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La prédication de la croix

Texte
Auteur : Pasteur
Type de texte : Etudes Bibliques
Thème : Textes divers
Source : Lueur, www.lueur.org

Je voudrais centrer ce passage sur un des versets que nous avons lu:

"Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent, mais pour nous qui sommes sauvés elle est une puissance de Dieu" (1 Co 1.18).

Certaines versions disent:"pour nous qui sommes sur le chemin du salut". Les deux versions sont bonnes et complémentaires; les traducteurs sont souvent embarrassés parce qu'il y a des formes grecques qui ne peuvent se traduire que d'une façon en français, alors que cela nécessiterait aussi une autre traduction.

Alors que le monde d'aujourd'hui s'enfonce dans des difficultés qui semblent de plus en plus insolubles, nous, croyants, nous avons un immense privilège: c'est d'avoir une espérance vivante, Jésus-Christ notre espérance; et Jésus-Christ est venu parmi nous sous la forme du petit enfant né à Bethléhem. Jésus a grandi parmi les hommes, a enseigné, a opéré des miracles, a été arrêté, a été crucifié et est ressuscité le troisième jour. La prédication de la croix est un fait fondamental.
Au XVIIIè siècle un missionnaire danois, Egede, était allé au Groenland pour évangéliser les habitants de cette vaste île, presque un continent, qui n'avait encore jamais entendu l'Evangile. Mais ce missionnaire était parti avec des idées préconçues; il avait pensé que ces "sauvages" comme il les appelait, devaient d'abord être civilisés, rendus raisonnables, et alors ils seraient capables d'entendre et de comprendre l'Evangile. Il passa quinze années de sa vie là-bas sans voir aucun fruit et il rentra au Danemark absolument découragé. La Société des Missions danoises envoya un autre missionnaire un nommé Beek. Ce missionnaire se mit tout simplement à annoncer l'Evangile. Voilà deux ans qu'il se trouvait là et un jour où il était en train de lire les récits tellement pathétiques de Géthsémané, de la crucifixion du Seigneur, devant des gens qui jusqu'à présent n'avaient manifesté aucun intérêt où en tout cas aucune réaction, et voilà que soudain, en entendant le message de Jésus souffrant à Géthsémané puis sur la croix, l'un des chefs locaux, Kajarnak, interrompit le prédicateur en disant:"Relis, relis-nous ce que tu viens de lire!" Et en entendant ce message Kajarnak versait des larmes; il était touché, pénétré et ce fut le début de l'évangélisation conquérante pour le Groenland. Pour nous la prédication de la croix est fondamentale: annoncer le christianisme sans la croix est une véritable trahison: le fait central, c'est la croix de Golgotha sur laquelle notre Seigneur est mort. C'est là, ce qui a été annoncé par les prophètes de l'Ancien Testament, c'est là ce qui nous est décrit à travers les évangiles, c'est là aussi où les Actes des apôtres montrent que cette croix du Christ s'actualise dans la vie de ceux qui croient, qui reçoivent cette parole; et puis, les épîtres montrent toutes les conséquences qui découlent de la crucifixion de notre Seigneur Jésus.

Aujourd'hui, donc, nous sommes en communion avec beaucoup, en rappelant que la prédication de la croix est un fait fondamental au sens étymologique du mot: c'est donc un fondement, une fondation, la base, de notre foi.

Permettez moi de faire une petite parenthèse: l'Alliance Evangélique est le premier mouvement oecuménique du monde. C'est en 1846, en effet, qu'à Londres des croyants de différentes dénominations, anglicans, presbytériens, évangéliques, décidèrent de fonder une alliance évangélique pour établir, maintenir et cultiver la communion entre ceux qui, héritiers du message biblique, héritiers aussi de la Réforme, croient en la Parole de Dieu comme parole inspirée et comme étant le seul fondement de la foi, en excluant la tradition. Et depuis, l'Alliance évangélique a franchi les mers; très vite elle fut introduite en France et elle continue son travail; l'Alliance évangélique ne fait que s'étendre par le monde au fur et à mesure que l'Evangile se répand. il est vrai qu'ici, dans notre coin de Vendée, il nous semble que l'influence de l'Evangile est des plus limitée, c'est ce que nous constatons pour l'instant, mais nous croyons que Dieu peut faire des choses nouvelles; Si nous allions quelque part en Amérique du sud, actuellement, nous verrions une oeuvre du message de la croix, extraordinaire, parce que là, les églises croissent à une cadence très grande et le dernier numéro du Protestant de l'Ouest, parle du christianisme en Corée, disant qu'en Corée, il y a 20 % de croyants Protestants évangéliques--et le chiffre est sous-estimé. Les croyants, là-bas, sont de plus en plus nombreux et il y a beaucoup d'états où les Eglises protestantes se développent, se multiplient. Et nous devons être encouragés par cela même.

Je voudrais maintenant en revenir à notre sujet: la prédication de la croix. L'apôtre Paul dit que c'est une folie, pour ceux qui périssent, qui sont sur le chemin de la perdition. Le monde donne beaucoup de valeur à la puissance et à la sagesse; en cherchant à les combiner selon leur optique, les états essaient d'établir la paix et l'harmonie, mais leurs efforts sont absolument vains. Car en dehors de Jésus-Christ, en dehors du message de la croix, il est impossible d'obtenir ce résultat. Comment la paix et l'harmonie peuvent-elles venir ensemble? Paul donne la réponse en disant que la prédication de la croix c'est une folie; le fait qu'elle soit une folie dépend de plusieurs facteurs: tout d'abord de ce qui est prêché: le message même est absurde. Quand je dis absurde, je ne veux pas dire que pour moi c'est absurde car c'est devenu pour moi la sagesse de Dieu, mais selon notre raisonnement humain c'est une absurdité; absurde signifie: sourd à la raison d'une façon étymologique.

Donc si vous parlez de la croix à quelqu'un, il va douter, il va même se moquer, il va réagir. Et finalement, on finit par se taire, on ne parle plus, on ne témoigne plus de Jésus-Christ autour de soi, car on se dit: je connais la réponse, je connais la réaction de ceux qui sont autour de moi, ils vont continuer à se moquer et finalement j'en oserai pour mes frais; alors autant que je ne dise rien. Ce n'est pas le bon raisonnement. La Bible, au contraire, nous invite à rendre témoignage à Jésus-Christ notre sauveur. Il est vrai que notre message semble incompréhensible à un certain nombre de personnes et les auditeurs de Paul pourraient se ranger en trois catégories: d'abord les juifs--et rappelons nous que Paul est juif d'origine; les " grecs ", et lorsqu'il est question des grecs, ce sont, non seulement ceux de nationalité grecque, mais aussi en ce temps là on désignait par grecs tout ceux issus du paganisme; et enfin, une troisième catégorie, celle de ceux qui acceptent le message du Christ et qui sont sauvés, et sont sur le chemin du salut.
Pour les Juifs, la prédication de la croix est un scandale; le mot scandale en grec, veut dire la petite pierre sur laquelle on bute et qui va nous faire tomber. Pour les juifs, la croix est un scandale; pensez à leur raisonnement: la croix était le lieu où l'on châtiait les bandits; les deux brigands crucifiés de part et d'autre de Jésus nous font penser à cela. Pour les grecs, c'était la sagesse qui primait, non celle d'un comportement mais celle d'un raisonnement, et la croix était dans leur pensée, une élucubration qui n'avait rien de censé, correct et valable. Pour les juifs, la croix est aussi un scandale parce que Paul apporte ce message à tout le monde, pas seulement aux juifs, alors que les juifs pensaient que la grâce de Dieu leur était réservée; ils se croyaient, eux, les seuls élus; pour les juifs, les grecs étaient des gens impurs, n'observant pas la loi de Dieu donc n'ayant pas droit à la grâce de Dieu, à moins qu'ils deviennent des prosélytes juifs se soumettant à la loi de l'Ancien Testament. Voilà donc ceux qui entendent le message de Paul, mais il y des gens qui ont déjà cru: quand Paul écrit aux Corinthiens, c'est à l'Eglise de Corinthe qu'il écrit, donc à des chrétiens, hommes et femmes qui se sont convertis. Dieu n'est pas contre la sagesse, ni contre la connaissance, mais il s'oppose à la sagesse qui refuse de croire à la vérité de la croix et à la puissance de la résurrection. La sagesse des hommes ne peut pas nous sauver mais Jésus-Christ crucifié seul, peut nous arracher à notre mort, à notre désespérance, à notre perdition; et la prédication de la croix est puissance pour le salut de quiconque croit, pour nous qui croyons. Je rappelle ce que Paul écrivait:

"La croix est puissance et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant juifs que grecs, car la folie de Dieu est plus sage que les hommes et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes".

La prédication de la croix est une folie mais est aussi une puissance; une puissance pour nous qui avons cru, qui maintenant bénéficions du salut que Jésus-Christ nous a acquis à la croix en versant son sang pour nous. Pour nous qui sommes sauvés, nous héritiers de la Réforme, nous croyons au salut par grâce, non pas par les oeuvres: ce n'est pas par nos mérites que nous sommes sauvés, mais par la foi en Jésus-Christ notre sauveur. Pour nous, cette assurance d'être sauvés est absolument indispensable. Plus que cela; on ne peut répondre que par oui ou par non; on ne peut pas dire j'espère; si vous me demandez: êtes-vous marié? Je ne peux pas répondre : j'espère; mon épouse est ici présente. C'est donc une certitude et en ce qui concerne notre salut, cela doit être aussi une certitude; ce n'est pas en raison de ce que nous avons fait ou ce que nous n'avons pas fait , c'est en raison de ce que Jésus-Christ a fait pour nous. Notre part à nous était de passer par la repentance, la foi, d'ouvrir notre cœur au Christ, venir à lui de tout notre être. Lorsque Paul est venu à Corinthe pour la première fois, ce n'était pas pour se faire valoir. Paul avait déjà annoncé l'Evangile à d'autres grecs en Grèce, à Athènes; cela n'avait pas été facile et nous y reviendrons tout à l'heure. Mais s'il est venu à Corinthe, c'est pour annoncer le témoignage de Dieu: à savoir: Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié! Il insiste là: le message de la croix au centre même. Paul était un homme lettré: il aurait pu bâtir des sermons bien charpentés, avoir une argumentation qui atteigne l'intellect des grecs qui étaient très friands de ces choses. Mais Paul qui était de culture grecque aussi bien que de culture juive refuse de céder à cette facilité; il vient là, avec crainte et tremblement sachant bien que ce n'est pas la sagesse des hommes qu'il va pouvoir toucher et persuader les grecs. Et il vient pour annoncer Jésus-Christ crucifié.

Pour nous, ne comptons pas sur notre savoir, sur nos possibilités (quand je dis nous je parle de moi-même en premier lieu), mais comptons sur la puissance de Dieu qui peut toucher des cœurs, qui peut les saisir. Dieu est tout puissant, ne limitons pas sa puissance avec notre incrédulité et nos doutes.

Permettez-moi un petit témoignage. J'ai été aumônier protestant à la prison de Niort pendant plusieurs années, et j'ai eu par la grâce de Dieu la possibilité que n'ont pas généralement les aumôniers: un jour, à la suite de la conversion d'un prisonnier, le gardien-chef m'a fait appeler et m'a dit:"Je vous laisse un trousseau de clefs et vous irez partout où vous voudrez...".Alors j'ai pensé que l'aumônier catholique allait voir les protestants et je pouvais donc aussi aller voir les catholiques ou ceux qui se définissent comme tels et ceux qui se disent n'avoir aucune religion. Et j'ai trouvé particulièrement un jour dans sa cellule un homme ayant le faciès d'un alcoolique et d'une lourde hérédité; et ma première pensée a été - et j'en demande pardon au Seigneur -"avec un homme comme ça, il n'y a certainement pas grand chose à faire...". Je lui ai quand même offert un évangile (j'offrais à tous un évangile selon Jean), je proposais un cours biblique par correspondance, et cet homme a accepté. Le premier cours biblique était vraiment raturé et même raté. Alors j'ai pris du temps avec lui pour lui montrer comment faire; et cet homme a eu sa vie changée par le Christ, transformée.
Quand il est sorti de la maison d'arrêt, il s'est mis à suivre des cultes dans une communauté, a demandé le baptême et il a vécu pour Jésus-Christ. Il était souvent dans la rue avec des évangiles dans sa poche qu'il offrait, ou des traités qui parlaient de la croix. J'ai été encore là, frappé par la puissance de la croix. Et nous avons vu tant de fois des gens qui ont été transformés par le message de la croix. Oui c'est une puissance! Nous pouvons nous trouver là dans un état de faiblesse en disant:"Mais je ne peux rien faire!". Et c'est au moment où nous prononçons cet aveu d'impuissance que Dieu va agir. Quand nous nous croyons être suffisamment instruits, avoir une argumentation très forte, nous allons tout simplement nourrir l'intellect de nos interlocuteurs, s'ils veulent bien nous écouter, ce qui n'est pas toujours le cas et il n'y aura pas eu de résultat.

Mais reconnaissons notre faiblesse et croyons que la prédication de la croix en elle-même, c'est une puissance. Paul ne se mettait jamais en avant; il détournait plutôt les auditeurs de lui-même pour que les regards de ses auditeurs se fixent sur Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié et à partir de cela ils pouvaient découvrir la puissance de la résurrection, la gloire du Christ remonté à la droite du Père intercédant pour nous. Et nous, nous croyons à la puissance de la croix et nous avons à la proclamer; prêcher, c'est proclamer; proclamer c'est dire hautement; ce n'est pas faire des sermons, c'est affirmer hautement les certitudes qui sont les nôtres.

La puissance de la croix doit être au centre de nos pensées, au centre de notre témoignage chrétien auprès des autres. Parce que la croix révèle la gravité de notre péché mais elle révèle aussi l'amour infini de notre Dieu, la grâce qui a été manifestée en Jésus-Christ notre sauveur. La croix de notre Seigneur nous révèle Jésus-Christ le bon berger qui a pu dire:" le bon berger donne sa vie pour ses brebis"; il a donné sa vie pour moi, pour vous, pour chacun d'entre nous. Et pour nous qui sommes sauvés, qui croyons en Jésus-Christ comme le Sauveur, la croix est la puissance de Dieu. Et cette puissance trouve la confirmation de sa valeur par la résurrection de notre Sauveur, puis par son ascension glorieuse.

L'apôtre Paul peut écrire:"Christ est mort! Bien plus il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous." (Ro 8.34). Et nous savons aussi que du haut du ciel, un jour, selon sa promesse Christ reviendra. La puissance de la croix! Tout le monde ne peut pas avoir été saisi comme Kajarnak dont je parlais tout à l'heure, mais vous avez peut-être fait l'expérience avec le message de la croix. Pour ma part, je voudrais rapporter quelque chose qui m'a frappé particulièrement. Il y aura six ans cette année, nous sommes allés Suzanne et moi en Israël. C'est une jeune fille qui avait découvert le Christ par notre moyen; elle avait offert le voyage en Israël à ses propres parents, et puis elle a eu la pensée d'offrir un voyage en Israël à ceux qui l'avaient amenée à la foi. Et mon souvenir le plus marquant en Israël ça a été la visite au jardin de la tombe; là, on aperçoit une tombe qui est certainement le tombeau dans lequel Jésus a été enseveli et puis, à quelques dizaines de mètres de là, une petite colline avec des excavations: deux qui sont au même niveau et peuvent représenter des yeux, un petit promontoire qui peut représenter un nez, et un excavation qui ressemble à une bouche et là, au siècle dernier, un anglais à découvert que ce lieu était le Golgotha, le lieu du crâne: en effet, cet endroit a vraiment l'apparence d'un crâne, et sur ce lieu il y a aujourd'hui un cimetière musulman. Mais ce qui m'a frappé, c'est qu'à un certain moment, le chef de notre groupe qui était un Pasteur nous a laissé là; il y avait de quoi s'asseoir; il est revenu avec un sac, dans le sac du pain et du vin et nous avons eu là un service qui pour moi a été inoubliable : si près de l'endroit où la croix a été dressée, nous avons pu chanter"attaché à la croix pour moi". Et si près du tombeau où Jésus a très certainement été placé, tombeau où l'on peut entrer mais qui est orné d'un verset: "Il n'est pas ici, il est ressuscité". Si près de ce lieu, nous avons pu terminer ce moment de Sainte cène en chantant: " A toi la gloire!". C'était quelque chose d'absolument inoubliable pour moi. Je dirai que ce n'est pas la peine d'aller à Jérusalem pour voir cela, l'important c'est de croire, l'important c'est d'en vivre, l'important, c'est de croire que la croix est toujours puissance de Dieu pour celui qui croit!

Nous avons tous à comprendre maintenant que les prédicateurs de la croix, ce ne seront pas seulement les Pasteurs, les missionnaires, mais chacun d'entre-nous. D'abord en croyant très fermement dans le message de la croix et puis ensuite en le retransmettant à d'autres autour de nous. Il en est sans doute, autour de nous, qui ont soif d'entendre ce message. La croix cela implique que nous sommes pleinement engagés pour le Christ; que nous mêmes, nous sommes morts à notre vie passée, mais nous sommes vivants pour Jésus-Christ; vivre de la vie qu'il nous a offerte et nous a acquise à la croix du calvaire. L'apôtre Paul pouvait écrire aux Galates:

"Pour ce qui me concerne, loin de moi la pensée de me glorifier d'autre chose que de la croix de notre Seigneur Jésus Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde!".

Amen!

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