Lueur.org - Un éclairage sur la foi

Faire un don Facebook Twitter RSS

Agressions sexuelles et secrets douloureux
5. De la compassion, à l'action

Auteur :
Type : Dossier
Thème : Abus et Harcèlement
Source : Jean-Louis Lafont   
Publié sur Lueur le
Partager
Sommaire :
  1. Agressions sexuelles et secrets douloureux
  2. Les sans voix
  3. Secrets et silence sont facteurs de séquelles
  4. Une écoute qui délivre
  5. De la compassion, à l'action
  6. Plusieurs éléments sont guérissants
  7. Agressions et abus : Quelques définitions légales
  8. Le consentement
  9. Agressions sexuelles : exemples de prévention (1)

"C'est comme pasteur qu'une jeune fille m'a confié la situation d'inceste qu'elle avait subi pendant plusieurs années. Quel comportement le plus juste devais-je prendre ? C'est finalement le signalement au procureur de la République qui s'est imposé. Au final c'est la recherche du bien de la victime, la protection des plus jeunes de la fratrie, l'intérêt du système familial et l'exigence du respect de la loi qui ont eu raison de mes hésitations. Pour être honnête, ma position ne m'a pas épargnée d'un sentiment intérieur de dévastation. Ma priorité a été de rechercher le bien réel des personnes touchées par ce drame, car dans cette situation ce n'était pas à mes émotions de prendre le dessus. Il fallait ouvrir un chemin de restauration pour chacun, et ce chemin passait aussi par la justice."

Un secret douloureux qui vous est confié est un cadeau encombrant qui va bouleverser vos pensées, votre conscience, et parfois votre quotidien. Si ce que vous entendez dévoile un danger pour la personne, vous devez agir. Cela veut dire parler régulièrement avec la victime. Si elle est en danger comme dans le cas de violences conjugales, l'héberger pour un temps chez vous ou chez des proches le temps de faire des démarches et trouver une solution durable. La solidarité et l'amour de son prochain, peut nous faire quitter un temps notre zone de confort.

 

Faut-il garder tous les secrets qui nous sont confiés ? Non. La Bible nous dit "l’amour couvre une multitude de fautes (ou de péchés selon les versions)" Couvrir ne veut pas dire cacher. Ce n'est pas parce que nous connaissons bien quelqu'un, que nous ne devons pas condamner les comportements répréhensibles qu’il pourrait avoir. C’est précisément se soucier de l’autre que de protéger et aider la victime, et de signaler l'agresseur.

Ecouter, conseiller, accompagner dans des démarches, protéger, nous prend du temps, de l'énergie. "Rechercher le Royaume de Dieu et Sa justice" n'est pas de tout repos parfois, mais quelle joie de "libérer les captifs"

 

Dans tous les cas, si l’acte relève du pénal, il faut le soumettre aux autorités pénales. La loi est la même pour tous "Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures; car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées par Dieu" 1 Pierre 4:8 (Parole Vivante)

 

Vous devez toujours refuser de participer à des arrangements "maison" entre les personnes impliquées. Ces engagements, qui ne durent jamais, sont toujours au détriment de la victime et de la reconnaissance de sa souffrance. Seuls le tribunal et les magistrats ont mission d’arbitrer ces délits. Aucun prêtre, pasteur, parent, ami, ne peut s’attribuer cette fonction-là et se substituer à la justice.

S’il arrivait que l’agresseur demande pardon à la victime, cela ne doit en aucun cas le dispenser de rendre des comptes à la société pour des actes que la loi qualifie de criminels. Le plus souvent, c'est notre peur de l'affrontement qui nous retient et nous empêche d'agir. Nous devons pratiquer la justice. Proverbes 31:9 Ouvre ta bouche, juge avec justice, et défends le malheureux et l'indigent.

 

Pourquoi porter plainte ? Tout ne peut pas se régler sur le mode éducatif ou sur la négociation. Un arbitrage est parfois nécessaire. Si les agressions sont toujours en cours, cela va permettre de les faire cesser en se protégeant de l’agresseur, et en protégeant éventuellement un autre membre dans la famille. Ne pas le faire développe le sentiment d’impunité chez l’agresseur et favorise chez l’agressé l’absence de protection. Cela favorise l’installation de l’indifférence chez les proches.

Les fausses plaintes existent, mais ce fait est très rare. L’enfant peut se retrouver instrumentalisé par la mère, qui souhaite se séparer du père. Si la prudence est de mise dans ces affaires, elle ne doit pas être une justification à notre inaction.

 

C'est à la victime de déposer plainte. Vous ne devez ni lui forcer la main, ni la dissuader de faire les démarches nécessaires. C'est à vous par contre de signaler aux forces de police ou au Procureur de la République une situation que vous jugez être un danger pour une personne. Votre témoignage peut sauver une vie. Signaler les comportements de violences dont vous êtes témoin est un devoir de citoyen et de croyant. On peut très bien faire des signalements au Procureur de la République, laisser ses coordonnées, tout en demandant à rester anonyme.

 

En France déposer "une main courante" permet de dénoncer des actes dont vous avez été victime ou témoin, sans souhaiter poursuivre l'auteur des faits.

 

La plainte elle, est une démarche pour poursuivre en justice l'auteur de faits délictueux, et le faire condamner à une peine et/ou d'obtenir des dommages et intérêts. On peut déposer la plainte au commissariat de police, à la gendarmerie, ou écrire sur papier libre, directement au procureur de la République au tribunal de grande instance. Porter plainte n'est pas une garantie de succès. La situation peut être douloureuse pour la victime, quand la justice refuse de se prononcer, notamment par des classements sans suite ou par des non-lieux.

 

Retenons que le silence est pire que tout car il ne protège que l'agresseur et il est facteur de séquelles pour la victime. Parler permet d'enclencher le changement et l'estime de soi. A l'entourage, à la famille et aux amis de soutenir la victime et de l'aider dans ce parcours difficile.

  

© Jean-Louis Lafont

Thérapeute, conférencier, auteur du livre "Agressions sexuelles et secrets douloureux" lire l'intro et commander sur www.jeanlouislafont.com Esaïe 61:1-4

Commentaires (0)

Ajouter un commentaire

Merci de ne mettre que des commentaires cordiaux et constructifs. Tout commentaire abusif sera supprimé et le compte bloqué.
Pour ajouter un commentaire, connectez-vous.
Reste 2000 caractères