasse discrètement, pour éviter les mauvaises langues, le père fait préparer une grande fête pour faire savoir au monde que son fils, qui était perdu, est maintenant retrouvé.

Nous aurions pu mettre là un happy end, voilà, l'enfant partit est de retour et au lieu de retrouver un père revanchard, celui-ci l'accueille à bras ouvert. Et pourtant l'histoire ne se finit pas ainsi.

On a oublié quelqu'un dans l'affaire, le fils aîné, celui qui a continuellement travaillé avec son père ; qui a du se battre pour garder, réorganiser la fortune familiale après la ponction faite par le frère cadet. C'est lui aussi qui a soutenu son père face à l'épreuve, lui qui a entendu les propos médisants tenus par les voisins sur leur situations et l'attitude du fils cadet, lui, qui, au retour de son frère, travaille encore aux champs.

Et après ce dur labeur, il rentre pour constater que la source de tous ses maux est de retour, et pis, c'est la grande fête, avec nourriture à volonté, musique, danses ! Il se met en colère et refuse d'entrer.
Face au père qui lui demande de se joindre à la fête, le fils aîné explique sa rancoeur : c'est moins le fait que le frère soit de retour que la façon dont le père semble différencier les deux frères. Pour l'un qui n'a fait que des bêtises, le père est heureux quand il se repent ; pour l'autre qui a travaillé avec constance et assiduité, le père n'a pas montré avec autant d'ardeur l'amour qu'il lui portait : pas une seule fois tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Cela ne vous choque-t-il pas non plus ? Celui qui travaille doit recevoir la plus grande récompense et le plus d'amour !!!

Mais ce n'est pas ce que le père donne, il ne donne pas une plus grande récompense au cadet par rapport à l'aîné, il ne donne pas plus d'amour.
Mon enfant, lui dit le père, tu es constamment avec moi, et tous mes biens sont à toi ; mais il fallait bien faire une fête et nous réjouir, puisque ton frère que voici était mort et qu'il est revenu à la vie, puisqu'il était perdu et voici qu'il est retrouvé !
Toi qui est fidèle, tu es constamment avec moi, tu es au bénéfice de ma grâce, tu n'as jamais manqué de rien. Je me demande combien de chevreaux ont été mangés par le fils aîné depuis que le cadet est partit. De plus, la récompense qui attend le fils aîné est plus grande que celui du cadet : Tous mes biens sont à toi.
Ne t'inquiète pas pour toi, ne regarde pas à toi, mais vois, ton frère qui est perdu est retrouvé, celui qui était mort est revenu à la vie !

Voici comment finit la parabole de Jésus. Pas de final, on ne sait pas si le fils aîné est entré, la décision lui appartient. Et nous, face à ce père qui représente notre Père, Dieu, quelle est notre réaction ? Sommes-nous comme ce fils cadet, qui, non satisfait de ce qu'il a, va à l'aventure, avec ses propres forces ? Sommes-nous ce fils aîné qui, inconscient de la grâce de Dieu dans sa vie, se frustre devant ce que notre Père donne à des personnes qui ne nous semble pas le mériter ?

Il me semble qu'il y a beaucoup d'enseignement dans cette parabole et j'aimerai juste vous laisser avec un de ces enseignements, que l'on retrouve en Luc 15.7 : Il y aura plus de joie pour un seul pécheur qui change de vie, que pour 99 justes qui n'en ont pas besoin. Soyons en joie, aimons nos frères et soeurs, ardemment, sans arrière pensée.

Commentaires (1)

par jesus01

Il est vrai que pour le fils aîné, cela lui paraît injuste, mais à l'image de Dieu, c'est ce qu'il veut pour toutes ses brebis égarées, Il y aura plus de joie pour un seul pécheur qui change de vie, que pour 99 justes qui n'en ont pas besoin.

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