Introduction à la Bible

2. La Bible, livre de la révélation

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Type : Dossier
Thème : La Bible
Source : FEEBF   
Publié sur Lueur le
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Sommaire :
  1. Introduction à la Bible
  2. La Bible, livre de la révélation
  3. La Bible, un livre
  4. La Bible, Parole de Dieu
  5. Coup d'oeil sur l'Ancien Testament (1)
  6. Coup d'oeil sur l'Ancien Testament (2)
  7. Le canon de l'Ancien Testament
  8. Entre les deux Testaments
  9. Le Nouveau Testament : les Evangiles
  10. Le Nouveau Testament : les apôtres
  11. Le canon du Nouveau Testament
  12. La transmission de la Bible
  13. La Bible aujourd'hui
  14. Comprendre la Bible
  15. Interprétation de la Bible hier et aujourd'hui

1 - Qu'est-ce que la Révélation ? (Héb. 1 :l )

Toute la foi chrétienne repose sur cette affirmation : Dieu a parlé. Dieu est entré en communion avec les hommes. Dans un certain nombre d'événements et de personnes, mais surtout en Jésus-Christ, Dieu s'est fait connaître aux hommes. Il s'est révélé.

Révéler veut dire dévoiler, ôter un voile, écarter un rideau. Le mot grec " apocalypsis " a donné le titre du dernier livre du Nouveau Testament (Ap. 1 :1 ). La révélation est donc l'acte par lequel une vérité cachée vient à la lumière, un événement ignoré est rendu public.

C'est ainsi que Dieu, inconnu des hommes, caché à leurs yeux, s'est révélé, s'est fait connaître à eux et leur a dévoilé sa volonté et son plan de salut : Jn 1 :18 ; Eph. 1 :9-10, 3 :5, 1 Jn 1 :1-5.

2 - Pourquoi la Révélation ? (Jn 1 :l 8 )

" Personne n'a jamais vu Dieu ". Pourtant à toutes les époques, dans toutes les civilisations, les hommes adorent un dieu ou des dieux. La religion est un phénomène universel. L'homme fini a soif de l'infini. L'homme créé recherche quelque chose d'absolu. Mais les dieux des religions sont très divers et souvent contradictoires. Les religions n'offrent aucune connaissance sûre de Dieu.

Les religions sont des tentatives humaines pour se relier à Dieu, entrer en relation avec lui, au moyen de prières, de rites, de cérémonies, de mythes... Il s'agit avant tout de s'assurer la bienveillance de la divinité.

Mais l'homme peut-il vraiment connaître Dieu par ses propres moyens ? Y a-t-il une connaissance naturelle de Dieu ? De nombreux penseurs ont répondu affirmativement à cette question.

Selon eux, il existe trois sources de connaissance naturelle de Dieu :

a) La création : Le monde créé parle de son créateur : Ps 19 :1-7 ; Rom. 1 :18-20. En considérant la création, l'homme qui réfléchit ne peut que reconnaître le Dieu qui l'a créée. Sa raison le convainc de la réalité de Dieu.

Du moins, il devrait en être ainsi. Mais en fait, la raison humaine n'est pas un instrument neutre de connaissance. Elle participe au péché, qui déforme toute la réalité du monde. Si bien que l'homme s'en sert pour nier Dieu autant que pour le connaître. C'est ce que constate l'apôtre Paul, dans Rom. 1 :18-23, en particulier au verset 21.

b) La conscience morale. (Rom. 2 :12-16) L'homme a conscience d'être responsable de ses actes. Le sentiment d'obligation le place devant une autorité morale suprême, à laquelle il doit rendre compte. Il ne crée pas lui-même le Vrai, le Bien.

Mais en pratique, l'homme cherche à échapper à sa responsabilité. La racine du péché n'est-elle pas de vouloir être " comme des dieux " connaissant le bien et le mal (Gen 3 :5 ), c'est-à-dire, se vouloir capable de décider soi-même ce qui est bien et ce qui est mal, sans référence à Dieu ?

Si donc Dieu parle à la conscience de l'homme, celui-ci s'arrange souvent pour faire la sourde oreille. Comme, d'autre part, chaque homme est en grande partie le produit de son temps et de son milieu, il ne lui est pas toujours facile de distinguer la loi divine des lois et coutumes de son époque. Il peut donc ressentir une obligation morale envers tout autre chose que Dieu.

c) L'élan mystique : Certains hommes recherchent une connaissance " mystique " de Dieu, comme si un coin du voile pouvait se soulever pour eux, en leur donnant une vision directe de Dieu.

Définition du mysticisme dans le " Petit Robert ". " Ensemble des croyances et des pratiques se donnant pour objet une union intime de l'homme et du principe de l'être (divinité) ".

L'élan mystique vers Dieu peut être recherché dans une vie de privations, de discipline, dans une initiation à des mystères religieux, dans la méditation (dite transcendantale) ou même dans la drogue.

Mais quelle assurance pouvons-nous avoir qu'il ne s'agit pas là de rêves et d'illusions ? que ce n'est pas l'imagination de l'homme qui parle, et non Dieu ? La Bible n'encourage pas cette recherche mystique (surtout sous certaines formes comme l'évocation des morts). "Personne n'est monté au ciel " dit Jésus (Jn 3 :l 3) et encore " Nul n'a jamais vu Dieu " (Jn 1 :l 8). Lire aussi Rom. 10 :6.-8 ; 1 Cor. 8 :1-2 (la connaissance dont il est question ici est celle des mystères religieux.

- L'homme livré à lui-même, à ses propres ressources, peut sans doute avoir conscience de l'existence de Dieu, mais ce n'est pas là une connaissance sûre, qui lui permette d'entrer en relation avec Dieu. IL n'a de Dieu qu'une idée vague, lointaine, qui le pousse à s'imaginer Dieu à son image et à se faire des idoles. Une idole, c'est une partie de la réalité créée que l'homme adore et dont il fait son Dieu (Rom. 1:22-23). C'est ainsi, par exemple, que certains hommes ont adoré le soleil parce qu'ils ont cru qu'il était la source de la vie.

- " Personne n'a jamais vu Dieu... " affirme la Bible. Mais elle nous dit aussi que les hommes ne sont pas privés de la connaissance de Dieu, car Dieu s'est révélé. " Le Fils unique qui est dans le sein du Père est celui qui nous l'a fait connaître " (Jean 1 :18).

3 - Comment Dieu s'est-il révélé ?

Dieu s'est révélé définitivement et parfaitement en Jésus Christ. C'est ce qu'affirme le Nouveau Testament (Jn 1 :18, 14 :9 ; 2 Cor. 4 :6 ; Héb. 1 :1 ). Mais cette révélation est l'aboutissement d'une longue histoire, dans laquelle Dieu a parlé aux hommes de la Bible.

Pour qui lit la Bible, une chose est claire : Dieu a cherché les hommes avant que les hommes ne cherchent Dieu. L'initiative n'est pas du côté humain, comme dans les religions ; elle est du côté de Dieu. On peut dire que la religion est un mouvement de l'homme vers Dieu ; la révélation, un mouvement de Dieu vers l'homme.

La Bible nous montre un Dieu qui veut entrer en relation avec les hommes, non pas pour leur donner une connaissance abstraite de sa personne; mais pour leur donner son amour, pour les faire vivre (Jn 17 :3 ; Deut. 30 :19-20). Le Dieu de la Bible est un Dieu vivant, agissant, qui intervient dans l'histoire, s'intéresse aux hommes, leur parle, les appelle, fait alliance avec eux. Dieu se révèle comme une Personne vivante et non comme un objet de culte ou comme un principe abstrait, dont on parle, dont on discute, mais qu'on ne peut pas connaître personnellement. Dieu n'est pas simplement la " cause première " de tout ce qui existe, le " Grand Horloger " qui a mis le monde en route, mais ne s'en soucie plus. Le Dieu de la Bible n'est pas "le dieu des philosophes et des savants, mais le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Dieu de Jésus-Christ " (Pascal ). " Dieu n'est pas un objet qu'on prouve, mais un être par rapport à qui on vit " (Kierkegaard).

a) Dieu se révèle dans l'Histoire. Dieu est actif dans toute l'histoire de l'humanité. Mais c'est seulement dans certains événements de l'Histoire qu'il se révèle.

La Bible nous montre comment Dieu est intervenu dans l'histoire d'un petit peuple du Moyen-Orient, Israël. En fait, c'est lui qui a créé ce peuple et s'est fait connaître à lui.

Lorsqu'Israël confesse sa foi, nous avons avant tout un rappel des événements par lesquels Dieu s'est manifesté. Deut. 6 :20-25 ; Jos. 24 :1-13 ; Néhémie 9 ; Ps. 105 et 106.

De même, dans le Nouveau Testament, l'annonce de l'Evangile est d'abord une proclamation d'événements : un homme, Jésus de Nazareth, qui a vécu à telle époque, a été crucifié ; mais Dieu l'a ressuscité des morts. C'est le contenu des quatre " évangiles " mais aussi de la prédication des apôtres : Act. 10 :34-43 ; 1 Cor. 15 :1-11 ; 1 Jn 1 :1-4.

La foi repose sur des faits, et non sur des affirmations incontrôlables de visionnaires ou sur des mythes. De nombreux fondateurs de religion ont prétendu avoir reçu une révélation directe de Dieu. Joseph Smith, a fondé l'Eglise des Mormons en déclarant avoir trouvé le " livre de Mormon ", ouvrage divin, écrit dans une langue inconnue, dont Dieu lui aurait révélé le sens. Mais ce livre, personne ne l'a vu. De même, Mahomet aurait écrit le Coran sous la dictée de Dieu. C'est ce qu'il a affirmé et que croient les musulmans. Mais tout repose sur l'affirmation d'un homme.

Dans la révélation biblique, par contre, les hommes qui parlent de la part de Dieu décrivent, annoncent ou interprêtent des événements publics, réels, vérifiables (parfois même jusqu'à notre époque, grâce à l'archéologie, par exemple).

Quand les apôtres annoncent l'Evangile, ils peuvent dire : " Vous savez ce qui est arrivé " (Act. 10 :37), " Nous en sommes témoins " (Act. 10 :39). On ne peut donc pas les taxer d'invention.

b) Dieu se révèle par ses porte-parole. Les événements que rapportent les auteurs bibliques ne sont révélateurs que parce que Dieu en explique le sens à des hommes qui sont ses porte-parole, ses interprètes auprès du peuple, ainsi Moïse et les prophètes : Ex. 19 :1 ; Jér. 1 :4-10 par exemple. Le prophète, c'est avant tout celui qui parle pour (Dieu).

Dans le Nouveau Testament, nous voyons que les apôtres ont cru que les événements dont ils ont été les témoins constituaient la révélation décisive de Dieu aux hommes : Jésus lui-même, (puis le Saint-Esprit ), leur en a dévoilé le sens (Ma 8:33 ; Mt 13:10-23 ; Luc 24:25-27 ; Jn 12:23-28). Aussi, sont-ils devenus interprètes privilégiés du message de Jésus, dans leur prédication et dans leur enseignement, tel que les épîtres du Nouveau Testament nous le rapporte.

Le peuple des croyants, l'Eglise du Christ est donc bâtie " sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus Christ lui-même étant la " pierre d'angle ".

4 - La Bible, livre de la Révélation :

C'est seulement par la Bible que nous pouvons connaître les événements dans lesquels Dieu s'est révélé. Elle est le témoignage rendu par des croyants à l'action de Dieu et à sa Parole tout au long de vingt siècles d'Histoire environ (d'Abraham aux apôtres).

On comprend que la Bible soit un livre fort différent du Coran. Elle est en grande partie un livre d'histoire ; dans le message des prophètes et des apôtres on trouve de nombreuses références à des faits historiques.

Il convient de noter que la Bible ne s'intéresse pas seulement à la manière dont les choses se sont passées. Elle ne cherche pas tant à donner une connaissance historique d'un certain nombre d'événements ou de certaines doctrines. Si Dieu parle aux hommes, c'est pour leur offrir son alliance, pour les inviter à vivre comme son peuple, ses enfants, à " marcher avec lui " (Deut. 30 :15-20). En dehors de la volonté de Dieu, de la communion avec lui, l'homme ne peut que s'égarer et se perdre. Dieu, dans son amour, prend l'initiative de faire alliance avec Israël d'abord, puis avec tous les hommes. Il s'engage envers le peuple qu'il a choisi et espère en retour l'engagement du peuple (" Je serai leur Dieu et ils seront mon peuple " Jér. 31 :33).

Aussi la Bible contient-elle les promesses de Dieu envers son peuple (Dieu s'engage), mais aussi ses exigences (la Loi, c'est-à-dire la réponse que Dieu attend des hommes).

La Bible nous montre ensuite comment cette alliance a réellement été vécue, comment Israël a concrètement répondu à la Parole de Dieu dans sa vie et son histoire. On y trouve de belles pages, où la foi et l'amour des hommes font écho à l'amour de Dieu, et des pages grises ou noires où les hommes bafouent son amour (lire Néhémie 9). La Bible ne cache rien de cela, mais nous le présente pour nous avertir de nous éclairer.

C'est là le but de toute la révélation biblique. 2 Tim. 3 :16-1?. Elle ne cherche pas à satisfaire une simple curiosité intellectuelle, mais à amener les hommes à la foi et à l'obéissance du Seigneur, pour leur salut (Jn 20 :31 ; 2 Cor. 10 :5-6).

Il convient donc de lire la Bible, non comme un livre d'histoire, de doctrine ou de morale, mais bien comme un message que Dieu nous adresse personnellement, comme une lettre de Dieu pour nous, comme la Parole de Dieu.

5 - L'unique Révélation (Jn 14 :6 ; Act. 4 :12).

Beaucoup de gens admettent difficilement la prétention biblique à être l'unique révélation de Dieu, l'unique moyen de le connaître vraiment et de trouver le salut.

Dieu aurait-il privé de lumière le reste de l'humanité ? N'y-a-t-il pas là une injustice, une partialité inacceptable ? N'est-il pas plus juste de considérer la Bible comme un des moyens offerts aux hommes pour connaître Dieu, au même titre que l'enseignement des autres religions ? Dans ce cas la Bible ne serait qu'une parole de Dieu parmi d'autres comme le Coran, les textes sacrés indous ou égyptiens, les traditions de n'importe quel peuple, Dieu ayant donné à chacun une parcelle de vérité.

D'autres personnes sont prêtes à reconnaître le caractère exceptionnel du message biblique. L'histoire d'Israël et la venue de Jésus sont bien des actes de Dieu pour se révéler au monde. Mais le message a été plus ou moins bien reçu et traduit. La Bible ne nous en donne, disent-ils, qu'un reflet souvent déformé. Pour distinguer la vérité de l'horreur l'homme doit faire appel à sa raison. C'est la position du libéralisme, pour qui la Bible contient bien une révélation, mais mélangée aux idées du temps des auteurs bibliques, à leurs croyances, à leur conception du monde. De la même façon, la raison humaine pourra discerner ce qu'il y a de vrai dans les différentes religions du monde :

Il est vrai que les idées propres à chaque période de l'histoire biblique apparaissent dans la Bible. Souvent ce n'est qu'accessoirement. elles fournissent un cadre au message, sans le modifier. Très souvent, ces idées sont mises en question et jugées au nom de la révélation (1 Sam. 28 ; Lc 9 :51-56). Elles sont donc clairement distinguées de la vérité révélée par Dieu.

Ce qui est sûr, c'est que la Bible affirme que la vérité révélée au peuple d'Israël par les prophètes, puis au monde entier par Jésus-Christ, n'est pas un moyen parmi d'autres de connaître Dieu, mais le seul chemin de cette connaissance (.1 Ch. 16 :26 ; Es. 43 :8-13 ; Jn 14 :6, 14 :6-13 ; Act. 4:12).

Il faut reconnaître que c'est là une prétention étonnante - inacceptable si elle vient d'un homme - mais digne d'être écoutée avec le plus grand sérieux si elle vient de Dieu. Seul l'homme qui accepte d'entrer en relation avec Dieu, dans une alliance de foi et d'amour peut en éprouver la vérité. Alors, il peut dire comme l'apôtre Pierre à Jésus. " Seigneur, à qui irions-nous qu'à toi : tu as les paroles de la vie éternelle " (Jn 6 :68).

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