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Stress, angoisse, dépression, y a-t-il un espoir ?
3. L'angoisse

Auteur :
Type : Dossier
Thème : Santé & Psychologie
Source : Aimer & Servir
Réf./Date source : 130-131
  
Publié sur Lueur le
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Sommaire :
  1. Stress, angoisse, dépression, y a-t-il un espoir ?
  2. Le stress ou syndrome général d'adaptation
  3. L'angoisse
  4. Les dépressions
  5. Stress, angoisse, dépression : point de vue biblique
  6. Solitude, rejet et révolte
  7. La culpabilité
  8. Les tempêtes et les blessures du coeur
  9. Les besoins de l'homme représentent un équilibre délicat
  10. Stress, angoisse, dépression : un remède ?

L'angoisse, comme le stress, peut être positive ou négative, elle se trouve au carrefour de la vie ou de la pathologie mentale. Elle peut conduire à la mort ou à la résurrection. Jésus, dans l'Evangile, nous avertit que l'angoisse augmentera sur la terre dans les derniers temps.

L'angoisse ne contient pas la vie, elle est un mal. La racine du mot est la même qu'angine ou agonie. C'est plutôt une sorte de « petite mort ». Certains auteurs auraient même découvert, d'une manière fugace, des substances, les ptomaïnes, qui ne se rencontrent au naturel que dans les cadavres. Agonie vient du grec agkho qui signifie serrer, presser, étouffer. On peut y voir la notion d'un vide intérieur, un manque ou un sentiment d'absence, une frustration au niveau d'un besoin fondamental, ce grand vide dont Pascal disait qu'il avait la forme de Dieu.

L'angoisse est une violente crainte, souvent sans motifs apparents, avec sensation d'arrêt du temps et de mort imminente. C'est une souffrance très pénible au niveau moral et physique. Tout l'être est affecté : motricité, instincts, émotions, intellect, affects, mémoire, volonté. On éprouve un sentiment de solitude absolue, de menace, une perspective de dépouillement ou de rupture, une impression d'impuissance, un manque de contrôle d'une situation, d'une émotion, d'une passion.

L'inhibition qu'elle engendre produit une perte de liberté. Il y a, en effet, en même temps, une accélération de l'activité mentale et une inhibition, une indécision (fuir ou combattre ?) ; l'angoisse inhibe et incite au passage à l'acte. Pour le professeur Widlocher, c'est « une interruption brutale des programmes d'action. »

Pourtant, dans la souffrance et dans l'angoisse, certains se tournent vers Celui qui est la source de la vie et de la paix, Celui qui peut les délivrer. Dans leur détresse ils crièrent à l'Eternel... (Ps 107.6). Quelqu'un parmi vous est-il dans la souffrance ? Qu'il prie (Jc 5.13). Le Sermon sur la Montagne nous invite à avancer dans la pauvreté, les larmes... « En marche ».

Lorsque Jésus, à Gethsémané, éprouvait des angoisses (« étant en agonie »), Il priait encore plus instamment son Père (Lc 22.44). C'est dans le danger que l'on peut expérimenter la sécurité par la présence divine. Du fond de l'abîme du désespoir, beaucoup ont crié à Dieu et ont trouvé le salut et la délivrance. Paul parle d'une tristesse selon le monde qui conduit à la mort et d'une tristesse selon Dieu qui conduit à la repentance et à la vie. Nombreux sont ceux qui ont rencontré Dieu dans le deuil, la maladie, l'échec, parfois sur un lit de mort.

Le sens de la souffrance, c'est qu'elle peut briser nos révoltes et nous pousser dans les bras de Dieu.

Ne craignez rien, restez en place, et regardez la délivrance que l'Eternel va vous accorder en ce jour... L'Eternel combattra pour vous ; et vous, gardez le silence. (Ex 14.13-14).
Ils viennent en pleurant, et je les conduis au milieu de leurs supplications ; je les mène vers des torrents d'eau. (Jr 31.9).
Eternel, tu nous donnes la paix ; car tout ce que nous faisons, c'est toi qui l'accomplis pour nous. (Es 26.12).
C'est pourquoi, je veux l'attirer et la conduire au désert, et là je parlerai à son coeur. Là, je lui donnerai ses vignes et la vallée d'Acor (vallée du trouble, lieu de la lapidation d'Acan dans Josué 7.24-26) comme une porte d'espérance (Esaïe 65.10 : gîte), et là, elle chantera comme au temps de sa jeunesse et comme au jour où elle remonta du pays d'Egypte... En ce jour-là, tu m'appelleras mon mari. (Os 2.16-18).

Le désert est le lieu de l'épreuve, de la solitude, mais aussi du recueillement et de la révélation de Dieu. ...Car sans moi, vous ne pouvez rien faire (Jn 15.5).

Lorsque nous sommes au bout de nos ressources humaines, nous pouvons, comme Noé dans l'arche, (la porte fermée, sans rames, sans voiles et sans gouvernail, voguant au gré des flots) regarder vers la lucarne qui nous montre le ciel !

Dieu est capable de transformer les sombres vallées en lieu de lumière :
  • la vallée de Baca (vallée des larmes), dans le Psaume 84, devient un lieu plein de sources et de bénédictions ;
  • la vallée d'Acor (vallée du trouble), dans Osée 2.17, devient une porte d'espérance ;
  • la vallée des oubliés (Ne 6.2), un lieu de rencontre ;
  • la vallée de l'ombre de la mort (Ps 23), le lieu de la présence sécurisante du Bon Berger ;
  • la vallée de la multitude, de la foule (Ez 39.11, Ez 39.15) se change en lieu de vie ;
  • la vallée des ouvriers (1 Ch 4.14) : le stress du travail est connu de Dieu. Il peut nous donner Sa paix.
Dieu change les déserts en étangs, en oasis, en plaine fertile, les prisons en lieu de louange.

L'angoisse, c'est aussi le déséquilibre au niveau de nos besoins, la frustration, le vide intérieur, l'absence de réponses ou des réponses fausses, les excès. Dieu seul est capable de combler nos vrais besoins et de les équilibrer.

Différents auteurs, par leur définition de l'angoisse, soulignent la variété des besoins humains :
  • Platon : « la crainte de passer à côté de la vérité » (Jésus est la Vérité) ;
  • Pascal : « l'effroi face à la mort et à l'infini » (Jésus est la Vie éternelle) ;
  • Kierkegaard : « l'ambivalence due à notre capacité de choix » (Jésus est l'Absolu face au relativisme qui ne sait pas ce qui est vrai et bien) ;
  • Heidegger : « l'angoisse révèle le néant de la créature face au Créateur » (Jésus est le Créateur Tout-Puissant qui peut remplir nos vies) ;
  • Sartre : « la liberté de choisir entre l'être et le Néant » (Jésus donne un sens à nos vies) ;
  • Janet (psychologue) : « une réaction d'échec » (Jésus délivre du péché. Pécher = passer à côté du but) ;
  • Goldstein (neurologue) : « une réaction de catastrophe » (Jésus délivre de la crainte du danger et de la mort) ;
  • Freud : « l'insatisfaction de la libido bloquée, l'angoisse d'abandon, l'angoisse de morcellement » (Jésus répond à nos besoins d'amour, de relations, d'unité) ;
  • Sivadon (père de la psychiatrie française) : « l'angoisse est une manière de réagir de quelqu'un qui n'a pas trouvé de Refuge dans les difficultés de la vie » (Jésus est source de sécurité) ;
  • Pour Job (Jb 3.25), la crainte, c'est la foi à l'envers : « Ce que je crains, c'est ce qui m'arrive. » Ce terme vient du latin « cremere et tremere » : trembler.

Le mot peur vient du grec phobos : fuite et du latin pavor : abattement, prostration ; la crainte nous conduit au repli sur soi ou à la fuite vers de faux refuges. L'inquiétude, l'anxiété, l'angoisse sont trois degrés d'un même état.

L'angoisse est universelle : 15 % de la population française se soigne par des médicaments (record mondial de consommation). En 1986, on a vendu 88 millions de boîtes d'anxiolytiques soit 30 % des ordonnances des généralistes (cinq fois plus que les Américains, trois fois plus que les Allemands ou les Anglais) sans compter les 15,6 litres d'alcool pur par adulte et par an!

Les principales craintes qui nous conditionnent tous sont :
  • la crainte du danger : maladies, pollutions, MST, SIDA, drogues, esclavage de passions, démons, dépression, folie, suicide, mort, jugement divin ;
  • la crainte de l'autre : rivalités, conflits familiaux, blessures, divorce, incompréhension, injustice, compétition, échec, rejet ;
  • la crainte de manquer, la crainte de l'avenir : jours difficiles, situation financière, deuil, solitude, chômage, situation internationale, guerres.

Exemples bibliques : Job, Joseph, Elie, Jérémie. Il a bâti autour de moi. Il m'a environné de poison et de douleur (Lm 3.5-9, Lm 3.21-24), Jésus à Gethsémané (Lc 22.44, Rm 8.35).

Ce que je crains, c'est ce qui m'arrive

Les conséquences somatiques sont nombreuses : maladies psychosomatiques (cauchemars, énurésie, asthme, ulcères, céphalées, vertiges, précordialgies, troubles digestifs), dépression du système immunitaire.

De même que les conséquences psychiques, on observe des troubles mentaux multiples :
  • trac (trouble mineur passager) ;
  • anxiété généralisée ;
  • troubles paniques ;
  • troubles du comportement troubles du sommeil (15 %), fatigue, troubles sexuels (perversions) et alimentaires, difficultés relationnelles ;
  • troubles de l'humeur : dépressions ;
  • troubles de la personnalité : troubles du caractère, troubles névrotiques ou psychotiques, démences ;
  • phobies, obsessions ;
  • toxicomanies, alcoolisme;
  • occultisme et possessions démoniaques.

Il existe, comme dans tous les troubles psychiques, un support organique à l'angoisse : les circuits neuronaux et les neuromédiateurs... Mais le support biologique n'explique pas tout.

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