Un SDF toxicomane devient pasteur

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Type : Témoignage
Thème : Des vies transformées
Source : Lueur   
Publié sur Lueur le
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Quand j'avais 14 ans, la question religieuse était pour moi, comme pour beaucoup de jeunes gens de cet âge, d'une très grande importance : Quel est le sens de ma vie ? Qui est Dieu, une personne ou une idée, et comment faire pour m'en approcher ? Il ne m'était malheureusement pas encore donné, à cette époque-là, de trouver la bonne réponse à mes questions.

Je suis né et j'ai grandi à Winterthour, une ville de cent mille habitants dans le canton de Zurich en Suisse- alémanique, et comme tous mes camarades de classe dont les parents étaient protestants, je suivais à l'école un cours de formation religieuse donné par un pasteur de l'Eglise Réformée du canton de Zurich. J'étais fort intéressé par l'enseignement que nous avons reçu.
Mais pourtant, le pasteur n'était pas en mesure de m'emmener à une relation personnelle avec Jésus-Christ. C'est alors que commençaient mon parcours, un parcours qui m'amenait en plusieurs étapes à toutes sortes de croyances avant de découvrir la vérité biblique et la foi en Jésus.

Une première étape a été un groupe de jeunes gens. Ce groupe se composait de personnes entre 15 et 35 ans qui défendaient des idées politiques révolutionnaires des années 1968. Nous avons cru pouvoir changer le monde en nous battant au début des années 80 contre la police et l'état. C'est dans ce milieu-là que j'ai découvert un autre monde: le monde des drogues. Cette découverte correspondait en quelque sorte mieux à ce que je recherchais, parce que le monde politique de tendance plutôt communiste ne pouvait pas répondre à ma soif spirituelle. Par contre, la consommation de drogues comme le haschisch ou le L.S.D. m'a ouvert la vue sur d'autres horizons. Par ce moyen, j'ai pu entrer dans quelque chose de transcendant. Petit à petit, j'ai changé de milieu et j'ai commencé à fréquenter des gens qui croyaient en un dieu; mais ce qu'ils pratiquaient, c'était finalement de l'occultisme.

Par la suite, j'ai vécu des choses qui ont encore profondément marqué ma vie. En fait, j'ai continué à consommer des drogues. J'ai commencé à prendre de l'héroïne et de la cocaïne et en peu de temps, j'étais dépendant. Je ne pouvais plus m'arrêter. C'était terrible, surtout pour mes parents, car je leur ai fait mal et causé beaucoup de soucis. J'ai trompé mon père en lui volant de l'argent. Il disait qu'il allait me dénoncer auprès de la police si je n'étais pas d'accord d'entrer dans une cure de désintoxication suivie d'une thérapie â long terme dans un foyer. Durant cette thérapie, j'ai découvert une autre spiritualité, tout à fait nouvelle pour moi. Dans ce foyer, nous étions à peu près dix à quinze toxicomanes et six psychologues et éducateurs. Les psychologues et les éducateurs, des gens très bien formés, étaient tous des adeptes du "new age". J'ai beaucoup aimé les méditations orientales qu'ils nous ont fait faire, les réflexions sur des anges gardiens et sur des dieux de toutes sortes de providences. Seulement, au bout de quelque mois, Ie vide, la frustration et le désir de prendre des drogues m'ont repris et j'ai arrêté la thérapie avant son terme. J'ai voulu rentrer chez mes parents, mais mon père a refusé de m'accueillir à la maison et m'a fermé la porte. Je me suis retrouvé dans la rue.

C'est-là qu'a commencé la période la plus difficile de ma vie. A cette époque existaient à Zurich des endroits où tous les toxicomanes se rencontraient. C'était sur des places publiques où le trafic et la consommation de drogues s'étaient ouvertement installés. 24 heures sur 24, on pouvait s'acheter de l'héroïne et de la cocaïne et se « shooter ». Pendant trois ans, interrompus par une deuxième tentative de thérapie d'une durée de dix mois, j'ai vécu dans ces endroits, sans domicile fixe et sans travail. Ce qui était pour moi une aventure au début est rapidement devenu une vie infernale. Au bout de ces trois ans je suis tombé très malade. J'ai maigri jusqu'à 45 kilos, mes bras et mes jambes étaient couverts d'abcès ouverts et mon foie était atteint d'une grave hépatite. Et surtout, j'étais terriblement dépendant de la drogue. Je me faisais entre quinze et vingt injections par jour. Petit â petit j'ai pris conscience de mon état et je me suis rendu compte que si je n'arrêtais pas, si je ne changeais pas de vie, je mourrais.

C'est alors que je me suis souvenu de ce Dieu des chrétiens, dont j'avais entendu parler à plusieurs reprises durant ma vie. Dans ma détresse, j'ai lancé un cri vers Jésus :
- Jésus, si tu existes vraiment, viens à mon secours, sauve-moi et je te donnerai ma vie.

Dieu m'a entendu et Il est venu â mon secours. Il est très difficile de sortir de ce cercle vicieux qu'est la toxicomanie, mais Dieu m'a donné le vouloir et le faire. Je discernais qu'il était primordial de changer complètement de milieu. Je ne voulais plus entrer dans une thérapie où je pouvais être sûr de me retrouver avec d'autres drogués. Un travailleur social qui a discerné mon désir de devenir chrétien, m'a proposé de chercher pour moi une place dans une famille chrétienne. Il connaissait une organisation chrétienne qui accompagne spirituellement et psychologiquement des drogués tout en les laissant vivre dans des familles, loin de tout milieu toxicomane. Après une cure de désintoxication dans un hôpital psychiatrique, où j'ai vite repris du poids et où j'ai pu faire soigner mes abcès, on m'a conduit à Munsingen dans le canton de Berne pour y vivre dans une famille qui était prête à m'accueillir. Pendant une année, Dieu m'a permis de Le connaître, non seulement à travers une Bible qu'on m'avait offerte, mais aussi au travers des contacts avec les gens d'une Eglise Libre, la « Freie Evangelische Gemeinde (FEG) » de Munsingen.

Rapidement, je me suis intégré dans cette Eglise et avec l'aide du pasteur et du responsable de l'organisation qui m'accompagnait, j'ai pu vivre des guérisons psychologiques, spirituelles et corporelles. J'ai compris certains mécanismes dans notre famille qui ont causé des blessures dans mon enfance et avec l'aide de Dieu, j'ai pu pardonner et me réconcilier avec ma famille. Mon père et ma mère avaient au début de la peine à croire et à comprendre mon changement, je les avais trop déçus auparavant. Mais la transformation que Dieu avait effectuée en moi se manifestait de plus en plus et finalement, mes parents m'ont pardonné eux aussi. Une autre étape importante a été la rupture des liens avec l'occultisme. Le pasteur de l'Eglise m'a dit un jour qu'il avait I'impression que certaines choses que j'avais faites dans mon passé avaient toujours de l'influence dans ma nouvelle vie et qu'il fallait prier Jésus pour qu'il me libère de ces liens. Le pasteur a fait appel à quelqu'un d'expérimenter pour cette prière. Ces moments ont été pour moi une expérience douloureuse mais libératrice. Au bout d'une année, j'ai ressenti le désir de me faire baptiser. J'avais compris que ma conversion avait été un processus et qu'elle arrivait à maturation, aussi j'ai voulu marquer cet événement par une déclaration publique de mon appartenance au Christ.

Corporellement, je me portais bien après cette année. Mais malheureusement, je souffrais d'une hépatite C. Cette maladie attaquait gravement mon foie et est difficilement curable. Après une lecture de Jacques 5, j'ai demandé aux anciens de l'Eglise de bien vouloir prier pour moi. Ils sont venus à deux chez moi, ils ont prié avec moi et ils ont fait une onction d'huile au nom de Jésus. Peu de temps après, le médecin m'a proposé une thérapie avec un nouveau médicament expérimental. Pendant une année, j'ai du me faire 3 piqûres d'interféron par semaine, ce qui causait pas mal d'effets secondaires. Les chances de guérison étaient entre dix et quinze pour cent. Dieu, dans sa miséricorde, a permis que je réagisse positivement. Aujourd'hui, le constat médical est : hépatite C - négatif.

Ralf
Ralf a suivit une école de théologie pour devenir pasteur.

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