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Dépendances et spiritualités
6. Le mimétisme sectaire ou le légalisme institutionnalisé

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Type : Dossier
Thème : Les dépendances
Source : Aimer & Servir
Réf./Date source : 134  
Publié sur Lueur le
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Sommaire du dossier :
  1. Dépendances et spiritualités
  2. Cause première des dépendances : manque de spiritualité
  3. Cause seconde de la dépendance : excès de spiritualité
  4. La spiritualité rend-t-elle dépendant ?
  5. Le mimétisme sectaire ou le légalisme institutionnalisé

Un des moyens les plus sûrs pour favoriser la dépendance est le mimétisme psychologique et spirituel (ou occulte). Le mimétisme consiste à imiter une personne, ou s'intégrer par osmose dans le groupe. C'est le deuxième point qui est le plus intéressant. Si la dépendance est individuelle, c'est parce que le groupe, lui aussi, est dépendant. Si une personne est dépendante du gourou, elle est aussi dépendante du groupe. On peut donc parler de double dépendance.

Cette dépendance individuelle et collective est vécue au plus haut niveau par les Témoins de Jéhovah. Un adepte de cette secte est soumis à toutes sortes de contraintes, à tel point que sa vie privée est chamboulée. Il est soumis à l'Organisation (Bethel), aux anciens, et au groupe. En effet, contrairement à ce que beaucoup pensent, il n'y a pas d'interdictions absolues (mis à part les transfusions sanguines). Si le Témoin de Jéhovah veut aller au cinéma, il peut y aller. Mais comme les autres n'y vont pas, ou sont censés ne pas y aller, il n'y va pas ! Il n'y a pas d'ordres absolus, seulement des « conseils » - qui ont valeur de loi. C'est ainsi que la spiritualité des Témoins de Jéhovah est très légaliste, et ce légalisme engendre une dépendance individuelle et collective. Il y a donc, au départ, une tyrannie religieuse qui crée, à la longue, une accoutumance au message reçu et, par là, une séparation de la personne par rapport au monde qui l'entoure.

Le mimétisme sectaire existe, et il est bien rôdé ! Le programme est le même pour tous. En principe, tout est centralisé et l'enseignement dispensé est absolument identique pour tous. De même, les pratiques sont identiques. Ainsi, pour la Conscience de Krishna (AICK), les adeptes doivent prononcer 1728 fois le mantra Hare Krishna... Hare... Hare rama.... Hare » ! Ce mantra serait un moyen pour parvenir dans les états supérieurs de l'hindouisme (et aussi du bouddhisme). Sous le couvert d'une spiritualité de haut niveau, l'adepte est devenu dépendant d'une secte orientaliste. A la base de cette dépendance se trouve la manifestation d'un état supérieur, c'est-à-dire l'irruption du divin en soi.

Il s'instaure peu à peu un légalisme institutionnalisé. La plénitude de vie et de conscience, l'évolution psychique de l'homme, voire son salut dépend plus des oeuvres que de la grâce. Le mimétisme se justifierait par le simple fait que tout ce qui est bon pour le fondateur est aussi bon pour tous les disciples. Une expérience intérieure, qualifiée de transcendante, est la même pour tous. Si le fondateur de la secte réussit cette expérience, les suivants doivent aussi la réussir. Ainsi, pour Ron Hubbard, l'Operating Thetan IlI, appelée aussi OT 3 ou « Mur du feu », doit être le passage obligé pour obtenir la transcendance humaine. Ainsi, la répétition des expériences de type occulte engendre une dépendance spirituelle qui peut aller jusqu'à l'obsession, et dans certains cas au suicide.

Le mimétisme est-il biblique ?

Si le mimétisme sectaire existe, il existe de même un mimétisme spirituel et évangélique ! On reproche souvent aux chrétiens évangéliques de forcer sur la doctrine de la conversion et la nécessité de prendre une décision personnelle. Cette doctrine est à la fois éminemment subjective et pratique, car suivie d'effets tant spirituels (lecture de la Bible et prière) que moraux (changement de pensée et de comportement).

Le mimétisme est-il biblique ? Nous lisons : « Vous savez vous-mêmes comment il faut nous imiter, car nous n'avons pas vécu parmi vous dans le désordre » (2 Thessaloniciens 3/7). Ce verset est très difficile à interpréter. Il ne signifie pas : « Singez-moi » ou « faites à la lettre ce que je fais ». Non ! Ce que Paul veut dire : « Dans une circonstance identique, vous aurez à réagir dans le même esprit que moi, c'est-à-dire pour la seule gloire de Dieu ». On comprend mieux la pensée de l'apôtre : « Avec ma façon de penser et ma manière de faire, je serais parvenu au même résultat, et ceci par des moyens pas forcément identiques. »

En effet, autant les sectes que le christianisme évangélique nous invitent à suivre des règles éthiques et morales. La Bible tout entière nous exhorte (Niham en hébreu, parakaléo en grec) à avoir un comportement irréprochable vis-à-vis de Dieu, comme vis-à-vis de notre frère ou de notre prochain.

L'apôtre Paul indique que, pour son exhortation, il entend s'appuyer sur ce que Dieu a fait pour nous en Jésus-Christ. Paul peut réconforter, encourager, appeler à une vie digne de l'Evangile à cause de l'oeuvre de Dieu pour nous et en nous. Ainsi, l'exhortation chrétienne n'a donc rien à voir avec un simple appel moral : « Tu devrais être plus gentil ». Nous n'avons pas à faire appel aux forces de la volonté naturelle de l'homme, nous devons nous appuyer sur ce que Christ a fait pour nous et pour le frère que, nous exhortons, sur la vocation qu'Il nous adresse, sur la dignité d'enfants de Dieu qu'Il nous confère, sur les promesses qu'Il nous donne.

L'utilisation du verbe parakaléo est intéressante : il signifie d'abord « inviter », « prier quelqu'un de faire quelque chose » « appeler » « prier » (Marc 6/56 ; 7:32 ; Actes 16/16, etc.). Ce verbe grec peut aussi signifier « appeler à », « conseiller », « reprendre avec douceur » (Actes 15/32 ; Actes 20/2 ; Ephésiens 4/1 ; Romains 15/30 ; Romains 16/17 ; etc.).

La véritable exhortation n'est pas un moyen de pression sur l'individu, mais d'abord une invitation à se prendre en charge. L'exhortation est un discours ; elle peut s'adresser à une personne comme à un groupe. L'encouragement, la consolation font partie de l'exhortation. La Bible nous dit : « C'est pourquoi, exhortez-vous réciproquement, et édifiez-vous les uns les autres, comme en réalité vous le faites » (1 Thessaloniciens 5/11). L'exhortation chrétienne est aussi mutuelle, ce qui n'est pas le cas dans l'endoctrinement d'une personne.

Il est important de signaler que l'exhortation est basée sur la seule Parole de Dieu, et non sur des règlements ou commandements humains. Une véritable exhortation doit tendre vers la responsabilité de l'homme, sa prise en charge, et non son asservissement. La foi en Christ rend responsable vis-à-vis de notre prochain et de notre frère ou soeur ; une foi en un gourou ou une organisation rend l'homme esclave. La véritable dépendance est en Christ, et non pas dans l'homme. La soumission n'est pas l'écrasement, mais une reconnaissance de la souveraineté de Dieu, notre Créateur, Sauveur et Seigneur.

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