Lueur.org - Un éclairage sur la foi

Faire un don Facebook Twitter RSS

Chemins de pardon, voies de guérison
2. Exemples de pardon, voies de guérison

Auteur :
Type : Dossier
Thème : Santé & Psychologie
Source : Aimer & Servir
Réf./Date source : 114
  
Publié sur Lueur le
Partager
Sommaire :
  1. Chemins de pardon, voies de guérison
  2. Exemples de pardon, voies de guérison
  3. Qu'est-ce que le pardon ?
  4. Les dix étapes du pardon
  5. Conséquences du pardon

Pour illustrer cela je voudrais vous parler de deux situations que j'ai rencontrées dans ma pratique médicale.

Tout d'abord, une femme que j'appellerai Simone. Simone est hospitalisée en urgence pour des vomissements incoercibles, accompagnés de douleurs abdominales très violentes. Elle reçoit des calmants très forts et les médecins somaticiens gastro-entérologues pratiquent tout un bilan. Du banal calcul vésiculaire au cancer digestif le plus grave, tout est recherché minutieusement et tout est éliminé ! On ne trouve aucune cause organique ! Pourtant, la douleur est toujours là et les vomissements toujours prêts à revenir sans le traitement médicamenteux mis en place. C'est alors qu'on appelle le psychiatre. Que peut faire le psychiatre pour une femme de la quarantaine, en pleine vie active, mariée, mère de deux enfants, et à cent lieues de la folie ? Je suis allée voir Simone à la demande de mes collègues et l'ai écoutée. Simone a parlé, beaucoup parlé, plus d'une heure la première fois. Mariée jeune à 19 ans, après une enfance sans problème particulier, Simone avait eu rapidement ses deux enfants : une petite fille, puis un petit garçon. Son mari était un passionné de sport, et surtout de moto. Il s'était rapidement mis à son compte comme carrossier. Tout allait bien.

Un jour Simone part le week-end à une réunion de famille. Son mari, lui, est à un week-end de moto. Mue par un étrange pressentiment, Simone rentre précipitamment le samedi soir à la maison. Elle découvre son mari dans la chambre avec une femme qui participait également au week-end de moto. C'est le choc ! Simone se sent flouée et demande le divorce. Cependant, à la conciliation devant le Juge de Paix, le mari de Simone s'effondre, demande pardon ; il ne veut pas briser leur famille par un égarement ponctuel... ! Simone cède... et la vie reprend... comme avant cet épisode. Comme avant ? "J'ai pardonné mais je n'ai pas oublié" me dit-elle. Au fil des années, les enfants grandissent, l'entreprise s'étoffe, et la moto prend de plus en plus de place dans la vie du mari de Simone. Voilà que le fils aussi devient passionné de moto et commence à participer à des compétitions. Simone se sent délaissée. Elle me dit : "je voudrais être sa moto, il lui donne tellement d'attention et de soin. C'est comme s'il y avait une autre femme dans la vie de mon mari". Bientôt Simone tombe malade ; elle ne peut plus rien avaler. La situation lui reste sur l'estomac. Cette fois-ci, elle est décidée à divorcer !

Une autre situation m'avait beau coup interpellée. C'était au début de mes études de médecine. Un homme de 79 ans environ, très courtois, ce style vieille France plein de charme, était hospitalisé dans le service de pneumologie pour asthme. Il étouffait. Peu à peu, son histoire se dessine. A l'occasion d'une visite de sa femme et de sa fille, on découvre un foyer marqué par un événement dramatique survenu il y a quarante ans. Alors que leur petite fille Nadine était un bébé de six mois, elle tombe de la table à langer, lors d'un moment d'inattention de la mère présente. C'était pendant la guerre en France. La vie est rude. Il y a peu de moyens. On ne s'aperçoit pas sur le moment que la chute est grave. Peu à peu, le développe ment de l'enfant se ralentit... Quand je les vois à l'occasion de l'hospitalisation du père, Nadine, âgée de 40 ans, est gravement handicapée, quasiment hémiplégique et très dépendante. Sa mère est triste, renfrognée, silencieuse et traitée pour dépression chronique. Elle est l'objet d'une manifeste sollicitude de la part de son mari. Mais pour elle, la vie s'est arrêtée à cet événement si terriblement culpabilisant pour une mère et qu'elle ne se pardonne pas.

Ces histoires relatées à grands traits schématiques peuvent nous faire penser à bien d'autres situations de conflits mal digérés, d'offenses subies, de blessures vécues dans nos vies ou autour de nous. Que de stress ! Que d'émotions mises en jeu ! Quand je suis offensé, blessé, je suis atteint et je souffre dans mon intégrité. Mon territoire a été violenté au moins dans un de ces trois niveaux : physique, psychologique ou spirituel. Face à la violence de l'offense, j'ai mal, j'ai peur, je me sens dévalorisé, mais je suis aussi en colère. Je me tends, je me durcis, mes muscles sont tout contractés. Je dois faire face si je ne veux pas m'écrouler, abattu par l'offense, la colère, l'agressivité, soit je la retourne contre mon agresseur : c'est la vengeance ; soit je la retourne contre mes proches parce que mon agresseur est inaccessible et je deviens irritable, revendicateur ; soit je la retourne contre moi-même : cette violence peut alors me rendre malade dans mon corps et dans mon âme, révélant mes points de faiblesse.

Outre Simone et les parents de Nadine, nous avons tous à l'esprit des exemples comme : cet homme public qui a subi une attaque de calomnies par les mass-médias et qui fait brutalement un infarctus du myocarde. Cette femme violée dan l'enfance et qui est dans la vie "comme une âme en peine", sans confiance en elle, dépressive, épousant un homme violent qui la bat. est reconnu en effet que si l'offense atteint un enfant ou si l'agresse est beaucoup plus puissant que l'offensé, celui-ci peut devenir très déprimé, voire se sentir fautif de l'offense, culpabilisé du tort subi. Cette pensée prédomine : "s'il m'a fait un chose aussi terrible, c'est que ne je vaux pas grand chose !".

A l'approche de la mort par maladie l'influence du pardon sur ces derniers moments est primordial comme en atteste le témoignage des accompagnants. La mort est d'autant plus paisible que rien ne le retient et surtout pas une rancoeur ou une amertume pour un pardon non donné, ou une culpabilité pou un pardon non accepté.

Commentaires (0)

Ajouter un commentaire

Merci de ne mettre que des commentaires cordiaux et constructifs. Tout commentaire abusif sera supprimé et le compte bloqué.
Pour ajouter un commentaire, connectez-vous.
Reste 2000 caractères