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Les sources de nos motivations (nos besoins fondamentaux)
3. La réponse humaine aux besoins fondamentaux

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Type : Dossier
Thème : Santé & Psychologie
Source : Aimer & Servir
Réf./Date source : 108
  
Publié sur Lueur le
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Sommaire :
  1. Les sources de nos motivations (nos besoins fondamentaux)
  2. Quels sont nos besoins fondamentaux ?
  3. La réponse humaine aux besoins fondamentaux
  4. Thérapies actuelles de l'épanouissement de l'être humain
  5. Conséquence de la foi sur nos motivations

L'homme sans Dieu a perdu l'intuition divine et la communion, mais il lui reste la conscience. Cette conscience de l'homme est imprégnée de l'existence de Dieu, de l'existence du bien et du mal, de la notion d'éternité et de la finitude de l'homme en tant qu'être vivant.

La connaissance du monde que l'homme peut avoir à partir de son intelligence est bien subjective, partielle et fragmentaire. Il n'est plus en relation avec l'absolu divin ; sa conception du monde est donc très fragile, et cela d'autant plus qu'il y a pluralité d'hypothèses, de philosophies pour interpréter le monde. Devant la fragilité de la connaissance, ce que nous ressentons va devenir d'autant plus important ; ainsi, les émotions vont dominer la vie psychique de l'homme. Ne pouvant connaître avec certitude la vérité, je me laisse diriger par ce que je ressens et, tout naturellement, je suis enclin à fuir la souffrance et à rechercher le plaisir. Certes il reste la volonté, mais n'étant pas correctement éclairée par l'intelligence, la volonté ne pourra résister longtemps aux assauts des émotions. A quoi bon souffrir si je ne sais pas pourquoi ? Pourquoi me priverai je d'un plaisir ? Et si la volonté pouvait m'aider à me sentir mieux dans ma peau, elle sera la bienvenue et donc mise à contribution. Le "faire" vole ainsi au secours de "l'être". Le "faire" correspond à notre volonté et "l'être" à nos émotions. Aux yeux du monde nous avons de la valeur, non pour ce que nous sommes, mais pour ce que nous faisons, pour ce que nous apportons aux autres. Si je ne suis plus efficace par mon travail, je n'ai plus de valeur dans mon entreprise. Inversement, plus je suis productif et plus je suis considéré. J'essaierai donc d'être le plus productif possible pour être estimé par les autres, et en étant estimé, par les autres, je pourrai m'estimer moi même. Cette démarche est souvent utilisée par ceux, qui spontanément, ont une mauvaise image d'eux-mêmes.

C'est ainsi que sont vénérés la puissance et le plaisir car puissance et plaisir permettent de minimiser la souffrance, le mal être, le mal de vivre. La conscience d'un Dieu à qui il faudra peut être rendre des comptes et la conscience de ma finitude exacerbent mes sentiments négatifs et douloureux et amplifient ma quête de puissance et de plaisir pour étouffer ma souffrance. C'est pour cela qu'il ne sert à rien de culpabiliser les gens pour qu'il changent de comportement (exemple : tabac, drogue) car la culpabilité ne fait que majorer la douleur qui nécessitera donc un calmant plus puissant. Ce sont surtout les traumatismes de la vie et principalement les déficits affectifs de l'enfance qui suscitent un sentiment de rejet, de moindre valeur, d'infériorité. En effet, les besoins d'appartenance, d'estime de soi, de maîtrise des choses sont exacerbés par le rejet, le ressentiment et le dénigrement des parents à l'égard de leurs enfants. Inversement, ces besoins d'appartenance, d'estime de soi et de maîtrise des choses sont en partie satisfaits par l'acceptation, l'amour et l'encouragement des parents envers leurs enfants. En dehors des parents interviennent également les avis des grands-parents, des frères et soeurs plus âgés, des copains, des enseignants mais également des médias et de la publicité qui affichent les standards de la société. D'autres tempêtes de la vie (maladie ou décès d'un parent, séparation ou violence conjugale, abus sexuels, etc.) perturbent également profondément l'image de soi de l'enfant.

L'intelligence de l'enfant reçoit et intègre ce message de rejet, de moindre valeur, d'infériorité. Il se forme alors un complexe d'infériorité qui aura des conséquences émotionnelles négatives et suscitera des réactions pour calmer les émotions et surmonter ce complexe d'infériorité. Les conséquences émotionnelles négatives de ce complexe d'infériorité peuvent se traduire par de profondes blessures et douleurs, ou par une peur, une insécurité, une angoisse à cause de la conviction de ne pas être accepté par les autres et d'être abandonné d'eux. Il peut s'agir également de sentiments de colère, d'injustice, de haine des autres ou de culpabilité, de honte, voire de haine de soi-même à l'idée de n'avoir pas su se faire aimer. Ces sentiments négatifs (douleur, peur, honte, colère) sont très pénibles à supporter et génèrent par ailleurs une énergie considérable qui nous pousse à changer la situation. Selon notre évaluation de la situation et notre mode de fonctionnement nous allons réagir soit par des stratégies de manipulation soit par des mécanismes de compensation.

La manipulation correspond à un aspect pernicieux et destructeur de la personnalité qui développe une relation dans le but d'avoir et d'obtenir. La manipulation peut être active ou passive selon que nous nous plaçons au dessus ou au dessous des autres.

Si nous nous considérons comme inférieurs aux autres, la peur liée au manque déforme tellement la réalité que nous ne pouvons concevoir notre salut qu'à travers les autres. Nous allons donc idolâtrer les autres et nous soumettre à eux pour qu'ils nous soient favorables. Si nous nous considérons comme supérieurs aux autres, l'orgueil, une idolâtrie de soi même, déforme également la réalité et nous pousse à mépriser et à utiliser les autres comme des êtres inférieurs. Dans la manipulation passive, les manipulateurs compatissants se soumettent aux autres car leur motivation est d'être appréciés et aimés, alors que les manipulateurs indifférents ont abandonné toute lutte par peur de nouvelles déceptions pour ne compter plus que sur la pitié des autres. Les manipulateurs actifs sont soit compétitifs soit critiques. Pour les compétitifs, l'amour est conditionné par la réussite. De ce fait, gagner reste leur seule motivation et les autres sont toujours considérés comme des rivaux. Les manipulateurs critiques sont motivés par un besoin d'avoir constamment le dessus, en utilisant le contrôle et la domination sur les autres.

La compensation consiste à fuir la douleur par la recherche du plaisir. Le désir de soulagement de la douleur, quel qu'en soit le prix, ouvre la porte de la convoitise et de la dépendance. Le meilleur moyen de soulager la douleur du rejet est de s'octroyer un plaisir ; mais les plaisirs sont éphémères et s'émoussent en cas de répétitions trop fréquentes, ce qui nous expose à de nouvelles douleurs nécessitant de nouveaux plaisirs et ainsi de suite. Tout ce qui modifie la perception de la réalité douloureuse pour la rendre moins pénible est bienvenu (nourriture, alcool, tabac, drogues, stress, médicaments, fantasmes, relations...). L'attachement à certains objets, comportements ou personnes en raison du plaisir qu'ils nous procurent, asservit ainsi notre désir et crée un état de dépendance. Si ces sentiments négatifs sont refoulés et intériorisés, ils peuvent conduire à des maladies psychosomatiques (ulcère, colite, hypertension artérielle...) ou alors à des maladies sociales (délinquance, violences, meurtres...) s'ils sont libérés brutalement.

Il est donc clair que l'essentiel de nos motivations et de nos comportements consiste à répondre à notre besoin d'être estimés et valorisés. Nous pouvons avoir les plus belles intentions altruistes de compassion et d'abnégation, quand nous sommes confrontés à la douleur du manque d'estime de soi ; quand notre MOI crie famine, nous retournons vite à nos habitudes de convoitise ou de rébellion. De surcroît, n'obtenant qu'une piètre satisfaction à ces citernes crevassées, nous risquons de nous tourner vers des ressources plus prometteuses.

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