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Actes 4:32-5:14
(Annotée Neuchâtel)
   32 Or la multitude de ceux qui avaient cru n'avait qu'un coeur et qu'une âme, et nul ne disait que quelque chose de ses biens lui appartînt en propre, mais toutes choses étaient communes entre eux. 33 Et les apôtres rendaient témoignage, avec une grande puissance, de la résurrection de Jésus-Christ, le Seigneur ; et il y avait une grande grâce sur eux tous. 34 Car il n'y avait aucun indigent parmi eux, parce que tous ceux qui possédaient des terres ou des maisons les vendaient et apportaient le prix de ce qu'ils avaient vendu, 35 et ils le mettaient aux pieds des apôtres, et on distribuait à chacun selon qu'il en avait besoin. 36 Ainsi Joseph, surnommé par les apôtres Barnabas, ce qui signifie fils d'exhortation, Lévite originaire de Chypre, 37 possédant un champ, le vendit, apporta l'argent et le déposa aux pieds des apôtres.

Actes 5

   1 Mais un certain homme, du nom d'Ananias, avec Saphira, sa femme, vendit une propriété ; 2 et il détourna quelque chose du prix, sa femme aussi étant complice ; et en ayant apporté une partie, il la déposa aux pieds des apôtres. 3 Mais Pierre lui dit : Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton coeur, pour que tu mentes à l'Esprit saint et détournes une partie du prix de ce fonds de terre ? 4 Si tu ne l'avais pas vendu, ne demeurait-il pas à toi ? et, vendu, n'était-il pas en ton pouvoir ? Comment as-tu conçu dans ton coeur un tel dessein ? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu. 5 Ananias, entendant ces paroles, tomba et expira. Et il y eut une grande crainte sur tous ceux qui l'apprirent. 6 Et les jeunes gens, s'étant levés, l'enveloppèrent, et l'ayant emporté, ils l'enterrèrent. 7 Or il arriva, à un intervalle d'environ trois heures, que sa femme, ne sachant pas ce qui était arrivé, entra. 8 Et Pierre lui adressa la parole : Dis-moi si c'est pour cette somme que vous avez cédé le fonds de terre ? Et elle dit : Oui, c'est pour cette somme. 9 Alors Pierre lui dit : Comment un accord a-t-il été fait entre vous pour tenter l'Esprit du Seigneur ? Voici, les pieds de ceux qui ont enterré ton mari sont à la porte, et ils t'emporteront. 10 Or, au même instant, elle tomba à ses pieds, et expira. Et les jeunes gens étant entrés la trouvèrent morte, et l'ayant emportée, ils l'enterrèrent auprès de son mari. 11 Et il y eut une grande crainte sur toute l'Eglise et sur tous ceux qui apprirent ces choses.
   12 Or il se faisait par les mains des apôtres beaucoup de miracles et de prodiges parmi le peuple. Et ils étaient tous d'un commun accord sous le portique de Salomon. 13 Et aucun des autres n'osait se joindre à eux ; mais le peuple leur donnait de grandes louanges. 14 Mais il s'ajoutait toujours plus de ceux qui croyaient au Seigneur, des multitudes tant d'hommes que de femmes ;

Références croisées

4:32 Ac 1:14, Ac 2:1, Ac 5:12, 2Ch 30:12, Jr 32:39, Ez 11:19-20, Jn 17:11, Jn 17:21-23, Rm 12:5, Rm 15:5-6, 1Co 1:10, 1Co 12:12-14, 2Co 13:11, Ep 4:2-6, Ph 1:27, Ph 2:1-2, 1P 3:8, Ac 2:44-46, 1Ch 29:14-16, Lc 16:10-12, 1P 4:11
Réciproques : Ex 36:29, Lv 25:6, Dt 15:11, 2S 19:14, 1Ch 12:17, 2Ch 5:13, Esd 3:1, Jb 31:17, Ps 72:7, Ct 7:9, Es 35:2, Es 52:8, Mt 13:44, Mt 19:21, Mt 25:35, Jn 4:38, Jn 13:35, Rm 12:10, Rm 12:16, Ep 4:13, Col 2:2, Col 2:19, 1Th 4:9, He 13:1
4:33 Ac 4:30, Ac 1:8, Ac 1:22, Ac 2:32-33, Ac 3:15-16, Ac 5:12-16, Mc 16:20, Lc 24:48-49, Rm 15:18-19, 1Th 1:5, He 2:4, Ac 2:47, Lc 2:52, Jn 1:16
Réciproques : Es 35:2, Lc 2:40, Jn 14:12, Jn 15:27, Ac 2:43, Rm 12:8, 1Co 15:15
4:34 Dt 2:7, Ps 34:9-10, Lc 22:35, 1Th 4:12, Ac 4:37, Ac 2:45, Ac 5:1-3, Mc 10:21, Lc 12:33, Lc 16:9, 1Tm 6:19, Jc 1:27
Réciproques : Lv 25:6, Lv 27:16, 2Ch 35:8, Mt 14:21, Lc 14:13, Lc 18:22, Lc 19:8, Lc 21:4, Ac 5:2, Ac 11:29, 2Co 8:13, 1Tm 6:18, He 6:10
4:35 Ac 3:6, Ac 5:2, Ac 6:1-6, 2Co 8:20-21, Ac 2:45, Ac 6:1
Réciproques : Lv 25:6, 2Ch 35:8, Ne 13:13, Ps 112:9, Lc 12:33, Lc 14:13, Lc 19:8, Ac 4:37, Rm 12:13, He 6:10
4:36 Ac 11:22-25, Ac 11:30, Ac 12:25, Ac 13:1, Ac 15:2, Ac 15:12, Ac 15:37, 1Co 9:6, Ga 2:1, Ga 2:9, Ga 2:13, Mc 3:17, Ac 11:19-20, Ac 15:39, Ac 21:16
Réciproques : Lv 25:34, Ac 9:27, Ac 13:4, Ac 21:3, Ac 27:4
4:37 Ac 4:34-35, Ac 5:1-2, Mt 19:29
Réciproques : Lv 25:34, Ac 11:22, Ga 2:1
4:1 Lv 10:1-3, Js 6:1, Mt 13:47-48, Jn 6:37, 2Tm 2:20
Réciproques : Js 7:11, Js 7:18, 1R 13:5, Ps 101:7, Ml 1:14, Mt 12:44, Mt 13:22, Lc 14:33, Ac 2:45, Ac 4:34, Ac 4:37, 2Co 13:8, 1Tm 5:24, Jc 1:15
4:2 Js 7:11-12, 2R 5:21-25, Ml 1:14, Ml 3:8-9, Jn 12:6, 1Tm 6:10, 2P 2:14-15, Ac 5:9, Ac 4:34-35, Ac 4:37, Mt 6:2-3, Mt 23:5, Ph 2:3
Réciproques : 2R 5:20, Mt 22:12, Ac 2:45, Ac 20:20, Tt 2:10
4:3 Gn 3:13-17, 1R 22:21-22, 1Ch 21:1-3, Mt 4:3-11, Mt 13:19, Lc 22:3, Jn 13:2, Jn 13:27, Ep 6:11-16, Jc 4:7, 1P 5:8, Ap 12:9-11, Ac 5:9, Jb 22:13, Ps 94:7-9, Es 29:15, Jr 23:24, Os 11:12, Nb 30:2, Dt 23:21, Pr 20:25, Ec 5:4, Rm 2:21-22
Réciproques : Gn 4:10, Ex 8:29, Lv 19:11, 1R 14:6, 2R 1:10, 2R 5:22, 2R 5:25, Est 7:5, Jb 15:12, Ps 139:3, Pr 12:19, Es 32:6, Es 57:11, Es 59:13, Ez 38:10, Mt 9:4, Mt 24:48, Mt 26:72, Mc 2:8, Mc 4:15, Lc 5:22, Lc 6:45, Lc 11:39, Jn 8:44, Jn 14:26, Ac 5:4, 1Co 12:10, 2Co 10:6, Ep 2:2, Ep 4:25, Ep 4:27, 1Th 4:8, 2Tm 2:26, Tt 2:10, Jc 3:6
4:4 Ex 35:21-22, Ex 35:29, 1Ch 29:3, 1Ch 29:5, 1Ch 29:9, 1Ch 29:17, 1Co 8:8, 1Co 9:5-17, Phm 1:14, Ac 8:21-22, Js 7:25-26, Jb 15:35, Ps 7:14, Es 59:4, Ez 38:10, Jc 1:15, Ac 5:3, Ex 16:8, Nb 16:11, 1S 8:7, 2R 5:25-27, Ps 139:4, Lc 10:16, 1Th 4:8
Réciproques : Gn 4:9, Ex 8:29, Ex 20:17, Lv 6:2, Lv 19:11, Lv 27:16, 1R 22:22, 2R 5:22, 2Ch 1:11, Jb 15:12, Ps 139:3, Ec 5:5, Es 32:6, Es 33:11, Es 59:13, Mt 9:4, Mt 26:72, Mc 7:21, Ac 2:44, Ac 5:9, Ep 4:25, 1Tm 6:9
4:5 Ac 5:10-11, Ac 13:11, Nb 16:26-33, 2R 1:10-14, 2R 2:24, Jr 5:14, 1Co 4:21, 2Co 10:2-6, 2Co 13:2, 2Co 13:10, Ap 11:5, Ac 5:11, Ac 5:13, Ac 2:43, Lv 10:3, Nb 16:34, Nb 17:12-13, Dt 13:11, Dt 21:21, Js 22:20, 1S 6:19-21, 1Ch 13:12, 1Ch 15:13, Ps 64:9, Ps 119:120, 2Co 7:11, Ap 11:13
Réciproques : Gn 25:8, Ex 19:22, Ex 30:20, Lv 10:2, 1S 28:19, 2R 5:27, Pr 21:11, Ec 7:17, Ez 11:13, Lc 1:65, Lc 7:16, Ac 19:17, Ga 5:12, 1Tm 5:20, 1Tm 6:9, Ap 11:11
4:6 Lv 10:4-6, Dt 21:23, 2S 18:17, Jn 19:40
Réciproques : Ac 5:9
4:8 Réciproques : Jb 31:33, Ec 8:3
4:9 Gn 3:9-13, Lc 16:2, Rm 3:19, Ac 23:20-22, Dt 13:6-8, Pr 11:21, Pr 16:5, Ps 50:18, Mi 7:3, Ac 5:3-4, Ex 17:2, Ex 17:7, Nb 14:22, Ps 78:18-20, Ps 78:40, Ps 78:41, Ps 78:56, Ps 95:8-11, Mt 4:7, 1Co 10:9, Ac 5:6, 2R 6:32, Rm 10:15
Réciproques : Gn 4:10, Gn 20:13, Lv 10:4, Js 7:11, 1S 28:19, 1R 14:6, 2R 2:24, 2R 5:26, Ps 139:7, Ec 8:3, Es 7:12, Ez 38:10, Ml 3:15, Mt 9:4, Mt 22:18, Mc 8:11, Mc 12:15, Ac 5:2, Ga 5:12
4:10 Ac 5:5
Réciproques : Gn 25:8, Ex 19:22, Ex 30:20, Lv 10:2, Lv 10:4, 1S 28:19, 1R 14:6, 2R 5:27, Jb 14:10, Ec 7:17, Ez 11:13, Ac 9:4
4:11 Ac 5:5, Ac 19:17, Ps 89:7, Jr 32:40, 1Co 10:11-12, Ph 2:12, He 4:1, He 11:7, He 12:15, He 12:28, 1P 1:17, Ap 15:4
Réciproques : Lv 10:3, Nb 17:13, Pr 21:11, Ct 6:1, Jon 1:16, Lc 1:65, Lc 5:26, Lc 7:16, Ac 2:43, 1Tm 5:20, Ap 11:11
4:12 Ac 2:43, Ac 3:6-7, Ac 4:30, Ac 4:33, Ac 9:33, Ac 9:40, Ac 14:3, Ac 14:8-10, Ac 16:18, Ac 19:11, Mc 16:17-18, Mc 16:20, Rm 15:19, 2Co 12:12, He 2:4, Ac 1:14, Ac 2:42, Ac 2:46, Ac 4:32, Ac 3:11, Jn 10:23
Réciproques : Lv 8:26, Nb 23:23, 1R 7:12, 2Ch 3:4, Mt 10:8, Jn 13:35, Ac 2:1, Ac 9:35, Ac 17:4, Ac 28:9, Ga 2:8, Ph 2:2
4:13 Ac 5:5, Nb 17:12-13, Nb 24:8-10, 1S 16:4-5, 1R 17:18, Es 33:14, Lc 12:1-2, Lc 14:26-35, Jn 9:22, Jn 12:42, Jn 19:38, 2P 2:20-22, Ac 2:47, Ac 4:21, Ac 19:17, Lc 19:37-38, Lc 19:48
Réciproques : 2Ch 27:2, Ac 2:43, Ac 5:26, 2Co 6:8
4:14 Ac 2:41, Ac 2:47, Ac 4:4, Ac 6:7, Ac 9:31, Ac 9:35, Ac 9:42, Es 44:3-5, Es 45:24, Es 55:11-13, Ac 8:3, Ac 8:12, Ac 9:2, Ac 22:4, Ex 35:22, Dt 29:11-12, Dt 31:11-12, 2S 6:19, Esd 10:1, Ne 8:2, 1Co 11:11-12, Ga 3:28
Réciproques : Nb 23:23, Ps 45:5, Es 32:20, Es 44:4, Es 60:22, Ez 47:9, Mc 4:31, Jn 4:38, Ac 6:1, Ac 11:21, Ac 11:24, Ac 16:5

Notes de la Bible Annotée Neuchâtel

A savoir : les notes ne font PAS partie du texte biblique. Plus d'informations
Actes 4
  • 4.32 Or la multitude de ceux qui avaient cru n'avait qu'un cœur et qu'une âme, et nul ne disait que quelque chose de ses biens lui appartînt en propre, mais toutes choses étaient communes entre eux. 4 :32 à 5 :11 Vie intérieure de l'Eglise. Lumière et ombres.
    Grec : Un seul cœur et âme, c'est-à-dire que la plus intime union de pensée, de volonté et de sentiment existait entre ces croyants ; la même foi et le même amour pour le même Sauveur, tel était le lien qui les unissait.
    C'est là essentiellement ce qui constitue l'Eglise. (Philippiens 1.27 ; 2.2 ; comparez 1Chroniques 12.38) Or l'Esprit seul crée cette précieuse unité des âmes, naturellement séparées par l'égoïsme.
    - Pour la seconde fois, (Actes 2.42-47) Luc trace ici un tableau de la vie intérieure de l'Eglise, après avoir raconté ses succès au dehors.
    Précisément cette ardente charité que Luc vient de décrire avait pour ainsi dire effacé entre les fidèles la distinction du tien et du mien, que l'égoïsme des hommes rend d'ordinaire si acerbe. Et ce n'était pas là seulement une belle théorie ; c'était la pratique de la primitive Eglise à Jérusalem.
    Il ne faut pas cependant trop presser les termes du texte, qui ne sont pas exempts d'une certaine emphase.
    Les biens n'étaient pas tous mis en commun, comme le montre le fait rapporté aux versets 36,37, et la parole de Pierre à Ananias, Actes 5.4. Les propriétés particulières étaient virtuellement à la disposition de tous, en raison de la charité qui animait les membres de l'Eglise.
    Certains critiques, méconnaissant cette nuance, ont statué une contradiction entre l'affirmation de verset 32 et les données de Actes 4.36,37,5.4, et en ont conclu que ces passages provenaient de sources diverses et avaient été amalgamés maladroitement par l'auteur des Actes.
    Voir d'ailleurs sur la communauté des biens Actes 2.45 note.
  • 4.33 Et les apôtres rendaient témoignage, avec une grande puissance, de la résurrection de Jésus-Christ, le Seigneur ; et il y avait une grande grâce sur eux tous. Au premier abord ce verset paraît être étranger au contexte car il interrompt la description du communisme qui régnait dans l'Eglise.
    Aussi maint critique estime-t-il que l'auteur introduit ici dans le document qu'il transcrit un renseignement puisé à une autre source.
    Mais c'est méconnaître la relation étroite qu'il y avait entre les manifestations de la charité énumérées aux versets 32,34 et la puissance avec laquelle les apôtres rendaient témoignage de la résurrection de Jésus-Christ, le Seigneur.
    Cette grande puissance résultait, sans doute, de la vérité qu'ils proclamaient, elle était due aussi à l'action du Saint-Esprit en eux et par eux, comme le montrent les mots : Il y avait une grande grâce sur eux tous.
    Mais cette action n'aurait pu s'exercer aussi efficacement et la prédication des apôtres n'aurait pas trouvé autant de crédit, si la vie nouvelle et en particulier la charité, dont l'Eglise se montrait animée, n'avait parlé en faveur de leur doctrine.
    Jésus déjà avait annoncé que sa mission divine serait reconnue du monde dans la mesure où ses disciples seraient unis dans l'amour. (Jean 17) Cette relation est indiquée dans notre passage par le car qui introduit verset 34.
    - S'il nous est dit ici et ailleurs, (Actes 4.2 ; Actes 1.22 ; 3.15,17.18, etc.) que la résurrection du Christ était le sujet principal du témoignage rendu par les apôtres, c'est que cette résurrection démontrait la divinité de Jésus de Nazareth, annonçait le triomphe de sa cause et ouvrait aux âmes croyantes la source de toute vie.
    - La grande grâce qui reposait sur tous ne doit pas s'entendre ici de la faveur dont ils jouissaient auprès du peuple, (comparez Actes 2.47) mais de la grâce divine, qui produisait ces beaux fruits en eux tous.
    - B porte : Et les apôtres du Seigneur Jésus rendaient témoignage, avec une grande puissance, de la résurrection. Westcott et Hort, Nestle, Wendt, Weiss adoptent cette leçon.
  • 4.35 et ils le mettaient aux pieds des apôtres, et on distribuait à chacun selon qu'il en avait besoin. Comparer Actes 4.32 ; 2.45, note. Cette remarque qu'il n'y avait parmi eux aucun indigent montre que le motif de cette mise en commun des biens était le désir de subvenir abondamment aux nécessités de tous les pauvres. Tel est le vrai communisme, celui d'une charité spontanée.
    - Un trait nouveau est ajouté ici : c'est que le produit de ces ventes de biens était déposé aux pieds des apôtres, c'est-à-dire mis à leur disposition pour qu'ils le distribuassent selon les besoins de chacun.
    Ils ne purent suffire à cette tâche ; aussi fallut-il bientôt leur donner des aides. (Actes 6.1-6)
  • 4.37 possédant un champ, le vendit, apporta l'argent et le déposa aux pieds des apôtres. Ce fait est cité par Luc comme un exemple individuel de ce qui se passait alors, et parce que Barnabas devint bientôt célèbre dans l'Eglise par ses dons et son activité missionnaire, comme compagnon d'œuvre de l'apôtre Paul.
    Il était Lévite, ce qui constituait chez les Juifs une distinction.
    Comme Lévite, il n'était point inapte à posséder un champ, ainsi qu'on l'a conclu à tort des passages Nombres 18.20-24,Deutéronome 18.1. Il ressort de Nombres 35.2, (comparez Jérémie 32.6-16 ; Josué 21.18) que, dans la banlieue des villes qui leur étaient assignées, les Lévites Pouvaient posséder des propriétés individuelles.
    L'interdiction Lévitique 25.34. doit probablement s'entendre en ce sens que ces propriétés ne pouvaient être cédées définitivement à d'autres qu'à des Lévites. (Lévitique 25.32,33)
    La patrie de Barnabas était l'île de Chypre, et il fut le premier qui, avec Paul, y annonça l'Evangile. (Actes 13.4)
    Ce furent les apôtres qui, plus tard, et afin de l'honorer, changèrent son nom de Joseph, selon Sin, B, A, D, versions. (les autres manuscrits portent Joses ou José), en celui de Barnabas que Luc traduit par fils d'exhortation ou de consolation (le mot grec a les deux sens).
    Ce nom hébreu de Barnabas (Bar Nebouah) signifie proprement fils de prophétie. En effet, ce disciple était prophète ; (Actes 13.1) et ce fut, sans doute, parce qu'il déployait ce don avec puissance, que son nouveau nom lui fut donné. (Comparer Actes 11.22-26)
  • Actes 5

  • 5.2 et il détourna quelque chose du prix, sa femme aussi étant complice ; et en ayant apporté une partie, il la déposa aux pieds des apôtres. Luc poursuit sa narration par ce mot mais, qui place ce qui va suivre en un contraste frappant avec le tableau précédent de l'état de l'Eglise, et en particulier avec l'exemple de Barnabas. (Actes 4.37)
    Ananias veut se donner les apparences du complet détachement, qui régnait dans l'Eglise sous l'influence puissante du premier amour.
    Il vend un champ et donne une partie du prix en prétendant que c'était le tout. Mensonge, hypocrisie, tel est son péché, rendu plus coupable encore par un accord fait avec Saphira, sa femme.
    "Ils veulent servir deux maîtres en paraissant n'en servir qu'un seul." Meyer.
  • 5.3 Mais Pierre lui dit : Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, pour que tu mentes à l'Esprit saint et détournes une partie du prix de ce fonds de terre ? Pierre attribue le péché d'Ananias à Satan qui a rempli son cœur ; expression énergique, signifiant que "le père du mensonge" (Jean 8.44) s'était emparé de lui. (Comparer Jean 13.2,27 ; Luc 22.3 notes.)
    Mais la question pourquoi ? qui s'adresse à Ananias, prouve que celui-ci aurait pu et dû lui résister, comme l'observe Meyer. (Comparer verset 4,ou ce péché est attribué à Ananias lui-même.)
    - Mentir à l'Esprit saint qui remplissait les apôtres et l'Eglise, et dont Ananias lui-même avait éprouvé les influences dans son cœur, était plus coupable que de tromper dans des conditions ordinaires. (verset 4)
    Cela veut-il dire qu'Ananias eût commis ce que Jésus appelle le péché contre le Saint-Esprit ? (Matthieu 12.32, note.) Question qu'il n'appartient pas à l'homme de résoudre.
    - Comment Pierre a-t-il su qu'Ananias avait gardé une partie du prix de son champ ? On a prétendu qu'il pouvait en avoir été informé ; mais par qui ? Se serait-il trouvé dans l'Eglise un dénonciateur ? Non, l'apôtre le sut par une révélation de l'Esprit dont il était rempli, (Actes 4.8) comme il sut, bientôt après, que Saphira allait subir le même châtiment que son mari. (verset 9)
  • 5.4 Si tu ne l'avais pas vendu, ne demeurait-il pas à toi ? et, vendu, n'était-il pas en ton pouvoir ? Comment as-tu conçu dans ton cœur un tel dessein ? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu. Grec : Demeurant, tel quel, invendu, ne te demeurait-il pas ?
    Ananias était maître de garder son champ, et l'ayant vendu, il avait pleine liberté d'en conserver le prix entier. Cette parole prouve clairement que la communauté des biens dans l'Eglise de Jérusalem n'était imposée à personne (Comp Actes 2.45, note.)
    Grec : Que s'est il passé pour que tu aies mis dans ton cœur cette affaire là ?
    A Dieu, à qui Ananias professait avoir fait le sacrifice de son bien et à qui il le refuse ; à Dieu, dont l'Esprit de sainteté agissait dans l'Eglise. (verset 3 ; comparez 1Thessaloniciens 4.8)
  • 5.5 Ananias, entendant ces paroles, tomba et expira. Et il y eut une grande crainte sur tous ceux qui l'apprirent. Grec : tombant rendit l'âme. (Voir, sur ce terrible jugement verset 11, note.)
    Certains exégètes ont prétendu que la mort d'Ananias a été accidentelle : elle aurait été causée par le violent ébranlement qu'il éprouva dans sa conscience et dans tout son être.
    Mais la certitude avec laquelle Pierre annonce à Saphira qu'elle va partager le sort de son mari (verset 9) nous oblige à voir dans la fin subite des deux époux un châtiment direct de Dieu. (verset 11, note.)
  • 5.6 Et les jeunes gens, s'étant levés, l'enveloppèrent, et l'ayant emporté, ils l'enterrèrent. On a pensé que ces jeunes gens étaient des serviteurs attitrés de l'Eglise à qui incombait le devoir d'y maintenir le bon ordre et de rendre divers services matériels.
    Le texte ne le dit pas, et il est douteux qu'un tel office existât alors. C'étaient donc probablement les plus jeunes hommes de l'assemblée, qui s'empressèrent, spontanément ou à la demande des apôtres, de remplir ce devoir funèbre.
    - Le verbe que nous traduisons par l'enveloppèrent ou le couvrirent signifie aussi arranger, mettre en ordre, mais le premier sens convient mieux dans notre passage et est admis par la plupart des interprètes.
    L'enterrement, chez les Juifs, avait lieu en général le jour même de la mort. (Jean 11.17, note.)
  • 5.7 Or il arriva, à un intervalle d'environ trois heures, que sa femme, ne sachant pas ce qui était arrivé, entra. Entra dans l'assemblée. Sans doute Saphira, ne voyant pas revenir son mari, le cherchait.
    Les trois heures indiquées furent employées par les jeunes gens au convoi d'Ananias (verset 9) attendu que le lieu des sépultures était hors de la ville.
  • 5.8 Et Pierre lui adressa la parole : Dis-moi si c'est pour cette somme que vous avez cédé le fonds de terre ? Et elle dit : Oui, c'est pour cette somme. Grec : Pierre lui répondit : sur quoi Bengel observe : "Il répondit à la femme, dont l'entrée dans l'assemblée des saints équivalait à un discours."
    - En disant : à ce prix (grec tant), Pierre nomma peut être la somme, ou bien, comme le pense Meyer, il montra simplement du doigt l'argent qu'Ananias avait déposé là. (verset 2) Ce geste serait tragique.
    - Dans sa réponse Saphira ment résolument.
  • 5.9 Alors Pierre lui dit : Comment un accord a-t-il été fait entre vous pour tenter l'Esprit du Seigneur ? Voici, les pieds de ceux qui ont enterré ton mari sont à la porte, et ils t'emporteront. L'accord des deux époux rendait leur action plus coupable, et ils ont tenté l'Esprit, qui résidait dans les apôtres, en s'imaginant qu'ils ignoreraient leur péché ou le laisseraient impuni. C'est par ce même Esprit que Pierre sut que le châtiment dont était mort son mari allait atteindre Saphira. (verset 3, note.)
    - Pendant que Pierre prononçait ces paroles, les pas des jeunes gens se faisaient entendre au dehors, de la cette expression si actuelle : leurs pieds sont à la porte.
  • 5.11 Et il y eut une grande crainte sur toute l'Eglise et sur tous ceux qui apprirent ces choses. Cette crainte était bien naturelle (verset 5) elle fut cause que, pour un temps du moins, aucun de ceux qui n'étaient pas sincèrement croyants n'osait se joindre à l'Eglise. (verset 13)
    La plupart des interprètes considèrent le terrible jugement qui atteignit Ananias et sa femme comme un acte de discipline sévère exercé dans l'Eglise de Jérusalem.
    Mais cet acte n'est il pas beaucoup plus dans l'esprit de l'Ancien Testament (Lévitique 10.1-5 ; Josué 7.1) que dans l'esprit du Nouveau ? (Matthieu 18.15-17 ; Jacques 5.19,20)
    Plus d'un lecteur n'est il pas tenté de demander avec de Wette : "Est-ce que le christianisme a besoin de tels moyens ? Deux vies d'hommes enlevées au sein même de leur péché sans aucun délai pour la repentance !"
    Le pieux et savant Bengel lui-même se demande si ce jugement n'est pas en opposition directe avec Luc 9.52-56.
    A quoi il répond :
    1° Jacques et Jean demandaient que le feu du ciel tombât sur les Samaritains, en obéissant à leur propre inspiration et dans un sentiment d'irritation charnelle, tandis que c'est l'Esprit de Dieu qui anime Pierre ;
    2° les Samaritains ignoraient qui était Jésus, tandis qu'Ananias et Saphira connaissaient sa gloire et avaient eu en lui tous les moyens du salut ;
    3° les deux époux avaient donc péché grièvement, librement, d'un commun accord, et ainsi comblé d'un coup la mesure de leur crime,
    4° au commencement de l'économie nouvelle, ce châtiment fut un exemple salutaire pour plusieurs, qui répandit la crainte de Dieu ;
    5° la gravité de la peine qui les atteignit dans leur corps a pu avoir pour effet d'épargner leur âme.
    Ces explications sont fort respectables ; ce sont les seules qu'on puisse donner si l'on veut expliquer.
    En tout cas il faut rejeter l'opinion de quelques Pères, de nouveau soutenue par Meyer, que ce fut l'apôtre Pierre lui même qui non seulement annonça ce jugement, mais qui l'exécuta le sachant et le voulant, sans doute par la puissance de Dieu.
    Le fait compris comme une œuvre de l'homme sanctionnerait en quelque sorte à l'avance tant d'actes odieux des prétendus successeurs de Pierre.
    Non, il faut voir dans ce jugement une intervention immédiate de Dieu ; une action miraculeuse de sa justice, que nul, dès lors, ne peut ni expliquer, ni imiter, ni critiquer mais que tous doivent contempler avec crainte et tremblement.
  • 5.12 Or il se faisait par les mains des apôtres beaucoup de miracles et de prodiges parmi le peuple. Et ils étaient tous d'un commun accord sous le portique de Salomon. 12 à 42 Activité croissante des apôtres ; leur emprisonnement et leur comparution devant le sanhédrin.
    Ces miracles (grec signes) et ces prodiges étaient les guérisons nombreuses que Luc va énumérer. (versets 15,16)
    Les dons miraculeux, qui contribuaient si puissamment à l'extension de l'Eglise, avaient été solennellement demandés par elle. (4 : 30.)
    - Une troisième fois, (Actes 2.43-47 ; 4.32-37) Luc interrompt ses récits pour retracer l'état florissant de l'Eglise, ses dons miraculeux et son union, (verset 12) la faveur dont elle jouissait auprès du peuple, (verset 13) son accroissement, (verset 14) les guérisons qui s'y opéraient. (versets 15,16)
    Voir, sur ce portique Actes 3.11 ; Jean 10.23, note. Ce fut là paraît-il, le lieu de réunion des chrétiens aussi longtemps du moins qu'ils possédèrent la faveur publique. (verset 13)
  • 5.13 Et aucun des autres n'osait se joindre à eux ; mais le peuple leur donnait de grandes louanges. Les autres, c'étaient les habitants de Jérusalem qui n'étaient pas croyants.
    Ils n'osaient pas se joindre aux chrétiens, à cause de la crainte qu'inspiraient leur vie et leur discipline, surtout depuis la mort d'Ananias et de Saphira.
    Mais le peuple les louait grandement (grec les magnifiait)
    Le peuple, cette expression n'est pas équivalente à la précédente : les autres car on ne comprendrait pas comment les mêmes personnes étaient à la fois tenues éloignées des chrétiens par la crainte et disposées à leur donner de grandes louanges.
    Les autres est un terme général, appliqué à toute la catégorie de ceux qui n'avaient pas cru ; le peuple désigne spécialement les classes moyennes et inférieures qui étaient encore favorables aux disciples, tandis que les autorités les persécutaient. (Actes 4.1,17,21 ; 5.26)
    On peut aussi, avec M. Blass, presser le sens du verbe se joindre, littéralement se coller à (c'est le même mot en grec et en français) : les autres n'osaient s'attacher à eux de manière à les importuner, les déranger ; (Luc 15.15) ces autres seraient alors les gens qui se trouvaient dans le temple en même temps que les disciples, et le peuple les Israélites ou les Jérusalémites en général.
    Ces explications suffisent pour écarter la contradiction qu'on a trouvée dans notre passage et rendent inutile l'interprétation, d'ailleurs peu naturelle, présentée par MM. J. Weiss et Hilgenfeld, d'après laquelle les mots de verset 12 "ils étaient tous d'un commun accord sous le portique de Salomon," devraient s'entendre des seuls apôtres, et les "autres" (verset 13) seraient les simples membres de l'Eglise, qui auraient été remplis d'un saint respect à la vue des miracles opérés par leurs conducteurs.
    L'union intime qui régnait entre tous les croyants, (Actes 2.42-47 ; 4.32) la déférence avec laquelle les apôtres consultent les membres de l'Eglise (Actes 6.2-6 ; 11.2 et suivants) ne permettent guère d'admettre qu'il y ait eu à aucun moment une telle distance entre eux et les autres chrétiens.
    - La vie qui se rend témoignage à elle-même devant tous est dans tous les temps le secret de l'augmentation de l'Eglise. (verset 14)
  • 5.14 Mais il s'ajoutait toujours plus de ceux qui croyaient au Seigneur, des multitudes tant d'hommes que de femmes ; Grec : Des croyants au Seigneur s'ajoutaient toujours plus.
    On peut considérer le verbe : s'ajoutaient comme n'ayant point de régime, (Actes 2.41) et le complément : au Seigneur comme dépendant de croyants, (Actes 16.15,34 ; 18.8) ou rattacher le complément au verbe : s'ajoutaient au Seigneur. (Actes 11.24)