En route avec Job

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Type : Réflexion
Thème : La souffrance
Source : Construire Ensemble   
Publié sur Lueur le
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Nous connaissons tous l'histoire de Job. Avant d'être malade et humilié, il vivait dans l'opulence.
Un homme honnête et courageux, qui par son travail s'est acquis des biens. Sa droiture morale et sa générosité lui ont aussi valu une reconnaissance sociale. Ce n'est pas un mal !
Il aidait les malheureux qu'il voyait dans la peine, il entendait les cris des blessés de la vie.

Mais Job ne voyait pas assez bien, il n'entendait pas assez bien.
Au chapitre 24, on pourrait croire lire les pages de faits divers de nos journaux : un SDF est mort de froid (Jb 24.7) ; des arrêtés municipaux interdisent de mendier dans les rues (Jb 24.4). L'esclavage de l'homme par l'homme y est dénoncé dans presque tout le chapitre.
Avant d'être lui-même touché, Job ne se posait pas trop de questions sur l'injustice.
Certes, Job secourait les pauvres avec beaucoup de générosité. Mais ce qui a changé, c'est qu'il est lui-même dans le dénuement, la solitude, le mépris, la faim, l'incompréhension…
Désormais, il comprend la condition humaine, le malheur et la méchanceté des hommes.

Ainsi, sa souffrance nouvelle l'amène à réfléchir plus profondément, et à se révolter.
Comme on le voit dans la suite du livre, Dieu ne reproche pas à Job sa révolte. Au contraire, car elle fait partie d'un processus nécessaire pour aller plus loin dans l'élargissement.
Quel élargissement ? Celui de notre compréhension face à la souffrance ?
En réalité, il s'agit de l'élargissement du coeur de Job.
Maintenant, les questions qu'il pose, il les vit dans ses tripes. Et même quand la parole de Dieu ne viendra pas comme une réponse mathématique, Job aura profondément changé.
Son rapport à Dieu, à lui-même et aux autres ne sera plus jamais le même.
Il comprend mieux la réelle portée du mal, ainsi que ses conséquences terribles sur les hommes.
Non, ce n'est pas égal que le méchant périsse (Jb 24.18). Tous les êtres humains proviennent du Créateur ; il est important qu'ils changent et trouvent la Vie (Ez 33.11).
Si Job est conscient maintenant, il sait aussi, qu'au delà des apparences, Dieu est aussi conscient (connaissance de la vraie réalité) et ne supporte pas plus que lui la souffrance et le mal.
Maintenant, mon oeil te voit (Jb 42.5). Maintenant Job a compris le coeur de Dieu.

Dans la destruction de toutes ses sécurités, un nouveau chemin s'est ouvert à l'intérieur de lui.
C'est ce que le Seigneur veut obtenir: que notre conscience grandisse à une mesure plus grande de la conscience de Dieu ; que nous voyions et entendions réellement (Mc 8.18).
Seigneur, accorde-nous cette grâce de voir et d'entendre afin que nous soyons toujours en route !

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