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Comprendre les dérèglements nutritionnels

Auteur :
Type : Dossier
Thème : Santé & Psychologie
Source : Aimer & Servir   
Publié sur Lueur le
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Sommaire :
  1. Comprendre les dérèglements nutritionnels
  2. L'anorexie : causes et effets
  3. La boulimie : causes et effets
  4. L'obsession de manger ou la compulsion alimentaire
  5. Le contexte familial
  6. Relations entre troubles du comportement alimentaire et sexualité
  7. Témoignage de Helena WILKINSON
  8. La décision de changer
  9. Le processus de guérison

A l'âge de 19 ans, Helena Wilkinson a écrit un livre autobiographique "Puppet on a string" ("Marionnette sur un fil") dans lequel elle raconte son expérience et la manière dont elle a été guérie de l'anorexie. Après avoir travaillé comme assistante de recherche dans le service psychiatrique d'un hôpital zoulou, Helena Wilkinson a suivi une formation en relation d'aide. Pendant quatre ans, elle a été la rédactrice de la revue "Carer and Counsellor". Elle vit en Angleterre où elle dirige l'association "Kainos" qui s'occupe des questions liées à l'anorexie et à la boulimie, organise des séminaires et offre de la thérapie, des conseils et de la formation. Elle est membre d'une association britannique de relation d'aide et d'un groupe de thérapeutes chrétiens.

Sandra avait 14 ans lorsqu'elle a commencé à souffrir d'anorexie. Au début, elle comptait seulement éviter les sucreries, car elle voulait maigrir, et ne pas paraître gourmande. Son poids n'avait jamais été excessif, mais elle se trouvait soudain grosse, lourde. Elle se dit alors qu'elle pourrait aussi bien se passer de pain et de pommes de terre. Bien qu'elle affirmât ne pas avoir faim, elle éprouvait en fait intensément cette sensation. Elle considérait comme un triomphe les moments où elle avait résisté à l'envie de manger, et, à l'inverse, lorsqu'elle y cédait, elle éprouvait du dégoût devant sa "faiblesse". Ce n'est pas que Sandra n'appréciait pas la nourriture mais elle craignait surtout de perdre le contrôle de son alimentation. En fait, la nourriture la fascinait. En suivant ce "régime", elle découvrit que cela lui apportait une satisfaction ; plus elle se sentait vide, mieux cela valait. Elle commença à perdre du poids, son poids idéal étant d'environ 55 kilos ; elle se dit : "Si j'arrive à 45 kilos, je me sentirai très bien".
Mais lorsqu'elle atteignit ce poids, rien n'avait changé. Elle se sentait toujours aussi "mal dans sa peau". Elle s'est alors fixé un autre objectif: un poids inférieur! Et tant qu'elle ne sentit pas ses os et qu'il lui resta un peu de graisse, elle ne fut pas contente. Elle devint agitée, hyperactive, et s'imposa un programme d'exercices sportifs. La privation de nourriture la rendit irritable, égoïste. Sa famille fut frappée de ce changement de caractère. Elle se replia sur elle même, et plus son poids baissait, plus elle voyait les choses "de travers". A ses yeux, le choix se résumait à mourir de faim ou à se goinfrer. Elle ne pouvait plus percevoir aucun degré intermédiaire ; alors elle choisit de se laisser mourir de faim. Bientôt elle n'eut plus que la peau sur les os, ses omoplates étaient très saillantes. Ses membres, son dos se couvrirent d'un fin duvet. Elle avait des vertiges, et même des syncopes. Peu après ses 15 ans, elle fut admise en psychiatrie. Elle ne pouvait plus se concentrer, elle avait de l'hypotension et de la bradycardie. Sa vie était en danger. Mais malgré cela, elle ne se trouvait toujours pas mince, sa pensée se résumait à : "Les autres me trouvent grosse".

Gaëlle était boulimique. A l'âge de 19 ans, après une rupture, elle a commencé à se bourrer de nourriture, puis à se faire vomir. Ceci est devenu régulier ; c'était une extravertie, à la différence de Sandra, qui s'était repliée sur elle même. Il lui arrivait de prendre des repas normalement, sans se sentir coupable, mais à d'autres moments la culpabilité surgissait qui la poussait à se faire vomir. Souvent, il lui arrivait de jeûner toute la journée, pour se jeter sur la nourriture le soir. Les aliments choisis pour ce "gavage" étaient précisément ceux qu'elle évitait pour ne pas grossir. Elle était parfois si désespérée par ces crises qu'elle avalait n'importe quoi : des sucreries, des céréales, du salé, des aliments à moitié cuits ; tout cela était rapidement englouti.
Ensuite elle se sentait lourde, elle transpirait ; elle voulait retrouver ce sentiment de légèreté ; elle se forçait alors à vomir jusqu'au point où elle était sûre d'avoir tout rejeté. Parfois, Gaëlle était dégoûtée de ce comportement, mais à d'autres moments, il lui procurait une certaine satisfaction. A un moment donné, sa boulimie s'est aggravée ; elle a été admise dans un service spécialisé pour ces affections. Elle a rencontré là des hommes et des femmes qui souffraient comme elle de tels dérèglements. A son admission, elle avait un poids à peu près normal, mais son visage était bouffi, en particulier par une hypertrophie des glandes salivaires. Elle souffrait également de pharyngites à répétition, causées par les vomissements. Mais elle voulait guérir. Elle suivit le traitement, puis une thérapie de groupe.

Faisons enfin connaissance avec Yvonne qui souffrait de compulsion alimentaire. La trentaine, mariée elle avait plusieurs enfants. Elle commença à fréquenter un groupe d'entraide. Au début elle se sentait très gauche, car la plupart des autres participantes étaient soit anorexiques, soit boulimiques. Bien que la compulsion alimentaire soit une affection fréquente elle réalisa que peu de gens savaient qu'il s'agit d'un problème affectif. Au début, le désir d'Yvonne était de devenir mince ; mais elle grignotait souvent. Elle donnait aux autres l'impression de suivre un régime ; pendant un moment elle l'observait strictement, puis tout à coup, elle se mettait à manger de manière compulsive : l'envie de manger était alors vraiment irrésistible. Elle fantasmait aussi à ce sujet ; lorsqu'on lui demandait ce qu'elle avait mangé dans la journée, elle "oubliait" d'en mentionner une grande partie. Elle se disait. "Ce que je mange en étant debout, en marchant ou en conduisant la voiture ne compte pas". Lorsqu'elle était invitée à un repas, elle mangeait avant celui ci, "au cas où il n'y aurait pas assez là-bas". Elle vivait dans la terreur d'avoir faim. Lorsqu'elle eut atteint un poids imposant, elle eut l'impression d'être devenue un monstre, mais son entourage pensait qu'elle le vivait bien. En fait, une partie d'elle même avait peur d'être mince. Lorsqu'elle faisait les courses, elle trouvait toutes sortes d'excuses pour acheter des tas de sucreries et de gâteaux, qu'elle mangeait en cachette à la maison. Lorsqu'Yvonne se joignit à ce groupe, elle disait : "Ce serait plus dur pour moi de me passer de sucreries que de laisser tomber mes amis les plus proches". A cette époque justement, elle se fit un ou deux amis, à qui elle commença à faire vraiment confiance. Ainsi, peu à peu, sa manière de penser changea.

Voilà un bref descriptif de trois comportements alimentaires différents.

Pourquoi certaines personnes sont-elle contraintes à de telles extrémités ? Essayons de découvrir ce qu'ils cachent.

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